Dignité de la personne et statut du corps humain

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Thématique : Statut du corps humain / Non classés

Études

Publié le : 01/04/2008

Auteur / Source : Eric de Rus

Professeur de philosophie
au Centre Madeleine Daniélou de Rueil-Malmaison, France.

 

Une approche philosophique pour un repérage éthique.

Le corps est aujourd'hui le lieu de débats bioéthiques majeurs, tels ceux sur l'avortement, l'euthanasie ou encore la sexualité pour n'en nommer que quelques-uns. Statuer sur le sort que l'on peut techniquement ou médicalement réserver au corps représente un enjeu éthique fondamental, puisque ce qui est en cause c'est le sens même de la personne humaine.  

En effet, le corps humain n'est pas simplement un objet matériel parmi d'autres, mais il est le signe de notre humanité et de notre subjectivité, d'où l'intérêt de réfléchir sur celui-ci notamment lorsqu'on cherche à comprendre ce qu'est l'homme.
Ainsi, à la question en apparence très simple de savoir de quoi le corps est-il signe, nous pouvons répondre : « D'une présence humaine », dans la mesure où « c'est dans et avec son corps que chacun de nous est né, vit et meurt ; c'est dans et par son corps qu'on s'inscrit dans le monde et qu'on rencontre autrui. »   

Il convient toutefois d'aller plus avant, et de se demander de quoi toute présence humaine est elle-même le signe.
Dans la perspective philosophique qui est celle de cette  Etude de l'Institut Européen de Bioéthique, nous nous proposons de montrer que toute présence humaine signifiée par le corps est le signe d'une dignité qui lui confère le titre de personne. Le problème est alors de savoir en quoi consiste essentiellement cette dignité et quelles sont les exigences éthiques qui en découlent du point de vue du statut du corps humain. Nous tenterons de répondre à cette question à partir de ce « lieu » bioéthique problématique qu'est la demande euthanasique.


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  (paru dans le Journal des Tribunaux, 9 septembre 2006, n° 6233, pp. 501-504)
 
 

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