FR NL EN

Vers un débat sur l’euthanasie des malades psychiatriques ?

ImprimerRecommander
[Français] 14 décembre 2017

Sommaire

  •   Avis du Comité de Bioéthique: euthanasie pour fatigue de vivre et pour maladies psychiatriques
  •   Flash Expert : Belgique : vers un débat sur l’euthanasie des malades psychiatriques ?
  •   Qu'est-ce que "la fatigue de vivre" ? Flash Expert
  • Avis du Comité de Bioéthique: euthanasie pour fatigue de vivre et pour maladies psychiatriques

    14/12/2017 - Fin de vie

    Peut-on euthanasier les patients qui ne sont pas en phase terminale, qui souffrent psychiquement ou qui sont atteints d’une maladie psychiatrique ?
    Ce sont les fondements de la loi euthanasie qui sont mis en question par le Comité Consultatif de Bioéthique de Belgique (CCBB)  dans l’Avis n° 73 qui vient d’être publié.

    Ce document de 88 pages met le doigt sur les dysfonctionnements de la loi euthanasie en Belgique : si la demande d'euthanasie se base sur le concept de souffrance, comment la définir ? Qui peut juger du fait qu’elle est insupportable ? Est-elle inapaisable si le patient refuse qu’on la soulage ? Serait-il alors quand même "admissible" à l'euthanasie ? Qui juge du caractère incurable de la pathologie, surtout psychiatrique, à la base de la demande d’euthanasie ?

    Pour plus de transparence et de contrôle, ne faut-il pas lever l’anonymat des médecins qui déclarent l’euthanasie à la Commission de contrôle ?

    Ce sont donc bien plus que les questions d’euthanasie pour « fatigue de vivre », qui sont abordées dans l'Avis du CCBB puisqu’y est traitée la question de l’euthanasie pour souffrance psychique et aussi pour les patients atteints d’une affection psychiatrique.

    A relever aussi le fait que le Comité de Bioéthique s’exprime par rapport aux critiques fréquentes faites à l’égard du travail de la Commission Fédérale de Contrôle et d’Evaluation de l’Euthanasie (CFCE).

    A lire : Flash Expert : "En route pour un débat sur la loi euthanasie en Belgique ?"

    Et aussi : Flash Expert : Euthanasie pour « fatigue de vivre » ou  « anhédonie »

     

    Flash Expert : Belgique : vers un débat sur l’euthanasie des malades psychiatriques ?

    14/12/2017 - Fin de vie

    Le 26 octobre dernier, le Washington Post, publiait un article concernant la pratique de l’euthanasie en Belgique intitulé: « ‘What could help me to die ?’ Doctors clash over euthanasia ». L’article dévoile la façon dont la psychiatre belge Lieve Thienpont, psychiatre à Gand, traite les demandes d’euthanasie de ses patients. La journaliste américaine en vient à se questionner quant à l’efficacité du contrôle de l’euthanasie en Belgique, puisque, le président de la Commission de Contrôle et d’Evaluation de l’Euthanasie (CFCEE), le professeur Wim Distelmans, est impliqué dans l’affaire et est cité dans cet article.

    Dans un pays qui, en quinze ans, n’a jamais procédé à l’évaluation de sa loi euthanasie, et où il est même suspect de mettre en doute le bon fonctionnement de la Commission de Contrôle et d’Evaluation, cet article lance un pavé dans la marre.

    Il aura fallu qu’un quotidien étranger dévoile le contenu d’une lettre entre Distelmans et Thienpont pour que les Belges soient mis au courant du fait que tout n’allait pas bien dans le meilleur des mondes en matière d’euthanasie.

    Les faits
    Le 13 février 2017, le professeur Wim Distelmans adressait une lettre au Docteur Lieve Thienpont, psychiatre et présidente de l’ASBL Vonkel. Wim Distelmans, en plus de ses fonctions comme président de la CFCEE, est membre fondateur de LEIF (« LevensEinde InformatieForum ») et du groupe de médecins ULteam. (LEIF, ULteam et Vonkel : voir fin du document)                                               

    Quant à Lieve Thienpont, elle est connue pour son ouverture à la pratique de l’euthanasie des malades atteints de troubles psychiatriques, et a d’ailleurs publié une étude sur le sujet en 2015 dans le journal médical BMJ Open.
    Lieve Thienpont y expose le bilan de 100 patients psychiatriques qui, entre octobre 2007 et décembre 2011, lui ont été adressés pour une demande d’euthanasie. Sur ces 100 demandes, 48 ont...(Voir suite Flash Expert)

     


    Qu'est-ce que "la fatigue de vivre" ? Flash Expert

    14/12/2017 - Fin de vie

    Le débat aux Pays-Bas quant à savoir s’il faut avaliser dans le cadre légal actuel, l'euthanasie des personnes âgées qui ont le sentiment d'une « vie complète », ou qui sont fatiguées de vivre, même si elles ne sont pas malades, a commencé il y a deux ans.

    Dans une lettre adressée au Parlement, deux ex-ministres de la Santé et de la Justice soutenaient que « Les personnes qui pensent, après avoir mûrement réfléchi, avoir leur vie achevée (Voltooid leven), peuvent, dans des conditions strictes et selon des critères très précis, être autorisées à finir leur vie d'une manière qui leur semble digne ». Selon ces responsables politiques, il faut répondre à la demande d’une personne âgée qui revendique, au nom de son autonomie, qu’on provoque sa mort, puisqu’elle « ne voit plus de possibilité de donner un sens à sa vie, vit mal sa perte d’indépendance et a un sentiment de solitude ».

    La discussion a aussi commencé en Belgique, et le Comité Consultatif de Bioéthique de Belgique (CCBB) vient de rendre son Avis (Avis n°73), où s’y expriment les positions des différents experts.

    De quoi parle-t-on ?

    Les personnes qui trouvent leur vie complète ne sont généralement pas malades, ni en fin de vie. Elles peuvent cependant dépérir physiquement, devenir dépendantes et faire face à la perte de contrôle sur le déroulement de leur vie. S’ajoutent à cela, la perte du réseau social et le manque de...
    Flash Expert : "Fatigue de vivre, vie complète, anhédonie et euthanasie"