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Pays-Bas : le contrôle de l’euthanasie remis en cause par des chercheurs américains

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[Français] 24 novembre 2017

Sommaire

  •   Pays-Bas : le contrôle de l’euthanasie remis en cause par des chercheurs américains
  •   Belgique : l’euthanasie comme soin palliatif ?
  •   Palliaguide.be : les recommandations francophones belges de soins palliatifs
  • Pays-Bas : le contrôle de l’euthanasie remis en cause par des chercheurs américains

    21/11/2017 - Fin de vie

    La loi dépénalisant l’euthanasie et le suicide assisté aux Pays-Bas se décrit comme stricte et rigoureuse, et pourtant, une étude menée par David Miller and Dr Scott Kim du département de bioéthique au National Institutes of Health (NIH) (USA) suggère le contraire.

    Le but de leur étude est de comprendre comment les organes qui contrôlent et avalisent a posteriori les euthanasies, les Commissions RTE (Regionale Toetsingscommissies Euthanasie), définissent et évaluent les critères d'euthanasie et du suicide assisté (EAS) pour juger de leur conformité à la loi. Les chercheurs américains ont voulu aussi mesurer l’efficacité des RTE à fixer une limite claire dans la pratique de l’euthanasie et du suicide assisté.

    Ont ainsi été étudiés trente-trois cas d'euthanasies avalisés par les RTE mais qualifiés toutefois comme limites, advenus entre 2012 et 2016, où les RTE ont estimé que certains critères d’admission à l’EAS, critères dits « de minutie », n’avaient pas été respectés.
    Parmi ceux-ci, 22 concernent une ou plusieurs violations de critères de procédure, incluant des soins médicaux inappropriés et la consultation d’au moins un médecin indépendant.  Ainsi, dans quatorze cas, il a été jugé que les médecins n’avaient pas procuré au patient les soins médicaux appropriés à leur état, puisque leurs prescriptions de médicaments n'étaient pas adéquates (en posologie, administration ou ordre d’administration). Dans dix cas, les RTE ont souligné le fait que les médecins impliqués dans l'acte d'euthanasie n'étaient pas indépendants les uns des autres, comme l'exige pourtant la loi.

    Dans dix cas d'euthanasie par contre, il apparait qu'un ou plusieurs des critères d’évaluation de fond n'ont pas été respectés. Les critères de fond les plus souvent ignorés par les médecins sont ceux de « l’absence de perspective d’amélioration » et de « proposition d’une alternative à l’EAS ». Dans 6 cas, il est également apparu que des médecins avaient – entre-autre - manqué de rigueur dans leur évaluation du niveau de « souffrance insupportable » des patients. La plupart de ces cas contiennent en outre, selon le NIH, des éléments de diagnostics controversés.

    Le NIH conclut en constatant que même dans des cas de violation de critères de fond quant à l’admissibilité,  les RTE se concentrent sur la question de savoir si les médecins ont respecté les étapes et la procédure, plutôt que sur la justesse des diagnostics de fond. Ce faisant, les RTE ne vérifieraient en réalité pas l’admissibilité réelle d’une personne à l’euthanasie.

    Le Dr Scott Kim, venu à Anvers les 16 et 17 novembre 2017 pour animer la conférence organisée par la UCSIA à l’occasion d'un symposium "15 ans de la loi sur l’euthanasie en Belgique", y a réaffirmé dans le quotidien "De Standaard", sa position critique, non seulement à l’égard de la législation néerlandaise, mais à l’égard de la loi belge également.

     Sources : 15 years euthanasia in Belgium.

    Belgique : l’euthanasie comme soin palliatif ?

    21/11/2017 - Fin de vie

    Les chercheurs du Zorg rond het Levenseinde (VUB-UGent) viennent de publier les résultats d’une étude* réalisée en Flandre en 2013 sur 6.871 décès, montrant que 70% personnes ayant été euthanasiées ont bénéficié de soins palliatifs avant que le médecin ne provoque leur mort. Ceci démontre, énoncent les auteurs, que l’euthanasie n’est pas incompatible avec les soins palliatifs.

