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Pays-Bas : en 4 ans, doublement du nombre d’euthanasies et de suicides assistés déclarés

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[Français] 8 octobre 2014

Sommaire

  •   Pays-Bas : en 4 ans, doublement du nombre d’euthanasies et de suicides assistés déclarés
  •   Que les internés dépendent de la Santé publique et non plus de la Justice
  • Pays-Bas : en 4 ans, doublement du nombre d’euthanasies et de suicides assistés déclarés

    08/10/2014 - Fin de vie

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    Pour la cinquième année consécutive, l'euthanasie a poursuivi sa progression aux Pays-Bas, avec 4.829 cas déclarés en 2013, contre 2.636 cas en 2009. Les commissions régionales d’évaluation, qui contrôlent la conformité de l’acte d’euthanasie avec les conditions strictes de la loi, ont relevé des irrégularités dans 5 cas.
     Le rapport souligne l’explosion du recours à l’euthanasie, et en attribue la cause au fait que l'euthanasie est de plus en plus perçue dans la société comme acceptable, et qu'elle est surtout de plus en plus acceptée par les médecins qui la mettent en œuvre : ceux-ci connaissent de mieux en mieux la loi et passent donc plus aisément à l’acte.
    La plupart des cas répertoriés en 2013 concernait des malades du cancer soumis à d’importantes douleurs, sans perspective acceptable de traitement (3.588 cas d’euthanasies). Le rapport mentionne par ailleurs que l'euthanasie a été pratiquée sur des personnes atteintes de démence, un phénomène qui, même s'il reste limité (97 personnes), interpelle car il représente une progression significative par rapport aux années précédentes. L'euthanasie a également été administrée à 42 personnes souffrant de maladies mentales, contre 14 en 2012. A relever aussi, dans ces chiffres de 2013, que 251 cas concernaient des personnes âgées souffrant d’affections multiples et de désagréments divers liés à la vieillesse.
    L’euthanasie des personnes démentes ou en voie de le devenir est un enjeu important aux Pays-Bas. Certains médecins refusent encore d’euthanasier une personne atteinte de démence, même si elle a précédemment rempli une déclaration anticipée de fin de vie. Mais la NVVE (Nederlandse Vereniging voor een Vrijwillig levenseinde), association pour une fin de vie volontaire, multiplie les campagnes d’information et les conférences dans différentes villes du pays pour toucher un vaste public afin que les directives anticipées se multiplient. La NVVE défend la thèse que, dans sa lettre, la loi dépénalisant l’euthanasie aux Pays-Bas n'exclut pas l’euthanasie des personnes ayant clairement fait part de leurs dernières volontés, avant de perdre la faculté de les exprimer valablement.
     

    Que les internés dépendent de la Santé publique et non plus de la Justice

    03/10/2014 - Bioéthique, droit et politique

    C'est ce que vient de recommander l’Académie royale de médecine. Le Dr Rudy Verelst, psychiatre-coordinateur au SPF Justice, a déclaré lors du symposium sur l’expertise psychiatrique organisé au sein de l’Académie royale de médecine de Belgique que la santé des détenus est nettement plus mauvaise que la moyenne de la population du pays. Les prisons belges hébergent actuellement 11.202 détenus (chiffres d’août 2014). A peu près 10% d’entre eux – 1.084 personnes – sont des « internés ». Alors qu’ils nécessitent des soins médicaux appropriés, ils se retrouvent en prison.
    A côté de deux centres francophones, deux institutions flamandes vont voir le jour mais l’ensemble de l’offre ne résout qu’une partie du problème. Des internés (la moitié souffre de troubles de la personnalité) resteront en prison. Outre le réel problème de santé publique posé par cette situation, cet état de fait continuera à exposer notre pays à la critique voire à des condamnations internationales.
    La Belgique francophone dispose de l’Etablissement de défense sociale de Paifve et des Marronniers situés à Tournai. Dans ces établissements, les internés peuvent plus ou moins recevoir des soins ad hoc. En Flandre, aucune institution n’existe pour le moment. Deux centres sont prévus à Anvers et à Gand. Ces deux centres pourront accueillir 526 internés sur 712. Le compte n’y est donc pas, souligne le Dr Verelst. Une portion d’internés tant « néerlandophones » que « francophones » resteront en prison. C’est pourquoi, l’Académie royale de médecine a recommandé que les internés dépendent de la Santé publique et non plus de la Justice, ce qui mettrait les malades internés et « libres » sur le même plan.  Source : le Journal du Médecin