Belgique : vers une extension de l’avortement au-delà des 12 semaines ?

 Imprimer

Thématique : Début de vie / Avortement

Actualités

Publié le : 26/03/2015

A l'occasion des 25 ans de la promulgation de la loi dépénalisant l'avortement en Belgique, les centres pratiquant l'IVG (Interruption volontaire de grossesse) proposent d'en faciliter plus largement l'accès via un renouvellement du cadre légal : ils plaident notamment pour une extension du délai légal au-delà de douze semaines, car actuellement, passé ce délai, les centres d'avortement se voient obligés d'envoyer les femmes aux Pays-Bas, où le délai est de 22 semaines.
De plus, des critiques sont aujourd'hui émises à propos de la commission d'évaluation : « elle semble dans son dernier souffle depuis un an et demi. Les membres de cette commission sont de bonne volonté, mais il manque de personnes compétentes en termes de recherche scientifique », ajoute le docteur Anne Verougstraete du SJERP (planning familial de la VUB). Celle-ci propose, au nom des centres pratiquant l'avortement, la création d'un organisme scientifique qui prendrait en charge les statistiques sur l'avortement, sur base desquelles les politiques pourraient éventuellement ajuster la loi.
L'avortement a peu à peu perdu son caractère d'exception, prévu par la loi de 1990, pour devenir aujourd'hui un acte banal, proposé aux jeunes par les centres de planning familial qui assurent les animations à la vie affective et sexuelle dans la plupart des établissements scolaires du pays. De plus en plus, l'IVG est désormais présenté et revendiqué comme un « droit des femmes ».
Parallèlement, le professeur Paul Schotsmans de la KULeuven,  a mis en exergue un mouvement inverse qui se produit des Pays-Bas vers la Belgique et qui concerne les femmes qui souhaitent faire avorter leur bébé porteur d'un handicap. En effet, la loi belge permet l'avortement en cas de handicap jusqu'au moment de la naissance, alors qu'aux Pays-Bas, ce délai est limité à la 24ème semaine. Le professeur Schotsmans s'inquiète du fait qu'aucune statistique ne soit aujourd'hui disponible en Belgique quant au nombre d'IMG (interruption médicale de grossesse) d'enfants handicapés. Il suggère également que ces actes d'avortements tardifs pour raisons médicales qui sont des opérations lourdes et délicates, soient confiés à des centres spécialisés, ce qui, en plus, faciliterait la collecte de données.
En 25 ans d'application de la loi belge dépénalisant l'avortement, plus de 300.000 femmes ont subi une interruption volontaire de grossesse. En 2013, le chiffre officiel était de 20.000 avortements, soit un avortement pour 6,8 naissances.
Sources : Belga et De Standaard
 


Articles similaires

Belgique : on connaît les membres de la commission avortement

Belgique : on connaît les membres de la commission avortement

- Avortement

Il y aura bientôt une nouvelle Commission d'Evaluation de la loi sur l'avortement, avec des candidats qui affirment publiquement ne pas en respecter les dispositions.

En séance plénière du jeudi 22 décembre 2016, la Chambre des Représentants a procédé à l'établissement d'une double liste de 16 candidats, effectifs et suppléants, visant à composer la Commission Nationale d'évaluation chargée d'évaluer l'application des dispositions relatives à l'interruption de grossesse. Chaque candidat s'éta...

Lire la suite

L’avortement relance le débat en Pologne

L’avortement relance le débat en Pologne

- Avortement

En Pologne, 15 mois après une première proposition d'abolition de l'avortement, des manifestations subséquentes et le retrait de la proposition, le Parlement relance le débat sur la question. Il fera la balance entre deux projets de loi, l'une libéralisant l'accès à l'avortement, l'autre l'abolissant non pas totalement, mais dans les cas où foetus est handicapé.

La législation de 1993, actuellement toujours en vigueur, interdit en effet tout avortement, hormis les situations de viols, d'inces...

Lire la suite

Avortement – Gynécologues, médecins et soignants toujours plus nombreux à s’opposer à la proposition de loi

Avortement – Gynécologues, médecins et soignants toujours plus nombreux à s’opposer à la proposition de loi

- Avortement

A la veille de la reprise des discussions autour de la proposition de loi IVG à la Chambre, c'est désormais au tour de nombreux gynécologues d'exprimer leurs vives inquiétudes face au contenu de cette réforme. Dans une tribune publiée ce jeudi dans les quotidiens Le Soir et Het Laatste Nieuws, neuf gynécologues issus des quatre coins du pays expliquent en quoi cette proposition de loi est non seulement « précipitée » et « prématurée », mais aussi inefficace et même contreproductive dans les me...

Lire la suite