Belgique : autour de l’avortement, c’est la liberté d’expression qui est menacée

 Imprimer

Thématique : Début de vie / Avortement

Actualités

Publié le : 30/03/2017

A l'heure où plusieurs lobbies ont entamé récemment une campagne visant à sortir l'avortement du code pénal, la conjonction de deux événements, à savoir un cours de philosophie dispensé à l'Université Catholique de Louvain par le professeur Stéphane Mercier - où ce dernier déployait un argumentaire qualifiant l'avortement de meurtre - et une interview radio de la porte-parole de la Marche pour la Vie, Constance du Bus, a permis de faire surgir, au-delà du débat souvent brimé sur l'avortement, celui relatif à la liberté d'expression.

Dans le cas Mercier, l'on constate une atteinte à la liberté académique et une remise en cause de la faculté d'un enseignant à ouvrir une réflexion philosophique chez ses étudiants. Plusieurs professeurs, dont Jean Bricmont et Michel Ghins de l'UCL, ont exprimé leurs craintes par rapport à cette liberté académique menacée. En effet, l'UCL a décidé de suspendre les cours de philosophie assurés par Stéphane Mercier et a entamé une procédure disciplinaire à son encontre.

Ce premier événement a sans doute contribué au succès de la Marche pour la Vie, au cours de laquelle plus de 2.000 personnes ont défilé en silence ce dimanche 26 mars 2017.

De son côté, Constance du Bus a évoqué la légalité du recours à l'avortement au-delà de la 12ème semaine de grossesse et même jusqu'au terme, puisqu'aucune limite n'est précisée pour les avortements dits thérapeutiques. Effectivement, le texte dépénalisant l'IVG stipule qu'au-delà du délai de douze semaines : « l'interruption volontaire de grossesse ne pourra être pratiquée que lorsque la poursuite de la grossesse met en péril grave la santé de la femme ou lorsqu'il est certain que l'enfant à naître sera atteint d'une affection d'une particulière gravité et reconnue comme incurable au moment du diagnostic ».

Provoquant des réactions virulentes, mademoiselle du Bus a dénoncé des motifs d'avortement tardif pouvant paraître abusifs tels que la surdité et la polydactylie. Bien que ces malformations soient handicapantes, constituent-elles une raison suffisante pour mettre fin à la vie de l'enfant à naître ? Or ces motifs sont explicitement évoqués dans des rapports officiels de la commission avortement mentionnant la surdité congénitale (2007, p.42) et la polydactylie (2011, p.50) parmi les motifs d'avortement tardif déclarés.

Alors que d'aucuns s'efforcent d'étouffer toute voix discordante sur la question de l'avortement, et où un débat serein semble bien difficile, n'est-il pas temps de se poser des questions sur l'évolution de sa pratique, sur les mesures qui pourraient être mises en place pour le prévenir et sur ses conséquences ?

 Flash Expert : Faut-il sortir l'avortement du Code Pénal ?


Articles similaires

Portugal : modification de la loi dépénalisant l’avortement

Portugal : modification de la loi dépénalisant l’avortement

- Avortement

Le Parlement portugais a voté le 21 juillet 2015 une loi visant à limiter l'accès des femmes à l'avortement. Alors que la loi de 2007 avait été jusqu'à permettre aux femmes d'avorter librement et gratuitement, la nouvelle loi pose des balises. Le financement de cet acte ne pèse plus sur l'ensemble de la population mais revient aux femmes qui décident d'interrompre leur grossesse.
De plus, ayant le souci d'accompagner au mieux les femmes en détresse, celles-ci se verront proposer plusieurs entr...

Lire la suite

ONU: l’avortement pour raisons de handicap ?

ONU: l’avortement pour raisons de handicap ?

- Avortement

Alors que le Comité des Droits de l'Homme de l'ONU révise actuellement la définition du « droit à la vie », et que la volonté d'imposer la légalisation de l'avortement à tous les Etats est de plus en plus forte, le Comité des droits des personnes handicapées des Nations Unies réagit dans un document officiel : « les lois qui autorisent explicitement l'avortement en raison d'un handicap violent la Convention des droits des personnes handicapées (Art. 4,5 et 8) ».

Le Comité explique qu'en effet...

Lire la suite

Révision de la loi avortement en Alabama : la femme, toujours victime, ne sera jamais condamnée

Révision de la loi avortement en Alabama : la femme, toujours victime, ne sera jamais condamnée

- Avortement

« Une femme qui avorte ne sera pas condamnée, étant considérée comme victime, mais le médecin qui pratique l'avortement en revanche encoure une peine allant de 10 à 99 ans de prison. » C'est ce que prévoit la nouvelle loi adoptée par la gouverneure d'Alabama Kay Ivey ce mercredi 15 mai 2019.   « Notre position est simplement que l'enfant à naître est une personne, et le projet de loi va directement dans ce sens » a déclaré le représentant de l'Etat, Rich Wingo.

La loi édicte toutefois qu'en c...

Lire la suite