Le don d’organes : donner pour sauver

 Imprimer

Thématique : Statut du corps humain / Don d'organes, de tissus et de sang

Dossiers

Publié le : 16/12/2007

Auteur / Source : © IEB

Donner pour sauver ou se vendre pour vivre ? 

Se donner en sauvant une vie

1.1.        Prélèvement en cas de décès

 

Qui ne dit mot consent

La loi belge est très favorable au don d'organe. Ainsi, la loi du 13 juin 1986 se fonde sur le principe « qui ne dit mot consent ». L'hypothèse est que chacun désire céder des organes après le décès, dans un esprit de solidarité humaine. Cependant, si la personne décédée s'y est opposée, ou qu'un des membres de la famille proche manifeste son opposition après le décès, le prélèvement ne pourra pas se faire. En principe, le médecin n'est pas tenu de demander le consentement à la famille : il faut que le proche prenne l'initiative de communiquer l'opposition. Mais dans la pratique, le médecin consulte, de fait, la famille. 

Mort cérébrale

Selon le centre de transplantation d'organes des Cliniques Universitaires Saint-Luc, la mort cérébrale est l'arrêt irréversible de toutes les fonctions cérébrales, y compris celles du tronc cérébral et de la moëlle jusqu'au niveau des deux premières vertèbres. Les lésions du tronc cérébral entraînent un arrêt de la respiration spontanée conduisant à l'arrêt cardiaque par hypoxie. Si la respiration est entretenue artificiellement, les organes viscéraux peuvent continuer à fonctionner durant quelques heures, voire quelques jours. C'est dans cet état de "mort cérébrale à coeur battant" que les organes doivent être prélevés, tout en ayant été protégés au maximum de l'ischémie. C'est l'Université Catholique de Louvain qui, en 1963, a réalisé pour la première fois au monde un prélèvement sur un donneur à coeur battant en état de mort cérébrale. 

Une autre méthode de prélèvement est le prélèvement sur donneur à coeur non-battant. Le donneur potentiel est alors un patient ayant subi un arrêt cardiaque qui a provoqué des dégâts cérébraux tels que la mort peut être déclarée. La différence avec le prélèvement classique sur des donneurs à coeur battant est que, dans ce cas, le diagnostic de la mort se fait à partir de critères cardio-vasculaires (arrêt cardio-respiratoire irréversible) et non pas cérébraux. Le prélèvement sur un donneur à coeur non-battant est délicat car il doit se faire très rapidement (30-40 minutes après l'arrêt cardiaque), ce qui est souvent très difficile à gérer du point de vue humain et organisationnel. L'équipe médicale doit, en effet, annoncer le décès et en même temps parler à la famille de la possibilité d'utiliser les organes pour la transplantation.


Articles similaires

Accouchement sous "X"

Accouchement sous "X"

- Grossesse

Le droit de savoir d'où je viens : problématique de l'accouchement sous X 

1. Situation en Belgique 

En Belgique, s'il n'a jamais été explicitement interdit, l'accouchement sous X n'a jamais non plus été légalement autorisé : selon l'article 55 du Code civil, l'officier de l'état civil est tenu d'inscrire le nom de la mère dans le registre de la population de la commune dans laquelle l'enfant est né, inscription qui établit de plein droit la filiation maternelle selon la règle « mater semper...

Lire la suite

Les cellules souches du cordon ombilical

Les cellules souches du cordon ombilical

- Recherche sur les embryons

Perspectives en matière de médecine régénérative

 

 I.   Au commencement était la cellule souche 

Les cellules qui sont à la base d'autres cellules différenciées sont appelées cellules souches.

C'est en étudiant certains tissus adultes comme le sang ou la peau que le concept de cellules souches a été avancé dès les années 1950-1960. Les cellules souches sont des cellules non spécialisées, c'est-à-dire indifférenciées, capables de se multiplier à l'identique. Elles peuvent aussi se transfor...

Lire la suite

La vie avant la naissance :  un choix entre fiction et réalité

La vie avant la naissance : un choix entre fiction et réalité

- Embryons

Plaidoyer pour un élargissement du cadre juridique général de la personnalité humaine

Quelques années après l'allocution du Professeur Lejeune, deux projets de lois furent introduits au parlement belge en vue de donner à la vie à naître, un statut légal à partir de la conception. L'idée centrale en était que cette vie était une évidence experimentale que le droit devait prendre en compte.

L'auteur de la présente note avait collaboré à la rédaction de ces propositions et fait maintenant le po...

Lire la suite