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Pays-Bas : euthanasie et don d’organes

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[Français] 12 mai 2016

Sommaire

  •   Pays-Bas : euthanasies et don d’organes
  •   Pays-Bas : euthanasie des enfants : élargir le cadre
  • Pays-Bas : euthanasies et don d’organes

    04/05/2016 - Fin de vie

    Aux Pays-Bas, pour la première fois, l’Erasmus Medisch Centrum (EMC) de Rotterdam en partenariat avec la Clinique de fin de vie a expérimenté une euthanasie avec plusieurs personnes bénéficiaires, pour un foie, un rein, un pancréas. Le prélèvement a dû se faire à l’hôpital et de manière assez rapide, car les patients attendaient dans cinq salles attenantes pour recevoir leur organe.

    Bien que cette pratique ne soit applicable que pour les patients non cancéreux, le don d’organes post-euthanasique gagne du terrain. Depuis 2012, on estime que des organes ont été prélevés sur 15 personnes euthanasiées, parmi lesquelles 9 personnes rien que pour 2015. Il n’existe cependant pas de sources statistiques officielles et fiables en la matière.

    La pratique du don d'organes lié à une euthanasie n’est pas sans poser certaines questions éthiques, comme le souligne l’article que le Dr Van Dijk, éthicien à l’Erasmus MC, a fait paraître en 2013 dans le Nederlands Tijdschrift voor Geneeskunde. Si l’on peut comprendre le souhait d’une personne d’être généreuse en donnant ses organes, il faut aussi s’interroger sur l’engagement et la pression que ce don représente, même si,  par délicatesse,  les médecins  insistent sur la totale liberté du patient de faire marche arrière jusqu’au dernier moment avant l’euthanasie.

    Comme il n’existe aucune recommandation de bonne pratique en la matière, une équipe d’universitaires rassemblant différents spécialistes des Pays-Bas est en train de se pencher sur cette question afin de mettre en place des directives.

    Source : Medischcontact.nl, Jaarverslag van de Regionale Toetsingscommissies Euthanasie 2015

    Pays-Bas : euthanasie des enfants : élargir le cadre

    04/05/2016 - Fin de vie

    En 2015, la NVK (Nederlandse Vereniging voor Kindergeneeskunde – Association néerlandaise de Pédiatrie) s’est penchée sur la prise en charge des enfants malades et en fin de vie et a publié sa  position  par rapport à l’euthanasie des enfants entre 1 et 12 ans. Elle y propose de faire une étude sur les soins à prodiguer aux enfants gravement malades et en fin de vie, en y incluant la possibilité de l’euthanasie, indépendamment de l’âge des jeunes patients, préférant se fonder sur la capacité de discernement.

    Le régime juridique néerlandais actuel permet l’euthanasie des enfants à partir de 12 ans, et celle des nourrissons de moins d’un an dont la « qualité de vie » n’est pas jugée satisfaisante (L'euthanasie des nouveaux-nés et le Protocole de Groningen).

    La NVK souhaite élargir le cadre légal actuel afin de permettre aux médecins de provoquer la mort de leurs jeunes patients gravement malades et peut être en fin de vie, au-delà des restrictions d’âge actuelles. Dans les cas où les enfants ne peuvent pas comprendre ni s’exprimer, le médecin, en accord avec les parents pourra lui-même décider de mettre fin à la vie du patient, comme cela se fait déjà pour les nouveau-nés. Pour faire suite à ce souhait, la Ministre de la santé Schippers a annoncé vouloir financer l'étude proposée par la NVK autour de la fin de vie des enfants, visant à identifier des critères d’acceptabilité d’une « aide à mourir » pour les médecins. La Ministre financera en outre la mise en place d’un « centre de soutien » (steunpunt) pour aider les pédiatres à la prise en charge des enfants gravement malades.

    En marge de ces travaux, la Ministre Schippers, dans un courrier adressé au Ministre de la Justice, a par ailleurs affirmé qu'il n’y a pas besoin de nouvelle loi (ni de débat parlementaire) pour permettre ces nouvelles pratiques. « S’il n’y a vraiment pas d’autres alternatives, le médecin peut provoquer activement la mort de l’enfant gravement malade. C’est une méprise de croire que le cadre légal actuel ne permet pas de provoquer la mort des enfants gravement malades. En effet, un médecin en cas de « force majeure » peut toujours faire appel à l’état de nécessité. » a déclaré la Ministre Schippers.

    Alors que l’euthanasie a été dépénalisée pour les enfants de plus de 12 ans aux Pays-Bas, les déclarations d’euthanasie pour les mineurs d’âge sont rares puisque, pour la période 2002-2015, 7 cas ont été déclarés.

    Sources : Volkskrant, Medischcontact.nl, NVK

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