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Reins, cœurs, peau, cornées de porcs implantés chez des nouveau-nés

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[Français] 12 avril 2019

Sommaire

  •   Reins, cœurs, peau, cornées de porcs implantés chez des nouveau-nés
  •   Le développement du cerveau du fœtus varie selon le sexe
  •   CEDH : pas obligatoire de transcrire à l’état civil l’acte de naissance d’un enfant porté par autrui
  •   Le New Jersey : huitième Etat à légaliser le suicide assisté aux Etats-Unis
  • Reins, cœurs, peau, cornées de porcs implantés chez des nouveau-nés

    12/04/2019 - Recherche biomédicale

    Des xénogreffes aux chimères : une limite de plus en plus difficile à contenir.

    En Corée du Sud, aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, des chercheurs s’apprêtent à transplanter des organes et des tissus d’animaux chez l’homme : c’est la xénotransplantation.

    Les essais cliniques devraient ainsi conduire vers des greffes de cornées de porc, de reins, de cœurs porcins chez des nouveau-nés, de peau de porc sur des grands brûlés, mais aussi de sang, de cellules pancréatiques pour traiter les patients diabétiques, ou des cellules productrices de dopamine en cas de Parkinson.

    Les chercheurs ont peu à peu réussi à contourner la difficulté du rejet de l’organe animal par le corps humain, grâce à la technologie d’édition du génome : avec la technique CRISPR-Cas9 (Dossier de l’IEB), ils éliminent chez l’être humain « les marqueurs qui identifient les cellules de porcs comme étrangères, pour éviter toute réaction de rejet ».

    Une chose est de greffer du matériel corporel animal chez un être humain, à des fins thérapeutiques et pour pallier le manque d’organes et tissus humains disponibles. Autre chose est d’implanter du matériel corporel humain (comme des cellules humaines pluripotentes, induites ou issues d’embryons humains) dans des embryons d’animaux, en créant ainsi de véritables chimères : ces êtres proviennent donc à la fois d’une espèce animale et de l’espèce humaine.

    Le Japon vient de revoir ses directives en la matière afin d’autoriser ce type de recherche. Les directives n’imposent pas d’interrompre le développement de ces chimères après un certain nombre de jours, mais interdisent leur implantation dans l’utérus humain, de même que tout croisement ultérieur. Des bioéthiciens japonais ont pointé les problèmes éthiques de ces manipulations dans une lettre parue ce 4 avril.

    Fortuitement ou non, le jour-même de leur publication, un scientifique japonais annonçait un projet de recherche sur le développement d’un pancréas humain dans un porc.

    Pour Misao Fujita, professeur de bioéthique à l’Université de Tokyo, qui a sondé la réaction de la population japonaise, « les gens semblent préoccupés de ce que la frontière entre les humains et les animaux soit brouillée ». Même si les directives révisées n’autorisent pas la fertilisation de chimères homme-animal avec des gamètes humains, le prof. Fujita avertit qu’elles « n’autorisent ni n’interdisent explicitement la formation d’embryons humains-primates, qui pourraient servir à produire des modèles dotés de cerveaux humains ». Elle fait ici référence à une grande tentation de certains scientifiques, qui y voient la possibilité de créer des échantillons plus performants que les singes actuels pour traiter des maladies psychiatriques ou neurologiques.

    En Belgique, la loi relative à la recherche sur les embryons interdit « d'implanter des embryons humains chez les animaux ou de créer des chimères ou des êtres hybrides ».

     Sources : Gènéthique (4/4/2019), The Scientist Magazine (4/4/2019)

    Le développement du cerveau du fœtus varie selon le sexe

    04/04/2019 - Début de vie

    Une étude publiée sur le site ScienceDirect fait état d’une découverte majeure au sujet du développement du cerveau humain in utéro. « La présente étude démontre pour la première fois que le développement du cerveau du fœtus varie selon le sexe » écrivent les chercheurs.
    Grâce à des IRM menés sur 118 fœtus pendant la grossesse, il a été observé que les connections neuronales entre certaines aires du cerveau se développaient différemment chez les individus masculins et féminins, certaines connections présentes au féminin étant d’ailleurs absentes au masculin.

    Il n’est pas encore possible de dire quelles caractéristiques psychiques découlent de ces différences. Cependant, le psychologue Leonard Sax souligne que « le cerveau humain est sexué avant la naissance […] c’est une réalité empirique. » D’autres recherches ont étudié la transcription des gènes dans les cerveaux humains mâles et femelles, de la période prénatale à l’âge adulte. Il en résulte que la plus grande différence de transcription a lieu durant la période prénatale.

    On ne peut pas préjuger de ce qu’impliquent ces fonctions du cerveau. Cependant il serait hasardeux de dire que les différences de cerveau et de comportements entre hommes et femmes ne viennent que d’une construction sociale, puisqu’elles existent avant même que l’individu soit mis en contact avec la société.

