Belgique : vers un débat sur l’euthanasie des malades psychiatriques ?

 Imprimer

Thématique : Fin de vie / Euthanasie et suicide assisté

Flash expert - Belgique

Publié le : 14/12/2017

Le 26 octobre dernier, le Washington Post [1], publiait un article concernant la pratique de l'euthanasie en Belgique intitulé: « ‘What could help me to die ?' Doctors clash over euthanasia ».

L'article dévoile la façon dont la psychiatre belge Lieve Thienpont, psychiatre à Gand, traite les demandes d'euthanasie de ses patients. La journaliste américaine en vient à se questionner quant à l'efficacité du contrôle de l'euthanasie en Belgique, puisque, le président de la Commission de Contrôle et d'Evaluation de l'Euthanasie (CFCEE), le professeur Wim Distelmans, est impliqué dans l'affaire et est cité dans cet article.

Dans un pays qui, en quinze ans, n'a jamais procédé à l'évaluation de sa loi euthanasie, et où il est suspect de mettre en doute le bon fonctionnement de la Commission de Contrôle et d'Evaluation, cet article lance un pavé dans la marre.

Il aura fallu qu'un quotidien étranger dévoile le contenu d'une lettre entre Distelmans et Thienpont pour que les Belges soient mis au courant du fait que tout n'allait pas bien dans le meilleur des mondes en matière d'euthanasie.

Les faits

Le 13 février 2017, le professeur Wim Distelmans adressait une lettre au Docteur Lieve Thienpont, psychiatre et présidente de l'ASBL Vonkel.

Wim Distelmans, en plus de ses fonctions comme président de la CFCEE, est membre fondateur de LEIF (« LevensEinde InformatieForum »[2]) et du groupe de médecins ULteam[3].

(LEIF, ULteam et Vonkel : voir fin du document)                                               

Quant à Lieve Thienpont, elle est connue pour son ouverture à la pratique de l'euthanasie des malades atteints de troubles psychiatriques, et a d'ailleurs publié une étude sur le sujet en 2015 dans le journal médical BMJ Open.[4]

Lieve Thienpont y expose le bilan de 100 patients psychiatriques qui, entre octobre 2007 et décembre 2011, lui ont été adressés pour une demande d'euthanasie. Sur ces 100 demandes, 48 ont...

 


 

[1] Article repris sur le site du Washington Times

[2] LevensEinde InformatieForum, plate-forme en Flandre informant sur les possibilités d'organiser sa fin de vie et aussi l'euthanasie.

[3] Centrum voor « Uitklaring van Levenseindevragen »

[4]  British Medical Journal

  • souffrance
  • maladie psychiatrique
  • fin de vie
  • euthanasie
  • suicide

Articles similaires

Jaarverslag 2017 van de regionale toetsingscommissies euthanasie

- Euthanasie et suicide assisté

Pays-Bas : accroissement de 8% des cas d'euthanasie en 2017

 6.585 euthanasies et suicides assistés ont été enregistrés aux Pays-Bas en 2017, annonce le Rapport annuel récemment publié des 5 Commissions régionales qui contrôlent la pratique. Cela signifie que 4,4% des néerlandais décédées (150.027) ont demandé à ce qu'un médecin provoque leur mort ou les y assiste (250 suicides assistés).

Cela représente également une hausse de 8% d'euthanasies officiellement déclarées par rapport à 2016, a...

Lire la suite

Synthèse du Rapport quinquennal (2012-2016) euthanasie Pays-Bas

Synthèse du Rapport quinquennal (2012-2016) euthanasie Pays-Bas

- Euthanasie et suicide assisté

SYNTHESE du 3ème rapport quinquennal (2012-2016) d'évaluation de la loi.

L'euthanasie et le suicide assisté sont dépénalisés aux Pays-Bas depuis le 1er avril 2002. Depuis son entrée en vigueur, et outre les Rapports annuels publiés par les RTE (Regionale Toetsingscommissies Euthanasie), un rapport d'évaluation de la loi est publié tous les 5 ans afin de mesurer l'évolution et les conséquences des pratiques d'euthanasie et de suicide assisté dans le pays.

Rappel des critères de minutie prévu...

Lire la suite

Directives relatives au don d'organes après euthanasie aux Pays-Bas

Directives relatives au don d'organes après euthanasie aux Pays-Bas

- Euthanasie et suicide assisté

Utiliser le corps d'une personne dont la mort a été programmée est pour certains dans la logique de l'euthanasie. Les questions « éthiques » sur le don d'organes couplé à une euthanasie ne semblent pas attiser le débat qui se focalise, pour lors, surtout sur « comment » coordonner le geste de mort et la transplantation dans d'autres corps.

Plusieurs obstacles ont dû être aplanis. Tout d'abord, le fait que l'euthanasie soit en règle générale pratiquée par le médecin de famille, à domicile, et,...

Lire la suite