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L'euthanasie menace réelle pour la pratique de la médecine

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[Français] 24 janvier 2018

Sommaire

  •   L'euthanasie est une menace réelle pour la pratique de la médecine
  •   Quand l’idéologie s’empare du débat sur l’euthanasie
  •   Diminution du nombre d’avortements depuis l’an 2000 aux Pays-Bas
  • L'euthanasie est une menace réelle pour la pratique de la médecine

    19/01/2018 - Procréation médicalement assistée PMA / GPA

    Le Professeur belge Benoît Beuselinck, médecin oncologue de la KUL, révèle dans un ouvrage universitaire, « Euthanasia and Assisted Suicide : Lessons from Belgium » que des infirmières et des assistantes sociales d’un hôpital belge démissionnent de l’unité de soins palliatifs, parce que celle-ci se transforme en « maison de l’euthanasie ».

    Ces infirmières ne veulent plus être réduites à préparer les patients et leurs familles aux injections létales, et considèrent que les demandes d’euthanasie sont « un fardeau impossible », « en complète contradiction avec leur désir initial d’administrer d’authentiques soins palliatifs aux personnes en phase terminale ».

    Le professeur Beuselinck estime que l'euthanasie constitue une « menace réelle pour la pratique de la médecine », car elle mine le moral et court-circuite les efforts consentis par les équipes de soins de fin de vie.

    Il fait remarquer que de nombreux médecins hospitaliers évitent les demandes d'euthanasie en les renvoyant aux unités de soins palliatifs, « pensant que ces médecins sont habitués à traiter les questions de fin de vie ». (…)

    Les médecins et infirmières en soins palliatifs se voient obligés d’euthanasier des patients qui leur ont spécifiquement été envoyés à cette fin. Au sein du service concerné par les démissions, une chambre avait de facto été affectée aux euthanasies, pratiquées « à la chaîne », tant la liste d’attente des patients transférés devenait longue.

    Selon le Professeur, certaines unités de soins palliatifs cherchent à ne plus admettre les patients qui ont une demande active d'euthanasie, afin d’empêcher leur service de devenir le lieu d'exécution de toutes les demandes d'euthanasie de l'hôpital. Encore faut-il que leur décision soit acceptée.

    La question de la liberté des équipes médicales et des institutions de soins par rapport à la pratique de l’euthanasie se pose ici avec acuité.

    Voir Dossier de l'IEB : "La liberté des institutions de soins eu égard à la pratique de l'euthanasie"

    Ook in het nederlands: De vrijheid van de zorginstellingen ten opzichte van de toepassing van euthanasie

    Quand l’idéologie s’empare du débat sur l’euthanasie

    19/01/2018 - Fin de vie

    Hans Geybels, Professeur de théologie à la KUL, a lancé dans le magazine Knack un appel pressant à sortir de la dichotomie « conservateurs-progressistes » lorsqu’il s’agit de débats bioéthiques tel que celui sur la fin de vie. Ce sont des sujets trop importants que pour être sacrifiés sur l’autel des convictions idéologiques, il s’y joue bien plus qu’une victoire entre idées conservatrices ou progressistes.

    Que signifient d’ailleurs ces termes dans le débat ? Le progressisme semble vouloir rompre avec tout ce qui touche au passé, le conservatisme au contraire maintenir ce passé sans rien y changer. N’a-t-on rien d’autre à proposer pour la fin de vie ?

    L’auteur refuse de croire que l’un de ces deux camps détienne la vérité. Celle-ci ne se trouve pas dans les idéologies et, quand bien même la vérité serait immuable, l’homme ne peut pas la considérer aussi facilement à sa portée. C’est pourquoi, selon l’auteur, la vérité invite toujours à la prudence : les hommes persuadés de la détenir ont trop souvent abouti à la violence, avec les conséquences que l’histoire nous enseigne.

    Il constate au sujet de l’euthanasie pour souffrance psychique, que l’immense majorité des psychiatres plaide depuis quelques années pour la plus grande des prudences. Pourquoi dans ce cas expédier le règlement de cette problématique dans la loi ? Ces psychiatres peuvent-ils réellement être accusés de faire la promotion d’un conservatisme dépassé ?

    Geybels nous met en garde : vu l’actualité, l’euthanasie semble être devenue la proie d’une lutte idéologique. Et les positions adoptées sur ces sujets peuvent en arriver à menacer non pas nos convictions, mais notre humanité. L’empressement de certains traduit une vision de l’homme qui glisse vers « l’homo economicus » : la dignité d’une personne se voit calculée sur base d’une échelle aux paramètres économiques : que rapporte-t-elle à la société, et que lui coûte-t-elle ?

    Il s’agit là d’une réalité qui n’est ni progressiste, ni conservatrice. Il s’agit d’une réalité issue de notre « système de pensée néo-libéral » selon les psychiatres Paul Verhaege et Dirk De Wachter. Un constat qui invite les deux « camps » à dépasser leurs oppositions pour entamer une réflexion et un dialogue approfondis.

    Diminution du nombre d’avortements depuis l’an 2000 aux Pays-Bas

    19/01/2018 - Début de vie

    Dans son rapport publié le 17 janvier 2018, l’Inspection Santé et Jeunesse néerlandaise a annoncé une baisse à peu près linéaire des recours à l’avortement depuis l’an 2000 (sauf pour l’année 2015).

    Au total, en 2016, 30.144 femmes ont interrompu leur grossesse, soit 659 de moins qu’en 2015. Un peu plus de 3;000 adolescentes, dont 65 de moins de 15 ans, ont été concernées cette année.

    Sur les 30.144 femmes concernées en 2016, 3;650 (soit un peu plus d’une sur 8) se sont rendues aux Pays-Bas depuis l’étranger spécialement pour leur avortement.

    Si les médecins des cliniques d’avortement restent ceux qui pratiquent la majorité des avortements, les hôpitaux « généralistes » constatent que leurs gynécologues et sages-femmes ont de plus en plus souvent à les pratiquer également.

    Annet Jansen, présidente de la « Fédération néerlandaise des Médecins pratiquant l’avortement » (NGvA), justifie cette implication des hôpitaux par l'impact décisif du diagnostic prénatal, et de là parfois au recours à l'avortement.

    Source : Medischcontact

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