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Pays-Bas : la pilule abortive en vente chez le pharmacien ?

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[Français] 15 avril 2015

Sommaire

  •   Pays-Bas : la pilule abortive en vente chez le pharmacien ?
  •   France : prélèvement automatique d'organes sur une personne décédée ?
  •   Belgique : rembourser le stérilet et les patchs contraceptifs
  • Pays-Bas : la pilule abortive en vente chez le pharmacien ?

    15/04/2015 - Début de vie

    Un produit reconnu officiellement comme abortif pourrait bientôt être disponible en pharmacie aux Pays-Bas, sur simple présentation d’une prescription d’un médecin généraliste.
    Le Sunmedabon est une combinaison de mifépristone et de misoprostol assemblés dans un même conditionnement, et dont l’action conjuguée est depuis longtemps utilisée pour les avortements médicamenteux.
    Le Sunmedabon a été développé par une firme indienne, Sunpharma, à la demande de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Différentes branches des Nations-Unies participent ainsi à la distribution de ce produit abortif dans les pays où les femmes n’auraient pas accès à des structures d’avortement. C’est dans ce cadre restreint que Sunpharma aurait obtenu de vendre son produit sur le marché européen. Dans les précautions d’usage et la notice, il est indiqué que ce produit abortif peut uniquement être délivré dans un centre où les infrastructures sont disponibles non seulement pour assurer des opérations chirurgicales et de transfusions sanguines en urgences, mais aussi de réanimation, ce qui exclut d’office le simple cadre du médecin généraliste.
    Les instances officielles aux Pays-Bas se questionnent quant à la légalité de cette vente en officine sur simple prescription médicale, position contestée par Rebecca Gomperts et Gunilla Kleiverda, du lobby féministe « Women on Waves (WoW) », promouvant l’avortement et qui propose d’organiser des cours du soir pour les médecins afin de les informer sur l’usage du Sunmeadbon.
    WoW affirme en effet qu’on ne parle pas de grossesse avant 44 jours d’aménorrhée (16 jours de retard ) et que, dès lors, la loi dépénalisant l’avortement ne s’applique pas. Pour l’autorité d’inspection de la santé (Inspectie voor de Gezondheidszorg (IGZ)), ce raisonnement ne tient pas : le médecin qui prescrirait le Sunmedabon pourrait donc être poursuivi.

    Source : http://medischcontact.artsennet.nl/


     

    France : prélèvement automatique d'organes sur une personne décédée ?

    15/04/2015 - Fin de vie

    « Qui n'a dit mot, est supposé avoir consenti » : tel est actuellement le principe (consentement présumé) qui régit le prélèvement d'organes sur une personne décédée en France. Le prélèvement d’organes est dès lors possible si la personne n’a pas explicitement manifesté son refus de son vivant. La pratique montre cependant que les proches sont toujours consultés, et qu’un prélèvement n’est jamais réalisé sans leur accord. 
    Dans le cadre de la loi santé portée par la ministre Marisol Touraine, et approuvée en première lecture à l’Assemblée nationale le 14 avril, un amendement avait été adopté en commission des affaires sociales le 19 mars, prévoyant que le registre national devenait le moyen exclusif pour exprimer un refus de prélèvement. Les proches de la personne décédée étant de facto exclus de la procédure. 
    Le but d’une telle mesure, appelée consentement présumé et non opposable, était de faciliter et d’augmenter le nombre de prélèvements en vue de transplantations d’organes. « L'intérêt de cet amendement est de pousser les gens à s'exprimer de leur vivant », expliquait le Dr. Julien Charpentier, médecin réanimateur et coordinateur des prélèvements d'organes à l'hôpital Cochin à Paris. « On part du principe que si la personne ne s'est pas opposée clairement alors elle est favorable au don. (…) Cette mesure pourrait permettre d'aider les familles et de remettre au centre de la discussion la position du défunt, qui est la plus importante ». 
    Se faisant l'écho de la position de très nombreux soignants, Emmanuel Hirsch, directeur de l'Espace régional de réflexion éthique d'Ile-de-France, se montrait de son côté beaucoup plus critique : « cet amendement heurte nos valeurs éthiques de soignants [...]. Il est inconcevable de passer outre le témoignage d'une famille en deuil. Une telle attitude sera vécue par les familles comme une négation de la personnalité et de la mémoire du défunt. » 
    Face à ces réactions, la ministre Touraine a finalement décidé de revoir la disposition, revenant sur le caractère exclusif du refus préalable de la personne décédée. Le nouveau texte prévoit également que l'équipe médicale devra informer les proches du défunt préalablement au prélèvement d'organes.
    Rappelons qu'en Belgique, chaque citoyen est automatiquement considéré comme donneur, à moins de s'y opposer formellement. Dans les faits cependant, en Belgique, même si la famille n'a pas légalement le droit de s'opposer à un prélèvement d'organes, les proches sont  toujours consultés pour tenter de connaître l'opinion du donneur potentiel qui n'aurait pas enregistré sa volonté expresse ou son opposition au sein du Registre national. (voir bulletin de l'IEB).
    Source : Santé - Journal des femmes
     

    Belgique : rembourser le stérilet et les patchs contraceptifs

    15/04/2015 - Début de vie

    Affirmant que, si la contraception n’est pas efficace, c’est parce qu’elle est mal utilisée, le Dr. Anne Verougstraete, qui pratique elle-même des avortements, plaide pour des moyens contraceptifs plus efficaces et fiables, et qui ne dépendent pas d’un oubli de la femme.
    Or, le stérilet (qui a un effet potentiellement abortif) ou le patch contraceptif coûtent environ 150 euros et ne sont pas remboursés. Même si pour les jeunes filles de moins de 21 ans, la première utilisation est gratuite, le placement du dispositif coûte encore 36 euros. Seules quelques mutuelles interviennent partiellement dans le remboursement, mais la sécurité sociale ne le fait pas. « C’est regrettable, estime le Dr. Verougstraete, car nous savons qu’une femme sur trois subit des avortements à répétition. Si elles avaient un stérilet ou un patch, cela ne serait pas le cas, surtout si cela était remboursé ».
    Cet avis doit sans doute être relu à la lumière des chiffres du dernier rapport de la commission d’évaluation de l’avortement (2010-2011), qui détaille les modes de contraception ou non, utilisés par les femmes qui ont dû subir un avortement.
    Source : Belga