Luxembourg : avortement absence totale de chiffres

 Imprimer

Thématique : Début de vie / Avortement

Actualités - Luxembourg

Publié le : 03/02/2016

Au Luxembourg, personne n'a aucune idée du nombre d'Interruptions Volontaires de Grossesse (IVG) pratiquées, ni du profil des patientes qui y ont recours.
L'avortement a été dépénalisé au Luxembourg par une loi du 15 novembre 1978. Après deux réformes successives en 2012 et 2014, la loi dépénalisant l'avortement avant 12 semaines a ôté toutes les conditions initiales. Aucun motif n'est désormais demandé à la femme qui veut avorter.
De plus, le cadre d'accompagnement de la femme en détresse a été fortement réduit. Il n'y a plus qu'un entretien préliminaire obligatoire avant l'intervention, le deuxième étant facultatif, excepté pour les mineures. A noter que les parents de ces jeunes-filles ne doivent pas forcément être informés de l'IVG.
De plus, le délai de réflexion initial d'une semaine a été réduit à trois jours. Les Interruptions Volontaires de Grossesse peuvent être prescrites par le médecin traitant tout au long des sept premières semaines de grossesse. L'absence de chiffres et de statistiques s'explique par le fait qu'il n'existe pas de code dans la nomenclature de la Caisse Nationale de Santé (CNS) pour référencer l'IVG : celui-ci est rangé parmi les avortements médicaux.
D'après le ministre de la Santé, Lydia Mutsch, 589 curetages ont été pratiqués en 2013 auprès de 573 femmes dont 12 étaient mineures. Mais les chiffres sur lesquels s'appuie le gouvernement sont loin d'être précis puisqu'ils proviennent des deux seuls codes en vigueur à la CNS et qui recensent indifféremment tous les avortements par curetage qu'ils soient médicaux, spontanés ou volontaires. Or, dans la nomenclature de la CNS, les IMG et les IVG sont rangées sous le même code, ce qui ne permet pas de recenser avec exactitude le nombre d'IVG pratiquées dans le pays.
Le Docteur Lemmer, co-auteur de la loi dépénalisant l'avortement déplorait déjà en 2012, alors qu'il était question que le gouvernement crée un code spécifique pour l'IVG : "la dépénalisation de l'avortement est certes un pas vers la libération sexuelle de la femme mais le fait qu'aucun code n'existe dans la nomenclature de la CNS est un problème pour nous, les gynécologues: sans chiffres exacts, il est impossible d'avoir des statistiques précises et sans statistiques de mettre en place une prévention efficace. À l'heure actuelle, nous n'avons pas de vue globale de l'IVG au Luxembourg".
Source :  Luxembuger Wort


Articles similaires

Les soignants opposés à la proposition de loi avortement demandent à être reçus par les députés

Les soignants opposés à la proposition de loi avortement demandent à être reçus par les députés

- Avortement

Ce mardi 10 mars, un collectif de médecins, gynécologues et sages-femmes issus des quatre coins du pays, représentant pas moins de 2500 soignants francophones et néerlandophones, ont pris la parole lors d'une conférence de presse à Bruxelles. Ils ont exprimé leur inquiétude et leur exaspération face aux silences répétés des parlementaires à leur égard, quant à la proposition de loi sur l'avortement.

Le Dr Salmon a d'abord rappelé les 4 mesures principales de cette loi :

allongement brutal d...

Lire la suite

Avortement jusque 4 mois et demi : au parlement belge, le débat de fond semble confisqué

Avortement jusque 4 mois et demi : au parlement belge, le débat de fond semble confisqué

- Avortement

Ce matin en Commission de la Justice à la Chambre, les députés ont entamé les discussions sur la proposition de loi visant à assouplir les conditions d'accès à l'avortement. Les auteurs de la proposition auraient voulu déjà voter le texte au sein de la commission, mais la discussion générale s'est prolongée et ce premier vote est reporté à mercredi prochain.

Les quatre partis qui ne soutiennent pas l'allongement du délai légal pour avorter ni la dépénalisation totale de l'avortement (cdH, CD&...

Lire la suite

Rapport avortement : impossible de poser un juste diagnostic sur les raisons qui poussent les femmes à avorter

Rapport avortement : impossible de poser un juste diagnostic sur les raisons qui poussent les femmes à avorter

- Avortement

Version complète de l'analyse ICI.

  18 273 avortements ont été déclarés en 2018 d'après le nouveau rapport de la Commission nationale d'évaluation de l'interruption volontaire de grossesse (ci-après : "la Commission"). Ce chiffre a légèrement baissé en 2019 avec 18 027 avortements, ce qui revient à un avortement pour 7,7 naissances et à 8,4 femmes concernées pour 1000 femmes en âge de procréer.

  Près d'un tiers des femmes (7 198) ayant avorté en 2018 ont expliqué leur déma...

Lire la suite