    Toutefois, les chiffres indiquent également que 30% des personnes ayant été euthanasiées n’ont pas bénéficié de cet accompagnement palliatif.

    Ce pourcentage interpelle puisque la loi dépénalisant l’euthanasie stipule que l’euthanasie n’est légale que si ont été « évoqu[ées] avec [le patient] les possibilités thérapeutiques encore envisageables ainsi que les possibilités qu'offrent les soins palliatifs et leurs conséquences ». L’étude annonce que la circonstance de bénéficier ou non de soins palliatifs au moment de la demande n’a aucune incidence sur les chances de se voir accorder l’euthanasie.

    Se pose ainsi clairement la question du « filtre palliatif » : une personne faisant la demande d’euthanasie ne devrait-elle pas automatiquement tenter d’être accompagnée par une équipe palliative qui, par sa compétence et son soutien, soulagerait sa douleur et sa souffrance, avant d’affirmer que sa souffrance est « insoutenable et inapaisable » ? Quid des cas où, au nom de l’autonomie du patient, la personne n’a pas souhaité que sa souffrance soit apaisée ?

    La Fédération européenne des soins palliatifs (EAPC) rappelle par ailleurs régulièrement qu’inclure l’euthanasie dans une dynamique de soins palliatifs est en totale contradiction avec la philosophie même de ceux-ci, puisque l’OMS (Organisation Mondiale pour la Santé) définit les soins palliatifs comme ceux qui « soutiennent la vie et considèrent la mort comme un processus normal » et « n’entendent ni accélérer ni repousser la mort ».

    La pratique de l’euthanasie ne serait-elle pas en train de miner le déploiement de l’accompagnement palliatif et l’endurance imaginative que l’on attend des soignants engagés dans celui-ci ?

    * Involvement of palliative care in euthanasia practice in a context of legalized euthanasia: A population-based mortality follow-back study

     Voir également le Dossier de l’IEB « Le modèle belge des "soins palliatifs intégraux" dénature-t-il la pratique des soins palliatifs ? » du 4 septembre 2015.

    Source : RTL, Bioedge

    Palliaguide.be : les recommandations francophones belges de soins palliatifs

    21/11/2017 - Fin de vie

    Ce 16 novembre 2017, la Fédération Bruxelloise de Soins Palliatifs et Continus, en partenariat avec la Fédération Wallonne de Soins Palliatifs [FWSP] et la Société Scientifique de Médecine Générale [SSMG] a annoncé l’arrivée de Palliaguide.be, un site web regroupant les premières recommandations francophones belges en matière de contrôle de symptômes en soins palliatifs.

    Aujourd’hui, les demandes et besoins de soins palliatifs sont en réelle augmentation, réquisitionnant de plus en plus de prestataires de soins. Pour répondre efficacement à ces situations, les prestataires ont donc besoin d’un support d’informations efficace et concret pour répondre à leurs questions de bonnes pratiques de terrain. Il existait déjà Pallialine.be, les guidelines flamandes, conceptualisées par la Federatie Palliatieve Zorg Vlaanderen [FPZV], mais jusqu’à présent, aucune des recommandations n’était écrite ni traduite en français.

    Rédigées par trois médecins membres de la fédération bruxelloise ayant une expérience en soins palliatifs et revues par un comité de relecture composé des médecins responsables des soins palliatifs des trois universités francophones du pays et d’un médecin représentant la SSMG, ces recommandations médicales suivent les avancées scientifiques sur le sujet et forment une aide concrète et rapide pour tout professionnel de la santé confrontés à des situations palliatives, médecins comme infirmières.

    Dans un pays comme la Belgique où l’euthanasie est dépénalisée, il est important de promouvoir également la pratique des soins palliatifs, afin qu’elle puisse devenir une solution concrète à l’accompagnement individualisé et humain auprès de chaque malade dont la douleur est efficacement soulagée. Ainsi, l’ouverture de ce site permettra non seulement d’ancrer la pratique des soins palliatifs parmi les professionnels de la santé, mais aussi de renforcer la formation des médecins et infirmières afin de fournir une meilleure qualité de prise en charge.

    Sources : Palliaguide.be

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