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La militance pro-avortement d’Amnesty International redoublera en 2019

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[Français] 20 décembre 2018

Samenvatting

  •   La militance pro-avortement d’Amnesty International redoublera en 2019
  •   Mobilisation persistante contre la légalisation de l’euthanasie en Nouvelle-Zélande
  •   Canada : mises en garde sur l’extension de la loi euthanasie
  •   L’Irlande se prépare à l’avortement et menace les soignants réfractaires
  • La militance pro-avortement d’Amnesty International redoublera en 2019

    20/12/2018 - Begin van het leven

    « En 2019, nous allons mener un combat pour la dépénalisation de l’avortement dans tous les pays où il constitue toujours un crime. Rejoignez le combat. Rejoignez-nous. » C’est en ces termes qu’Amnesty International développe son plaidoyer pour l’avortement dans un dossier « Les droits humains aujourd’hui » (2018), plaçant la dépénalisation de cet acte dans ses priorités pour l’année 2019.

    Au nom de cette imposante ONG, son secrétaire général Kumi Naidoo se félicite de la dépénalisation récente de l’avortement en Irlande. A cette occasion, l’ONG avait déployé une grande campagne pro-avortement, financée par la Fondation américaine « Open Society » de Georges Soros (désigné par ailleurs ‘personnalité de l’année’ 2018 par le Financial Times). D’autre part, Kumi Naidoo déplore les refus consécutifs de légaliser l’avortement au Salvador (avril 2018) et en Argentine (août 2018), où pourtant des groupes de membres d’Amnesty International militent pour son autorisation.

    Le cas du Salvador est un exemple particulier du combat de l’ONG. Dépénalisé sous certaines conditions en 1947, l’avortement fut à nouveau interdit en 1997 ; la Constitution déclare désormais que l’État doit protéger la personne humaine dès sa conception. En avril 2018, un projet de loi pour dépénaliser l’avortement fut déposé au Parlement et soutenu par Amnesty International. Mais une semaine après cette annonce, une pétition de plus de 21 000 signatures contre le projet de loi fut présentée au président de l’Assemblée, qui refusa finalement le débat sur le projet de loi.

    La situation au Salvador a également fait l’objet de campagnes mensongères, largement reprises par les médias occidentaux, à propos de femmes condamnées à 30 ans de prison « pour fausses-couches ». En réalité, ces femmes avaient été inculpées d’homicide aggravé car elles avaient tué leur bébé né vivant. La rectification que fit le New York Times après un premier article sur le sujet en dit assez.

    Une telle mobilisation de la part d’une ONG qui se dit défendre les droits humains, interpelle. (Voir Bulletin de l’IEB) A noter que la position d’Amnesty International par rapport à l’avortement a évolué en juillet 2018 quand des délégués du monde entier se sont retrouvés en Pologne pour autoriser campagnes et levées de fonds, et faire ainsi pression sur ces pays qui « n’offrent pas des services d’avortements sûrs et légaux ». Cette position remplace celle qu’Amnesty International avait adoptée en 2007, où ce n’était que dans des cas exceptionnels que l’organisation en appelait à la dépénalisation de l'avortement.

    Source : lejournalinternational.info – New York Times – trends.levif.be

    Mobilisation persistante contre la légalisation de l’euthanasie en Nouvelle-Zélande

    20/12/2018 - Einde van het leven

    Par le biais de courtes vidéos, 20 Nouveaux-Zélandais partagent leur handicap, présentent les soins palliatifs, les perspectives légales et médicales qui peuvent nourrir les conversations sur la question de l’euthanasie et appellent à réagir contre une nouvelle proposition de légaliser l’euthanasie dans leur pays. L’association Care Alliance (qui se mobilise depuis 2012 pour promouvoir de meilleurs soins et conversations en fin de vie) a récemment lancé cette campagne d’information ‘Icare’ pointant les risques et fausses idées que contient la proposition de loi.

    En effet, une troisième tentative de légaliser l’euthanasie est en cours en Nouvelle-Zélande. Malgré son passage en première lecture au Parlement, la proposition de loi rencontre une forte opposition de la part de certains parlementaires et a suscité une mobilisation citoyenne de taille.

    Au mois de mai dernier, une consultation populaire avait donné lieu à 35 000 réponses dont 92% s’opposaient à la légalisation de l’euthanasie. Le Comité mandaté pour opérer cette consultation termine à présent d’auditionner des experts et des citoyens. Il doit remettre un rapport au Parlement pour le 27 mars 2019 au plus tard.

    Devant l’opposition qui persiste, le député dépositaire de la proposition David Seymour a annoncé qu’il allait amender son texte en limitant l’accès à l’euthanasie pour les patients en phase terminale, clarifier que les troubles mentaux ne pourraient pas justifier l’accès à l’euthanasie, et soumettre la proposition au referendum lors des prochaines élections.

    Sources : NZherald.co.nz – carealliance.org

    Canada : mises en garde sur l’extension de la loi euthanasie

    20/12/2018 - Einde van het leven

    A peine deux ans et demi après la légalisation de l’euthanasie, le Canada envisage déjà d’en élargir l’accès aux mineurs dits « matures », aux personnes atteintes de troubles mentaux, et d’autoriser les demandes anticipées d’euthanasie. Trois rapports du Conseil des Académies Canadiennes (CAC), un organisme de conseil du gouvernement, viennent d’être publiés et pointent les éléments en faveur et en défaveur de ces éventuels élargissements. Les experts se sont montrés fortement divisés sur ces questions qu’ils qualifient de complexes et conflictuelles. De plus, ils se sont heurtés à d’importantes lacunes dans la connaissance de ces trois réalités, qui limitent leur étude.

