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Une biobanque de foetus pour la recherche

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[Français] 6 février 2018

Sommaire

  •   L’enregistrement des sédations palliatives palliera-t-il les euthanasies « camouflées » ?
  •   Le CHU d’Amsterdam demande les fœtus mort-nés pour développer la recherche
  •   la sédation palliative n’est pas un acte d'euthanasie masquée
  •   Canada – Ontario rogne la liberté de conscience des médecins
  •   Le Parquet de Bruxelles classe sans suite les plaintes contre Wim Distelmans
  • L’enregistrement des sédations palliatives palliera-t-il les euthanasies « camouflées » ?

    05/02/2018 - Fin de vie

    L’UZ Brussel, hôpital universitaire de la VUB, va désormais procéder à l’enregistrement systématique de chaque sédation palliative pratiquée en son sein.
    Le fait d'enregistrer les sédations n'est pas une première mondiale, puisque cela se fait déjà au Québec. Leur Loi “concernant les soins de fin de vie”, entrée en vigueur le 10 décembre 2015, prévoit que le médecin qui administre une sédation palliative continue doit préalablement obtenir un consentement libre et éclairé du patient ou de son représentant, quelles qu’en soient la profondeur ou la durée anticipée. Dans les 10 jours de l’administration de la sédation, il doit en informer le Comité des Médecins, Dentistes et Pharmaciens (CMDP) s’il exerce en établissement (ou le Collège des Médecins du Québec -CMQ - s’il exerce en cabinet). Ceux-ci évaluent périodiquement la qualité des soins et sédations pratiquées.

    Sous la houlette du Prof. Distelmans,oncologue à l’UZ Brussel et professeur de médecine palliative à la VUB, la direction de l’UZ a pris à son tour la décision d’un contrôle interne des sédations, afin, disent-ils, de créer une plus grande transparence au bénéfice des patients et de leur entourage, et d’optimaliser la réalisation technique de cet acte médical. L’enregistrement apporterait également une plus grande sécurité juridique au médecin.

    Wim Distelmans, qui est aussi président de la Commission Fédérale de Contrôle et d'Evaluation de l'Euthanasie, souhaite voir toute institution de soins s’y engager, afin d’éviter, selon lui, tant « les erreurs d’appréciation médicale », que « les euthanasies cachées ».
    Selon lui, la sédation est notamment utilisée comme moyen pour abréger la vie de patients palliatifs, afin de contourner l’obligation de déclaration des euthanasies. Détournée de son objectif initial, cette sédation n’est en réalité plus qualifiable de « palliative », puisque le but d’une sédation palliative est justement d’accompagner la personne en phase terminale sans accélérer sa mort naturelle, en diminuant sa conscience dans l’unique but de soulager sa douleur.

    Si le Dr Distelmans ne voit quant à lui aucun inconvénient de principe à accélérer la mort du patient par sédation, il soulève néanmoins le fait que cela se fait parfois sans concertation préalable avec le patient.
    Il plaide par conséquent pour qu’un cadre légal contraignant s’installe rapidement en Belgique autour de la pratique de sédation palliative, à l’image de celle existant pour les euthanasies.


    Une proposition de loi pour « clarifier » la pratique de la sédation dans les hôpitaux a été déposée à la Chambre en décembre 2017 (Voir Bulletin).
    Soutenu par la Ministre de la Santé Maggie de Block, ce débat est néanmoins contré par le CD&V. La députée Els Van Hoof voit dans cet engouement « une manière de détourner le débat de l’euthanasie, afin de cacher des négligences dans l’application de la loi euthanasie ».
    Elle ajoute que « la sédation palliative est un traitement médical normal pour atténuer la douleur. Celui-ci ne sera pas amélioré par plus d’administration, mais bien par plus d’expertise et d’équipes professionnelles ». (Bulletin)

    Source : De Morgen, CMQ.org

    Le CHU d’Amsterdam demande les fœtus mort-nés pour développer la recherche

    31/01/2018 - Début de vie

    Le CHU (Centre Hospitalier Universitaire) d’Amsterdam projette de créer en son sein une réelle « bio-banque de fœtus », visant à la mise à disposition de fœtus pour la recherche médicale.

