L'avortement en Belgique : la politique des « petits pas »

 Imprimer

Thématique : Début de vie / Avortement

Actualités

Publié le : 10/10/2018

Il a fallu trois heures à l'Assemblée plénière de la Chambre pour débattre, jeudi dernier, de la proposition de loi des partis de la majorité sur l'avortement. Un « débat confisqué » selon certains parlementaires, frustrés du peu de qualité de la réflexion législative en comparaison à celle de 1990.

Déposée le 4 juillet 2018, la proposition a été votée en hâte sans que la Chambre n'ait jugé utile de solliciter l'avis du Conseil d'Etat. Pourtant, le texte de loi contient d'inquiétants flous juridiques. L'entrave à l'avortement est incriminée, sans que soit précisé si l'infraction s'étend à l'entrave numérique, écrite ou orale. Le médecin objecteur de conscience se voit obligé d'indiquer à la femme qui le consulte un collègue, un centre d'avortement ou un service hospitalier qu'elle peut solliciter pour sa demande d'avortement, ce qui constitue une atteinte indirecte à sa liberté de conscience.

La députée Valérie Van Peel (NV-A) a regretté que la préoccupation de l'aide psychosociale de la femme en difficulté ait été considérée comme stigmatisante en Commission. Elle a également relevé l'urgence de la diminution du nombre d'avortements, qui s'élevait à 20.000/an selon le dernier rapport de la Commission d'évaluation de l'avortement. Un résultat que la députée Els Van Hoof (CD&V) a jugé « aberrant » par rapport aux autres pays.

Au cours du débat, David Clarinval (MR) a expliqué que son parti privilégiait la « stratégie des petits pas ». Il s'est montré ouvert à une libéralisation plus forte de l'avortement dans le futur : « Je suis optimiste et je pense que la discussion pourra reprendre plus tard, notamment sur la question du délai. » L'Open VLD a lui aussi annoncé qu'il était prêt à aller « plus loin » au cours de la prochaine législature. Ecolo-Groen annoncent quant à eux qu'ils déposeront à nouveau une proposition de loi pour intégrer l'avortement dans une loi relative à la santé et supprimer toute sanction pénale. Une lutte pour la libéralisation totale de l'avortement qui ne semble donc pas s'estomper.


Articles similaires

Rapport 2010-2011 de la Commission d’évaluation avortement

Rapport 2010-2011 de la Commission d’évaluation avortement

- Avortement

Ci-dessous, les chiffres officielsrévélés dans ce 12e Rapport de la Commission d'évaluation de la loi dépénalisant l'interruption de grossesse.

2006 : 17.640
2009 : 18.870 2007 : 18.033
2010 : 19.095 2008 : 18.595
2011 : 19.578

 Soit une augmentation de 1.938 interruptions volontaires de grossesse en 5 ans.
 
Quelques traits pour l'année 2011

Comme dans les précédents rapports, près de 42% des femmes ayant recours à l'avortement n'utilisaient pas de moyen de contraception pendant le ...

Lire la suite

AVORTEMENT

- Avortement

  Etats-Unis : la Cour suprême valide une loi du Texas restreignant l'avortement

  Le Luxembourg et l'avortement

  Vers une pénurie des médecins pratiquant l'avortement en Belgique ?

  Pénurie de médecins pratiquant l'avortement ?

  L'avortement est-il devenu un droit ?

  Faut-il soutenir Amnesty International ?

  IVG: le tribunal écossais consacre l'objection de conscience

  Avortements, pilules et stérilets

Lire la suite

Avortement aux Etats-Unis : la bataille autour des lois a redoublé ces derniers mois

Avortement aux Etats-Unis : la bataille autour des lois a redoublé ces derniers mois

- Avortement

Aux Etats Unis, la remise en question des lois sur l'avortement se poursuit. De plus en plus d'Etats abandonnent la doctrine Roe v. Wade, cet arrêt de 1973 dans lequel la Cour Suprême déclare que la liberté d'avorter est garantie par le droit à la vie privée. A la suite de cet arrêt, beaucoup d'Etats avaient modifié leur loi, autorisant parfois des avortements jusqu'à la naissance. Ces derniers mois, dans pas moins de 16 Etats des propositions de loi ont été déposées pour protéger davantag...

Lire la suite