L’objection de conscience sous le feu des pro-avortement en Pologne

 Imprimer

Thématique : Début de vie / Avortement

Actualités

Publié le : 09/09/2014

Un médecin polonais, professeur et obstétricien de renom, a invoqué sa clause de conscience en refusant de pratiquer un avortement sur une femme enceinte par fécondation in vitro d'un enfant malformé. Le Pr Bogdan Chazan de l'hôpital de la Sainte-Famille à Varsovie, a proposé de prendre le meilleur soin possible de la mère et de l'enfant jusqu'après l'accouchement, et de procurer des soins palliatifs au bébé dont la malformation laissait en effet prévoir qu'il ne survivrait guère. La santé de la mère n'était pas menacée par cette grossesse.
La loi polonaise dépénalise l'avortement jusqu'au terme en cas de malformation grave du foetus mais n'en fait pas un « droit » de la mère. Et elle prévoit le bénéfice de la clause de conscience pour le médecin qui ne peut en aucun cas se voir contraint de pratiquer un avortement ou d'y participer. En revanche, la loi polonaise l'oblige à diriger la femme vers un praticien disposé à réaliser l'avortement.
S'appuyant sur le non-respect par le Dr Chazan de cette dernière disposition, les autorités publiques ont infligé à l'hôpital qu'il dirige une amende de 70 000 zloty et le Maire de Varsovie, Mme Gronkiewicz-Walz, a décidé de le démettre de ses fonctions. Nombreux sont les médecins qui soulignent que l'obligation faite au médecin objecteur de renvoyer la femme vers un collègue qui pratique l'avortement, ruine l'objet même de la clause de conscience en le faisant participer à l'avortement contre sa volonté.
Une bataille juridique fait rage désormais autour de cette disposition légale obligeant l'objecteur de conscience à participer indirectement à la réalisation d'un avortement en indiquant à la femme un autre moyen de l'obtenir. L'hôpital fait désormais l'objet d'inspections à répétition. Cet hôpital est pourtant le meilleur de Varsovie ; depuis l'arrivée du Pr Chazan, les accouchements y ont triplé ; la mortalité périnatale y est deux fois inférieure à la moyenne nationale.
L'une des parlementaires les plus virulentes dans la dénonciation des droits à l'objection de conscience,  est Wanda Nowicka, proche du groupe pro-avortement IPAS. Une pétition en faveur du Pr Chazan a déjà recueilli 60 000 signatures et une manifestation de soutien a eu lieu aux abords de l'hôpital de la Sainte-Famille.
Un entretien avec le Dr Chazan est repris par le site consacré aux témoignages de soignants et à l'objection de conscience ICI


Articles similaires

Le Luxembourg et l’avortement

Le Luxembourg et l’avortement

- Avortement

Au Luxembourg, l'avortement reste un geste exceptionnel. Dépénalisé depuis 2012 jusqu'à 12 semaines de grossesse, il ne se pratique pas en milieu hospitalier. L'encadrement en est très strict avec de nombreuses conditions restrictives notamment en ce qui concerne l'entretien préalable. Hors de ce cadre strict il est lourdement pénalisé.

De même l'objection de conscience des praticiens et auxiliaires médicaux est totale.
Seulement un petit quart des avortements concerne les Luxembourgeois de ...

Lire la suite

L’avortement d’un enfant presque à terme est bien possible

L’avortement d’un enfant presque à terme est bien possible

- Avortement

En droit belge, il est possible d'avorter un enfant à la veille de sa naissance.
Nouveau Flash Expert

Un examen de la loi nous apprend que « Au-delà de 12 semaines, l'interruption volontaire de grossesse ne pourra être pratiquée que lorsqu'il est certain que l'enfant à naître sera atteint d'une affection d'une particulière gravité ET reconnue comme incurable au moment du diagnostic ». La loi ne fixant pas de limite maximale au-delà de 12 semaines pour ces cas, l'interruption volontaire de gr...

Lire la suite

Espagne : nouvel encadrement de l’avortement pour les mineures

Espagne : nouvel encadrement de l’avortement pour les mineures

- Avortement

Un nouveau texte de loi relatif à l'avortement a été adopté en Espagne. Il prévoit que les jeunes-filles de 16 et 17 ans devront obtenir l'autorisation de leurs parents avant de subir un avortement. Selon les statistiques, 12% des jeunes filles qui avortent n'en informent pas leurs parents. Or ceux-ci peuvent être de bon conseil et apporter un soutien à leurs enfants en ces circonstances difficiles. La loi précise également qu'en cas de conflit, « un juge tranchera ». Cette « avancée » ne sati...

Lire la suite