    Quelques couples proposent déjà spontanément de « donner » leur enfant mort-né à la science, après une fausse couche ou un avortement, mais ce petit nombre de fœtus ne suffit plus pour la recherche approfondie que l’hôpital désire mener, annonce la médecin-embryologue Bernadette de Bakker. À tous les couples qui ont décidé de mettre fin à une grossesse, l’hôpital proposera désormais de leur laisser leur fœtus pour la recherche au CHU. C’est une première, au niveau international.

    En 2017, 10 couples de parents ont déjà accepté de donner leur enfant. L'idée de la bio-banque au CHU est lancée. Il est essentiel que les fœtus y soient amenés le plus rapidement possible, énonce le Dr De Bakker, dès que les parents ont donné leur consentement et fait leur adieu. Leur anonymat est garanti.

    Le CHU destine ces fœtus à deux types de recherches médicales, selon leur état. Les fœtus porteurs de handicaps génétiques serviront à l’étude des anomalies génétiques, qui sont la raison principale des avortements et des fausses couches. Afin d’informer au mieux les parents attendant un enfant, le Dr De Bakker espère pouvoir permettre la reconnaissance des anomalies de plus en plus tôt durant la grossesse.

    Les fœtus « normalement » constitués serviront à l’étude du développement des fœtus durant la grossesse, surtout entre la 10e et la 24e semaine de vie. Les fœtus de la bio-banque pourront en effet avoir jusqu’à 24 semaines, puisque c’est la limite légale pour avorter pour « raisons sociales » aux Pays-Bas. Dr De Bakker insiste sur le fait que les fœtus y seront traités avec le plus grand respect possible. « Un fœtus de 24 semaines mesure approximativement 30 cm, dit-elle, on ne parle pas ici d’un tas de quelques cellules ».

     Source : AMC.nl

     

    la sédation palliative n’est pas un acte d'euthanasie masquée

    31/01/2018 - Fin de vie

    En Italie, la célèbre Marina Ripa di Meana, a déclaré ne plus avoir besoin de partir en Suisse pour demander le suicide assisté, puisqu’elle avait découvert les soins palliatifs et la sédation « profonde ».

    Sa déclaration pose les deux actes comme des alternatives équivalentes, puisqu’ils provoqueraient tous deux la mort.

    En sa qualité de Président national de la Société italienne de soins palliatifs (SICP), Italo Penco tient à rappeler que ces pratiques ne sont pas alternatives, mais au contraire antinomiques.

    La sédation palliative est dite « profonde » lorsqu’elle induit un sommeil irréversible chez la personne mourante, dans le sens où le médecin ne la réanimera avant son décès naturel. Cette personne doit être en phase terminale et présenter des symptômes réfractaires. Renzo Puccetti, Professeur de bioéthique à l’Université catholique du Sacré-Cœur à Milan, met à juste titre en garde contre le risque de faire de la sédation profonde une sédation « euthanasique » camouflée.

    Néanmoins, contrairement à l’euthanasie et au suicide assisté, la sédation profonde pratiquée dans les règles de l’art ne vise pas à abréger la vie. Comparable à une anesthésie avant une intervention chirurgicale, elle ne provoque nullement le décès, mais induit la perte de conscience afin de soulager la personne jusqu’à son décès.

    Citant le cas de Mme Ripa di Meana, Italo Penco demande à ce que l’Italie agisse pour mieux faire connaitre les soins palliatifs, plutôt que de légaliser l’euthanasie et le suicide assisté.

    L’Etat n’a jamais fourni les ressources nécessaires à l’application correcte de la « Loi 38 » sur les soins palliatifs dans le pays. Les enfants ne sont pas épargnés : en Italie, seul 1 enfant sur 7 reçoit les soins palliatifs dont il a besoin.

    Source : Journal Avvenire

    Canada – Ontario rogne la liberté de conscience des médecins

    05/02/2018 - Clause de conscience

    Deux règlements de l’Ordre des Médecins de l’Ontario obligent tout médecin qui ne souhaite pas pratiquer l'euthanasie, à référer lui-même son patient demandeur d’aide au suicide vers un médecin ou centre médical qui la pratique.

