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Bulletin de l'IEB - 10 novembre 2011

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[Français] 10 novembre 2011

Samenvatting

  •   France : pharmaciens privés du droit à l’objection de conscience.
  •   Des erreurs dans les tests de dépistage prénatal entraînent des avortements injustifiés
  •   Permis de conduire et don d'organes
  • France : pharmaciens privés du droit à l’objection de conscience.

    07/10/2011 - Gewetensclausule

    Le 7 octobre 2011, le Conseil de l’Europe votait le droit à l’objection de conscience pour toutes les "professions médicales". En France pourtant, les pharmaciens, qui n’entrent pas sous cette appellation, en sont toujours privés. Bien qu’il soit précisé dans le Code de déontologie que "le pharmacien exerce sa mission dans le respect de la vie et de la personne humaine", ceux-ci ne bénéficient pas de leur liberté de conscience aujourd’hui. Hospitaliers ou en officine, les pharmaciens se voient contraints de délivrer des produits abortifs, sous peine de se voir interdits temporairement ou définitivement d’exercer leur profession. Il serait pourtant possible de revenir sur cette incohérence juridique et de redéfinir les contours de l’objection de conscience, pour l’étendre aux pharmaciens. D’autant plus que les parlementaires européens ont créé une nouvelle clause (article L. 2151-7-1) relative à la bioéthique, précisant qu’ "aucun chercheur, aucun ingénieur, technicien ou auxiliaire de recherche quel qu’il soit, aucun médecin ou auxiliaire médial n’est tenu de participer à quelque titre que ce soit aux recherches sur les embryons humains ou sur les cellules embryonnaires".  

    Une jeune pharmacienne de 26 ans exerçant en officine témoigne : "Pour beaucoup, ce n’est plus la personne humaine qui est au centre, c’est la "liberté" de chacun qui prévaut. On me répond que chacun a le droit de choisir quel "contraceptif" utiliser. Mais ma liberté à moi, de ne pas vouloir participer à un acte criminel qui va à l’encontre de ma conscience, n’est-elle pas aussi importante ? Il est très difficile d’exprimer un refus au comptoir, surtout lorsque l’on est une simple employée", souligne-t-elle. L’idéal serait de prendre les femmes et jeunes filles à part et de bien leur expliquer ce que leur acte implique, tous les effets qui en découlent, car en allant un peu sur les forums qui parlent de cela sur Internet, on se rend compte de la méconnaissance de la plupart de femmes vis-à-vis de ces méthodes (pilule du lendemain et stérilet)".
    Elle conclut en disant son espoir "que soit mise en place une clause de conscience, à l’exemple de celle existant pour les autres métiers de la santé. (…) J’aimerais pouvoir dire aux pharmaciens pour qui je travaille que je suis pour la vie, sans craindre de perdre mon travail".

    Source : Liberté Politique (Pierre-Olivier Arduin, propos recueillis par P.-O. Arduin) 07/10/11

    Et en Belgique? Le lecteur intéressé par la nouvelle brochure de l'IEB "Clauses de conscience au profit des professionnels de la santé   "  peut la recevoir par la poste en remplissant le formulaire ci-joint dans lequel il nous communique ses coordonnées.

    Des erreurs dans les tests de dépistage prénatal entraînent des avortements injustifiés

    13/10/2011 - Prenatale & pre-implantatie genetische diagnostiek

    Le 13 octobre 2011, la revue Ultrasound in Obstetrics and Gynecology* a publié la synthèse d’études, réalisées par des chercheurs britanniques, sur les trop nombreuses erreurs de diagnostics prénatals (DPN) qui conduisent à des interruptions de grossesse (IVG). Ce constat alarmant fait suite à 4 études, menées par des chercheurs de l’Imperial College London, du Queen Charlottes and Chelsea Hospital et de la Leuven University (Belgique), sur l’utilisation de l’échographie en début de grossesse. Lors de ce premier examen, la mesure de l’embryon, qui ne fait que 5-6 mm à peine, sert à déterminer la viabilité de la grossesse ou le risque de fausse-couche. Les obstétriciens se fient au diamètre moyen du sac gestationnel quand l’embryon lui-même ne peut être vu et à la longueur de l’embryon, si aucun battement de cœur n’est détecté.
    Si les directives varient et si les critères qui permettent de détecter une grossesse dite "à risque" diffèrent d’un pays à l’autre, les chercheurs ont estimé qu’il pourrait y avoir près de 400 erreurs de diagnostic chaque année, rien qu’au Royaume-Uni.

    Ils ont donc cherché à établir des "valeurs limites universelles utilisables en toute confiance pour détecter une grossesse à risque". En "assouplissant légèrement" les critères déterminant la non viabilité d’une grossesse, les chercheurs observent qu’ "il n’y a plus aucun cas d’une grossesse viable diagnostiquée comme non viable". Afin d’éviter ces erreurs trop nombreuses, ils suggèrent l’application de ces nouveaux critères apparemment plus fiables et recommandent de renouveler l’échographie pour les cas "limites". 

    *Ultrasound in Obstetrics and Gynecology, “Gestational sac and embryonic growth are not useful as criteria to define miscarriage: a multicenter observational studyY. Abdallah,A. Daemen,S. Guha,S. Syed,O. Naji,A. Pexsters,E. Kirk,C. Stalder,D. Gould,S. Ahmed,C. Bottomley,D. Timmerman,T. Bourne 13/10/11

     A lire :  "Diagnostic prénatal : quelle finalité ?"

     

     

    Permis de conduire et don d'organes

    25/10/2011 - Einde van het leven

    Chaque candidat conducteur invité à se prononcer sur le don d’organe.
    Le 25 octobre 2011, Madame Nathalie Muylle et Monsieur Jef Van den Bergh (CD&V) ont déposé une proposition de loi (DOC 53 1843/001) visant à augmenter significativement le nombre de donneurs d’organe explicites. Aujourd’hui, en Belgique, toute personne majeure est réputée consentir à un don d’organe après son décès à moins d’avoir, de son vivant, exprimé une opposition explicite. Néanmoins, dans la pratique, l’avis de la famille proche est toujours demandé et dans environ 15 % des cas, cette dernière refuse.
    Par cette proposition, les auteurs souhaitent introduire dans la demande de permis de conduire, comme c’est le cas en Grande-Bretagne, un formulaire permettant au candidat conducteur de se prononcer sur la question du don d’organe. Il aurait la possibilité de répondre s’il souhaite se porter candidat donneur ou s’il ne désire pas se prononcer sur la question.  Par contre, pour exprimer son opposition à un prélèvement d’organe après son décès, une démarche auprès de l’administration communale reste nécessaire.

    Voir aussi le Dossier de l'IEB  "Le don d’organes : Donner pour sauver ou se vendre pour vivre ?" où sont traités les concepts de consentement présumé et de la détermination du moment de la mort (mort cérébrale ou arrêt cardiaque).

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