France : promotion de l’avortement par le Ministère en charge de la santé

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Thématique : Début de vie / Avortement

Actualités

Publié le : 29/09/2015

Marisol Touraine, Ministre de la santé en France, met en place des mesures qui visent la banalisation de l'avortement par une campagne « Mon corps, mon choix, mon droit ».
Parmi les mesures relayées par de nombreux médias, on notera l'invitation faite aux femmes à se diriger exclusivement vers le site ivg.gouv.fr et à appeler un « numéro vert » répertoriant les centres officiels et choisis où elles pourront avorter ou obtenir une contraception.
Dans le même temps, Nathalie Bajos, Directrice de Recherche à l'Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale, a expliqué dans un message vidéo, que la contraception n'est pas un moyen efficace contre les grossesses non planifiées, et que donc, l'avortement se révèle indispensable. De fait, contrairement aux attentes, depuis la dépénalisation de l'avortement en 1975 et la promotion de la contraception, le nombre d'avortements n'a pas baissé.
Après avoir rendu l'IVG gratuite pour toutes les femmes, et fait basculer l'IVG du statut de dernier recours à celui de droit fondamental par la suppression de notion de détresse, et avoir instauré la condamnation de toute personne essayant de dissuader une femme d'avorter, la Ministre de la santé veut aujourd'hui, dans le projet de loi de santé, supprimer le délai de réflexion d'une semaine dont bénéficient les femmes et donner à tous les centres de santé l'autorisation de pratiquer des IVG par voie chirurgicale.
Ce même projet de loi habilite les sages-femmes à pratiquer l'IVG médicamenteuse, mesure qui a été définitivement adoptée par le Sénat le 28 septembre 2015. Ces dernières espèrent que leur clause de conscience sera bien respectée, dans les situations où elles se refuseraient à pratiquer un acte qui est opposé à leur métier d'accueil de la vie.
Beaucoup de femmes et d'associations qui accueillent les femmes en détresse s'inquiètent de la prise de position du gouvernement, qui nie l'incidence psychologique de l'IVG à court, moyen ou long terme. Elles déplorent qu'une information neutre ne soit pas donnée aux femmes afin qu'elles puissent prendre une décision en connaissance de cause, tant sur la portée et les conséquences de l'acte d'avortement, que sur les différentes aides disponibles pour poursuivre une grossesse et donner naissance à l'enfant.
La suppression du délai de réflexion risque de conduire les femmes à prendre une décision précipitée, qu'elles pourraient ensuite regretter.

Sources : ivg.gouv.org senat.fr

 


 


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