L’Irlande se prépare à l’avortement et menace les soignants réfractaires

Publié le : Thématique : Début de vie / Avortement Actualités Temps de lecture : 1 min.

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Le 25 mai 2018 en Irlande, une majorité des votes a appuyé la dépénalisation de l'avortement. Avec un taux de participation de 64,13 %, 66,4 % ont dit ‘oui' et 33,6 %, ‘non'. Sept mois plus tard, le Parlement a voté une nouvelle loi qui qualifie l'avortement d'acte médical et l'autorise jusqu'à 12 semaines d'aménorrhée (10 semaines de grossesse) sans conditions, hormis un délai de réflexion de 3 jours.

S'il existe un risque grave pour la santé ou la vie de la mère, celle-ci pourra avorter jusqu'au seuil de viabilité du foetus, et jusqu'à la naissance en cas d'urgence. Si le foetus présente un risque de mort in utero ou dans les 28 jours après sa naissance, il pourra être avorté jusqu'à sa naissance. Les sanctions pénales sont maintenues en cas de non-respect des conditions fixées par la loi, hormis à l'égard de la femme.

Il s'agit aujourd'hui dès lors de trouver assez de médecins prêts à pratiquer des avortements, et de les former rapidement, car les tenants de la loi espèrent que des avortements pourront avoir lieu dès le 1er janvier 2019. Les médecins ont déjà été prévenus qu'ils percevront 450 euros pour chaque avortement pratiqué.

Quant aux médecins, aux infirmières et aux sages-femmes qui ne veulent pas y participer, ils bénéficieront certes d'une objection de conscience, mais ils s'inquiètent de l'obligation qu'ils auront de « prendre dès que possible des dispositions pour le transfert des soins de la femme enceinte concernée afin de lui permettre de procéder à l'interruption de cette grossesse » (Art. 22(3)). En effet, pour la Medical Alliance for the Eighth, représentant les professionnels de santé opposés à l'avortement, « si les médecins, les infirmières et les sages-femmes sont opposés à l'avortement, alors il est évident qu'ils ne souhaitent  être impliqués dans aucune étape du processus ».

Leurs préoccupations et pétitions n'ont pas été prises en compte par le ministre de la santé ni par l'Irish College of General Practionners (ICGP).

Autre restriction de la liberté de conscience des professionnels de la santé : les pharmaciens ne sont pas repris dans la liste de ceux qui ont droit à l'objection de conscience, alors qu'ils sont souvent en première ligne pour délivrer des substances abortives telles que la pilule pour l'avortement médicamenteux.

Quant aux institutions de soins, le premier ministre, Leo Varadkar, avait déjà annoncé en juin dernier que tous les hôpitaux seraient obligés d'organiser les avortements en leurs murs.

La loi entrera en vigueur dès qu'elle aura été signée par le président Michael Higgins.


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