    En se posant la question de l’élargissement de l’euthanasie aux mineurs « matures » (compris comme adolescents capables de prendre des décisions éclairées en matière de soins de santé), le CAC soulève des préoccupations concernant la vulnérabilité de ce groupe (plus sensible aux pressions financières ou émotionnelles de leur famille), l’incertitude quant à leur capacité à fournir un consentement éclairé sur leur euthanasie, et surtout les nombreuses lacunes dans la connaissance de ces réalités étant donné le peu d’expérience en la matière, même au niveau international (16 euthanasies de mineurs répertoriées en Belgique et aux Pays-Bas, de surcroit très peu documentées). De plus, le CAC n’a relevé aucun témoignage ou demande d’euthanasie de la part d’un mineur malade au Canada.

    Le CAC s’est ensuite penché sur la question des demandes anticipées d’euthanasie, actuellement sans effet au Canada, car la loi exige le consentement exprès du patient immédiatement avant de provoquer sa mort. Il s’est inquiété du principal risque posé par les demandes anticipées d’euthanasie, à savoir qu’une personne soit euthanasiée contre sa volonté, à cause de pressions systémiques et sociétales comme la disponibilité de soins, la stigmatisation de la perte de capacité décisionnelle ou des hypothèses biaisées sur la qualité de vie. Il a envisagé plusieurs scénarios, constatant qu’ils comportent tous un certain degré d’incertitude.

    Enfin, sur la question de l’élargissement de l’euthanasie lorsqu’un trouble mental est le seul problème médical invoqué, le CAC pointe le désaccord des cliniciens sur le caractère incurable des troubles mentaux, condition actuelle pour l’euthanasie au Canada. Il met en garde contre cette extension aux personnes dont le désir pathologique de mourir est un symptôme de leur trouble mental, qui interfère avec la prise de décision. En ce sens, il relève qu’en Belgique et aux Pays-Bas, le plus grand nombre de demandes d’euthanasie en contexte psychiatrique provient de patients souffrant de dépression. De plus, cet élargissement renforcerait l’idée selon laquelle la vie de personnes atteintes de troubles mentaux est intolérable et ne vaut pas la peine d’être vécue. Le CAC a finalement souligné l’insuffisance de l’accès aux soins de santé mentale au Canada et le risque que certaines personnes puissent demander l’euthanasie parce qu’elles n’ont pas accès à d’autres traitements de santé mentale susceptible de réduire leurs souffrances – ou parce qu’elles ne peuvent pas se les payer.

    Il est intéressant de voir que bon nombre des caveat émis par les groupes de travail sont semblables aux préoccupations que suscite la pratique de l’euthanasie au Canada selon la loi actuelle. (Voir Bulletin de l’IEB)

    L’Irlande se prépare à l’avortement et menace les soignants réfractaires

    20/12/2018 - Begin van het leven

    Le 25 mai 2018 en Irlande, une majorité des votes a appuyé la dépénalisation de l’avortement. Avec un taux de participation de 64,13 %, 66,4 % ont dit ‘oui’ et 33,6 %, ‘non’. Sept mois plus tard, le Parlement a voté une nouvelle loi qui qualifie l’avortement d’acte médical et l’autorise jusqu’à 12 semaines d’aménorrhée (10 semaines de grossesse) sans conditions, hormis un délai de réflexion de 3 jours.

    S’il existe un risque grave pour la santé ou la vie de la mère, celle-ci pourra avorter jusqu’au seuil de viabilité du fœtus, et jusqu’à la naissance en cas d’urgence. Si le fœtus présente un risque de mort in utero ou dans les 28 jours après sa naissance, il pourra être avorté jusqu’à sa naissance. Les sanctions pénales sont maintenues en cas de non-respect des conditions fixées par la loi, hormis à l’égard de la femme.

    Il s’agit aujourd'hui dès lors de trouver assez de médecins prêts à pratiquer des avortements, et de les former rapidement, car les tenants de la loi espèrent que des avortements pourront avoir lieu dès le 1er janvier 2019. Les médecins ont déjà été prévenus qu’ils percevront 450 euros pour chaque avortement pratiqué.

    Quant aux médecins, aux infirmières et aux sages-femmes qui ne veulent pas y participer, ils bénéficieront certes d’une objection de conscience, mais ils s’inquiètent de l’obligation qu’ils auront de « prendre dès que possible des dispositions pour le transfert des soins de la femme enceinte concernée afin de lui permettre de procéder à l’interruption de cette grossesse » (Art. 22(3)). En effet, pour la Medical Alliance for the Eighth, représentant les professionnels de santé opposés à l’avortement, « si les médecins, les infirmières et les sages-femmes sont opposés à l'avortement, alors il est évident qu'ils ne souhaitent  être impliqués dans aucune étape du processus ».

    Leurs préoccupations et pétitions n’ont pas été prises en compte par le ministre de la santé ni par l’Irish College of General Practionners (ICGP).

    Autre restriction de la liberté de conscience des professionnels de la santé : les pharmaciens ne sont pas repris dans la liste de ceux qui ont droit à l’objection de conscience, alors qu’ils sont souvent en première ligne pour délivrer des substances abortives telles que la pilule pour l’avortement médicamenteux.

    Quant aux institutions de soins, le premier ministre, Leo Varadkar, avait déjà annoncé en juin dernier que tous les hôpitaux seraient obligés d’organiser les avortements en leurs murs.

    La loi entrera en vigueur dès qu’elle aura été signée par le président Michael Higgins.

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