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L’euthanasie reste interdite en Afrique du Sud

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[Français] 9 décembre 2016

Sommaire

  •   Afrique du Sud : l’euthanasie reste interdite
  •   Brésil : vers une décriminalisation de l’avortement ?
  •   Royaume-Uni : vers une recherche sans restriction sur l’embryon ?
  • Afrique du Sud : l’euthanasie reste interdite

    08/12/2016 - Fin de vie

    Le mardi 6 décembre, la justice sud-africaine a cassé un jugement rendu en 2015, qui accordait à Robin Stransham-Ford, un avocat à la retraite atteint d’un cancer de la prostate en phase terminale, le droit à l’euthanasie. La Haute Cour de Pretoria avait alors reconnu au malade le droit d’accéder à un programme de suicide assisté. Le patient était néanmoins décédé avant le rendu du verdict. 

     

    Le gouvernement sud-africain avait aussitôt fait appel et vient donc d’obtenir gain de cause auprès de la Cour suprême, qui a cassé le jugement. Celle-ci a effectivement estimé que l’accord qui avait été donné au malade n’était plus valable, celui-ci étant décédé avant la décision du tribunal de Prétoria, et sans que celui-ci n’en ait été averti.

     

    Le gouvernement s’est félicité de cette décision de la Cour suprême, rappelant que l’euthanasie allait à l’encontre de la Constitution. Le ministre de la Justice Michael Masutha s'est dit « soulagé » : le jugement précédent « aurait pu avoir des implications considérables sur le droit  établi à la vie », a-t-il expliqué.

    Judgement or the Supreme court of appeal of South Africa

    Source : Bioedge - BBC

    Brésil : vers une décriminalisation de l’avortement ?

    08/12/2016 - Début de vie

    Le mardi 29 novembre, la Cour suprême du Brésil a pris la décision de lever les sanctions infligées à cinq employés d’une clinique de Rio de Janeiro qui avaient procédé à un avortement clandestin en 2013. Le motif invoqué par la Cour suprême est que pratiquer un avortement avant trois mois de grossesse ne pouvait être considéré comme un crime.

     

    Au Brésil, depuis 1984, l'avortement est pourtant inscrit dans le code pénal comme « un crime contre la vie humaine ». L'IVG (interruption volontaire de grossesse) y est donc passible de 1 à 3 ans de prison ferme, et n’est autorisée que dans trois situations : lorsque le fœtus est dépourvu de cerveau (acéphale), lorsque la vie de la future mère est menacée ou lorsque la grossesse est consécutive à un viol.

     

    Selon le juge Roberto Barroso, l’un des ministres de la Cour suprême, criminaliser l’avortement « violerait les divers droits fondamentaux des femmes » et serait « incompatible avec les droits sexuels et le droit à la reproduction des femmes qui ne peuvent être contraintes par l’Etat de poursuivre une grossesse non désirée ». Criminaliser l’avortement irait également à l’encontre de « l'intégrité physique et psychique des femmes enceintes ». Une source de l’AFP a expliqué que, quand bien même cet arrêt n’était aujourd’hui valable que pour ce dossier en particulier, ne faisant donc pas nécessairement jurisprudence, il pourrait toutefois être utilisé comme précédent pour d'autres cas.

     

    Face aux différentes réactions, le président de la chambre des représentants du Brésil, Rodrigo Maia, a demandé de suspendre la décision en attendant la création d’un comité spécial en vue de légiférer clairement sur la question de l’avortement. Il a ainsi expliqué que « chaque fois que la Cour suprême tente de légiférer en lieu et place de la chambre des représentants ou du congrès national, nous devons répondre, confirmer ou corriger la décision de la Cour, comme c’est le cas en ce moment même ».


    Source : SPUC, Belga

    Royaume-Uni : vers une recherche sans restriction sur l’embryon ?

    08/12/2016 - Recherche biomédicale

    Passer de 14 jours à 28 jours et ainsi doubler le délai inscrit dans la loi encadrant la recherche sur les embryons humains :  voilà la demande que des scientifiques viennent d’exprimer publiquement lors du congrès médical Progress Education Trust au Royaume-Uni. Actuellement, la durée légale est fixée à 14 jours. Cette durée n’a pas été choisie par hasard car il est généralement admis qu’avant le 14e jour il n’y a pas de trace de formation de la colonne vertébrale.

    Justifiant leur requête par le fait qu’aujourd’hui de nouvelles techniques permettent aux chercheurs de doubler le temps de conservation des embryons en laboratoire, les scientifiques arguent que de telles expériences permettraient de mieux appréhender les remèdes à certains types de cancers ou de maladies cardiaques ou congénitales…

    Faire passer le délai de 14 à 28 jours ne participerait pas à un phénomène de « pente glissante » selon certains scientifiques, avis que ne partage pourtant pas la philosophe Mary Warnock, à l’origine du rapport Warnock qui fixa en 1984 la durée limite de 14 jours. Celle-ci explique que ce délai doit permettre à la recherche d’avancer dans un cadre qui reste toutefois strictement contrôlé.  Un collectif de médecins s’est également opposé à ce prolongement, dont le professeur Anthony McCarthy, de SPUC (Society for the Protection of Unborn Children), opposés à la recherche sur les embryons humains. Ces derniers considèrent en effet cette demande de prolongation à 28 jours comme une « pente glissante qui aboutira forcément à une recherche sans restriction sur les embryons ».

    Rappelons qu’en Belgique, la loi « relative à la recherche sur les embryons in vitro » est déjà effective depuis mai 2003. Elle permet l’utilisation des embryons surnuméraires issus de la procréation médicalement assistées (PMA) mais elle autorise également la création d’embryons uniquement à des fins de recherche. La loi de 2003 répond à plusieurs objectifs : autoriser voire stimuler la recherche pour « permettre l’élargissement des connaissances », tout en édictant certaines limites ainsi qu’une totale transparence des pratiques : la sélection génétique, le clonage à caractère reproductif, l’implantation d’embryons humains chez des animaux ou encore l’utilisation des embryons, gamètes et cellules souches embryonnaires à des fins commerciales.


    Source : The Guardian

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