    Pourtant, la loi canadienne sur l’aide médicale à mourir du 17 juin 2016 exprime explicitement qu’aucun médecin n’a l’obligation de pratiquer ni d’offrir son aide pour faire mourir quelqu’un, en vertu de son droit à la liberté de conscience.

    C’est pourquoi 4.700 médecins ont remis en cause la légalité des deux règlements devant la Cour supérieure de justice d’Ontario, pour violation disproportionnée de leur droit à la liberté de conscience.

    « Ces règlementations violent effectivement la liberté de conscience des médecins », a déclaré le juge Herman Wilton-Siegal, « mais la violation est justifiée », parce qu’elle participe à la protection du droit fondamental de chacun à un accès équitable aux soins de santé, l'euthanasie étant donc assimilée à un "soin".

    La Cour indique par ailleurs qu’il n’existe aucun droit d’accès à la profession de médecin. Les médecins objecteurs ont toujours la possibilité de changer de spécialité, et même quitter leur profession si cela leur pèse trop.

    La Cour estime que, si les médecins qui ont invoqué l’objection de conscience n’ont pour l’instant jamais empêché de patient de recevoir l’aide au suicide, le risque que cela se produise justifie son jugement. Dans la plupart des autres provinces canadiennes, le patient adresse sa demande à un centre, qui effectue les démarches pour mettre en contact patient et médecin prêt à l’assister dans son suicide.

    Si cette procédure est reconnue plus respectueuse de la liberté de conscience des médecins, les juges d’Ontario ont néanmoins estimé que donner aux médecins traitants eux-mêmes la tâche de mettre en contact la personne avec un centre ou un autre médecin était une chose raisonnable, puisqu’elle permettait au patient concerné de gagner un temps précieux. Elle justifierait donc leur participation indirecte au suicide de cette personne.

    Source : canadiansforconscience

     

    Le Parquet de Bruxelles classe sans suite les plaintes contre Wim Distelmans

    05/02/2018 - Fin de vie

    Le parquet de Bruxelles a classé sans suites deux plaintes qui visaient le docteur Wim Distelmans, le président néerlandophone de la Commission fédérale de contrôle et d'évaluation de l'euthanasie. Les deux plaignants ont chacun perdu leur mère dépressive à la suite d’une euthanasie pratiquée par le Dr Distelmans, et ils estiment que la loi n’a pas été respectée par celui-ci.

    Tom Mortier a déposé sa plainte fin 2014. Sa mère souffrait de dépression chronique, ce qui n’est pas une maladie incurable selon lui. De plus, le Dr Distelmans n'a jamais pris contact avec la famille avant de procéder à l'euthanasie. Il a enfin demandé l'avis d'un médecin conseil et d'un psychiatre tous deux membres de l’ASBL « LEIF » (Levenseinde Informatieforum ») qu'il préside. M. Mortier conteste dès lors l'indépendance de ces deux avis

    Le Dr Distelmans a rétorqué que la mère de Mortier souffrait de façon insupportable, qu’elle n'était plus soignée et lui avait demandé l'euthanasie à plusieurs reprises. Elle aurait demandé au médecin de ne pas faire part de son souhait à ses enfants, mais il aurait insisté pour qu'elle les avertisse. Tom Mortier confirme de son côté avoir reçu un mail de la part de sa mère. Le Dr Distelmans affirme par ailleurs que rien n’interdisait au médecin conseil d’être membre de la même association que lui. Deux autres psychiatres ont par ailleurs également été consultés.

    Le parquet de Bruxelles a conclu qu’il n'existait aucune preuve démontrant avec certitude la violation de la loi, et a par conséquent classé la plainte de Tom Mortier sans suites.

    Une deuxième plainte, déposée par Madame Margot Vandevenne, visait le Dr Distelmans pour des raisons similaires. Personne n’a prévenu la famille que la maman avait demandé l’euthanasie. Elle souffrait de dépression depuis un an, mais n’avait, à la connaissance de Margot, jamais été traitée pour cela. À nouveau, le Parquet a estimé qu’aucune preuve ne démontrait avec certitude la violation de la loi.

     Source : De Standaard

     

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