    Sources : ScienceDirect.com - Psychologytoday.com - Nature.com

     

     

    CEDH : pas obligatoire de transcrire à l’état civil l’acte de naissance d’un enfant porté par autrui

    12/04/2019 - Procréation médicalement assistée PMA / GPA

    Ce mercredi, la Cour européenne des droits de l’homme a rendu son premier avis consultatif, qui concerne la gestation pour autrui : pour la Cour, le droit au respect de la vie privée de l’enfant requiert que le droit national permette la reconnaissance d’un lien de filiation entre l’enfant et la mère d’intention, mais ne requiert pas que cette reconnaissance se fasse par la transcription sur les registres d’état civil de l’acte de naissance établi à l’étranger. (Voir le Bulletin de l’IEB qui situe le cas juridique)

    Tout en reconnaissant timidement que la GPA comporte des risques d’abus et pose problème par rapport au droit de connaître ses origines, la Cour considère que l’intérêt supérieur de l’enfant comprend aussi « l’identification en droit des personnes qui ont la responsabilité de l’élever, de satisfaire à ses besoins et d’assurer son bien-être. » Elle en retire que les Etats doivent permettre la reconnaissance du lien de filiation entre l’enfant et la mère d’intention, mais estime que « le choix des moyens pour permettre la reconnaissance du lien enfants-parents d’intention tombe dans la marge d’appréciation des Etats ». A titre d’exemple, elle cite l’adoption comme un des moyens possibles. L’association Juristes pour l’enfance a précisé que « la transcription du jugement d’adoption tient lieu d’acte de naissance mais ne prétend pas être l’acte de naissance original de l’enfant ».

    La Cour a procédé à une étude de droit comparé couvrant quarante-trois États. Il en ressort que la gestation pour autrui est autorisée dans neuf de ces quarante-trois États, qu’elle parait tolérée dans dix (dont la Belgique) et qu’elle est explicitement ou implicitement interdite dans les vingt-quatre autres. L’enregistrement de l’acte de naissance étranger est possible dans 23 Etats, dont la Belgique et les Pays-Bas. Ne constatant pas de consensus européen sur la question, la Cour a donc préféré ne pas s’avancer sur le choix des moyens de reconnaissance du lien de filiation.

    Il n’empêche qu’en demandant aux Etats de reconnaître ce lien de filiation enfant – parent d’intention, elle entérine une pratique qui pose fortement question par rapport aux droits de l’enfant, un être humain vulnérable, dont la GPA fait automatiquement l’« objet » d’un contrat.

    Sources : CEDH (10/4.2019), juristespourlenfance.com (10/4/2019).

    Le New Jersey : huitième Etat à légaliser le suicide assisté aux Etats-Unis

    12/04/2019 - Fin de vie

    L’Etat du New Jersey (Etats-Unis) est en passe d’adopter une loi légalisant le suicide assisté. Il rejoindra ainsi sept autres Etats (Californie, Colorado, Oregon, Vermont, Washington, Hawaii, Montana) et la ville de Washington D.C, qui ont légalisé le suicide assisté aux Etats-Unis.

    La loi a déjà été adoptée par le Sénat et la Chambre des Représentants. C’est désormais au Gouverneur Phil Murphy de la signer pour qu’elle soit promulguée. Celui-ci s’est dit pressé de signer la loi, déclarant que « laisser aux résidents mourants et en phase terminale la dignité de prendre des décisions concernant leur fin de vie selon leur propre conscience est la bonne chose à faire. »

    La loi prévoit la possibilité pour un patient majeur en phase terminale (pronostic vital engagé à moins de six mois), conscient et en possession de toutes ses capacités mentales, de demander qu’on lui prescrive une dose létale. Elle n’exige donc pas que la souffrance soit insupportable ni que la maladie soit incurable. Deux médecins sont requis pour attester qu’il reste moins de six mois à vivre au patient. Le patient devra faire sa demande trois fois, deux fois à l’oral puis une fois à l’écrit, la demande écrite devant se faire devant deux témoins dont au moins un n’est ni un membre de la famille, ni un bénéficiaire du testament, ni le médecin traitant.

    Le projet de loi a fait réagir Diane Coleman, présidente de l’association « Not Dead Yet », un groupe de défense des droits des personnes âgées, malades ou porteuses de handicaps : « Il n’y a rien dans la loi qui protège les patients des erreurs médicales, de la contrainte exercée par les familles ou les compagnies d’assurance de mourir prématurément, et rien qui puisse empêcher les abus, y compris la possibilité qu’un héritier ou un soignant administre le traitement… Aucun témoin indépendant ou personnel médical n’est tenu d’être présent au moment du décès. »

    La loi se calque sur le modèle de celle promulguée dans l’Etat de l’Oregon en 1997. Dans cet Etat, le nombre de demandes n’a fait que croître. 24 personnes avaient obtenu le suicide assisté en 1998, contre 249 en 2018.

    Sources : Edition.cnn.com ; Eu.northjersey.com; Cbsnews.com; Nj.gov .

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