L’intention morale au cœur du questionnement éthique

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Thématique : Fin de vie / Euthanasie et suicide assisté

Études

Publié le : 01/03/2006

Auteur / Source : P-O. Arduin

Doctorant en Éthique, Science, Santé et Société,
Université de la Méditerranée, Aix-Marseille II,
Faculté de Médecine et Espace éthique méditerranéen.

...concernant les pratiques médicales en fin de vie

Résumé: Le propos consiste à montrer que ce qui fonde la distinction éthique entre différents actes ou omissions posés par des soignants dans le cadre de l'accompagnement de la fin de vie réside dans l'intention de l'agent qui anime de l'intérieur ces pratiques. Protéger la droiture de l'intention en explicitant de manière juste les mots en débat, en développant une théorie du double effet authentique, en définissant précisément ce que recouvre l'euthanasie, nous permet de sortir de l'utilitarisme contemporain, lequel récuse toute intériorisation de la moralité. Véritable démarche éthique, ce travail de clarification sémantique est aussi la première forme de respect que nous devons aux personnes en fin de vie.

On se souvient que la mission parlementaire d'information sur l'accompagnement de la fin de vie, mise en place en septembre 2003 suite à l'affaire Vincent Humbert, avait bien perçu dès le début de son travail qu'il était primordial de s'atteler à clarifier les termes du débat tant la confusion était grande pour décrire les actes médicaux en fin de vie.
La plupart des sondages d'opinion jouent sur la périphrase aider à mourir sans que ne soit jamais explicité ce qu'elle recouvre : un soulagement de la douleur, un accompagnement familial, psychologique et spirituel apaisant l'angoisse ou une aide active par un geste qui tue.

Aussi, la plupart de nos concitoyens mélangent suicide assisté, euthanasie, arrêt de traitement, abstention thérapeutique, sédation, augmentation des doses d'analgésiques ou de calmants, sans que rien ne les aide à distinguer ces pratiques. Les médecins eux-mêmes ne démêlent pas toujours la réalité qui se cache sous les actes posés dans le temps de la fin de vie.


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