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Fatigue de vivre et euthanasie : où en est la réflexion en Belgique ?

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[Français] 22/06/2018

La fatigue de vivre bouscule et interroge de plus en plus le corps médical et l’opinion publique quant à ses causes et ses conséquences.

En août 2017, désirant ouvrir un débat officiel sur la question, le député Jean-Jacques De Gucht (Open-VLD) a proposé d’élargir la loi dépénalisant l'euthanasie à toute personne qui exprime éprouver une « fatigue de vivre » (« levensmoeheid »), sans pour autant être atteinte par une affection ou maladie quelconque. Le député travaille depuis lors sur une proposition d’extension de la loi euthanasie, qui « n’inclura pas les personnes souffrant de dépression, de solitude ou d’un état de dépendance », précise-t-il.

 Pour apprécier la justesse de la proposition, il convient de cerner ce que recouvre le concept de « fatigue de vivre » et de se demander s’il est réellement possible d’en exclure les causes de dépression, de solitude ou de dépendance, comme le suggère Jean-Jacques De Gucht. A ce jour, aucune statistique fiable ne permet par ailleurs de mesurer l’ampleur du phénomène.

Dans son Avis n° 73 sur « l’euthanasie dans les cas de patients hors phase terminale, de souffrance psychique et d’affections psychiatriques », le Comité Consultatif de Bioéthique de Belgique (CCBB) aborde la problématique de la fatigue de vivre de nos aînés du point de vue éthique.

Le présent document tentera de retracer l’essentiel de la réflexion critique émise par divers acteurs politiques et de terrain, néerlandais et belges, qui ont inspiré le Comité Consultatif dans sa réflexion, afin de mieux comprendre les raisons qui l’ont poussé à encourager prudence et retenue sur la question.

 La « fatigue de vivre » peut-elle constituer à elle seule une affection médicale inapaisable qui, causant une souffrance insupportable, justifie l’euthanasie de la personne ?