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La libéralisation du "Trans"

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[Français] 11 janvier 2018

Sommaire

  •   La libéralisation du "Trans"
  •   Sentiments de femmes après l’avortement
  •   Les psy se mobilisent par rapport à la loi euthanasie
  • La libéralisation du "Trans"

    09/01/2018 - Bioéthique, droit et politique

    La loi du 10 mai 2007 relative à la transsexualité a été révisée et est entrée en vigueur le 1er janvier 2018. Elle facilite désormais la procédure administrative et médicale pour changer de sexe.

    Le nouveau texte se base sur l'autodétermination, sans demander l'avis des médecins ou des psychologues. Il supprime la condition obligatoire de stérilisation, et règle les liens de filiation des personnes transgenres après le changement de sexe. Il supprime les conditions médicales dans la procédure de changement de prénom et la possibilité pour toute personne intéressée de s'opposer à un changement de sexe dans l'acte de naissance. Enfin, il instaure un certain nombre de garanties contre la fraude et les changements de sexe irréfléchis.

    Entre janvier 1993 et le 30 juin 2017, 992 personnes ont officiellement changé de sexe en Belgique. Deux tiers de ces personnes sont devenues des femmes.

    Pour rappel, la France avait été condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme début avril 2017, pour avoir soumis la reconnaissance du changement de sexe à une opération entraînant une très forte probabilité de stérilité.

    L'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes (l’IEFH) et Amnesty International reprochaient à la loi belge d’imposer elle aussi la stérilisation irréversible aux personnes voulant changer de sexe, ainsi qu’un examen psychiatrique préalable à toute reconnaissance de leur identité de genre. Cette révision fait « correspondre la loi aux obligations internationale en matière de droits de l'homme », tels qu’interprétés par la Cour européenne des droits de l’homme.

    Source: La libre, RTBF.be

    Sentiments de femmes après l’avortement

    09/01/2018 - Début de vie

    Publiée dans le Journal of American Physicians and Surgeons, une étude dirigée par le prof. Priscilla K. Coleman, Ph.D., a tenté d’appréhender à grande échelle les conséquences personnelles vécues par les femmes suite à un avortement.  En 2012 et 2013, 987 femmes se sont portées candidates pour approfondir les aspects positifs et négatifs de leur expérience vécue.
    Les réponses aux deux « simples » questions posées, ne reflètent pas, selon les chercheurs, les théories féministes actuelles.

    Quel changement positif principal la femme a-t-elle ressenti suite à son avortement ?
    245 femmes annoncent désormais pouvoir apporter une aide concrète aux femmes en situation de détresse avant ou après un avortement ; 49 s’impliquent dans des mouvements de défense de la vie. 243 femmes, soit 31,6 %, expriment par contre n’avoir pu retirer aucun bénéfice personnel de leur avortement.

    Pour la plupart, ces implications positives n’ont émergé qu’après des années voire décennies de détresse psychologique.

    Quel a été l’effet négatif principal de l’avortement ? 187 femmes ressentent surtout la perte d’un enfant ?
    114 sont tombées en dépression sévère ; 110 femmes ont principalement éprouvé une grosse culpabilité ; 98 de la haine ou de la colère vis-à-vis d’elles-mêmes ; 86 de la honte et 73 surtout du regret ; 71 femmes ont succombé à une addiction à la drogue ou l’alcool ; 61 ont adopté des comportements autodestructeurs ; 60 femmes ont souffert d’un manque d’estime de soi, 56 d’anxiété et 49 de pensées suicidaires.

    Beaucoup disent avoir vécu leur avortement comme un moment-pivot, un basculement dans leur estime d’elle-même, leur personnalité et leurs relations.

    Si beaucoup de femmes (73,8%) ont évoqué des pressions extérieures (33,2 % se sentaient émotionnellement liées à leur fœtus), la majorité dit avoir assumé son choix. Mais 66 % parmi elles ont ajouté savoir qu’elles commettaient une erreur.

    Les auteurs de l’étude constatent qu’on se questionne rarement sur l’influence des services d’avortements facilement accessibles en rapport avec le bien-être émotionnel des femmes. On étudie les facteurs de risques d’un avortement, mais pas ses conséquences, dénoncent-ils.

    Les conditions économiques et sociales ont été démontrées déterminantes sur la décision d’avorter aux Etats-Unis. « En tant que société qui donne priorité à la liberté et au choix, nous avons l’obligation éthique d’offrir les structures sociales nécessaires pour rendre le choix à la maternité aussi facile que le recours à l’avortement », conclut l’étude.

     L'étude : ICI

    Les psy se mobilisent par rapport à la loi euthanasie

    09/01/2018 - Fin de vie

    Un appel paru dans De Morgen relaie une lettre adressée à toute la profession médicale belge, pour demander une réévaluation de la loi euthanasie afin de lutter contre les dérives et les transgressions impunies de l’euthanasie pour souffrance psychique :

    « Affiner les critères de souffrance psychique, faites évaluer chaque cas par une commission a priori, ou, de préférence, reconsidérez la loi euthanasie pour ne plus y inclure la seule souffrance psychique insupportable et incurable comme motif d’euthanasie, voilà ce qui serait véritablement porteur de vie »

    demandent les 150 cliniciens qui l’ont déjà co-signée.

    À l’initiative de cet appel à signatures se trouvent parmi d’autres Ariane Bazan, psychologue clinique et professeure à l’ULB, et An Haekens, médecin en chef du centre de soins « Alexianen » à Tirlemont.

    « Les psychiatres et psychologues nous transmettent spontanément leur accord pour co-signer la lettre, commente Haekens, cela en dit long sur les prises de conscience par rapport à la situation actuelle, et la manière dont celle-ci est vécue. Le mécontentement est grand ».

    « Chaque organisation qui se respecte doit se livrer à un moment à l’introspection son fonctionnement… Ici, il n’en serait apparemment pas question ».

    Leur appel fait suite à la révélation du clash entre les médecins pro-euthanasie Distelmans et Thienpont, à propos de la pratique d’euthanasie pour souffrance psychique douteuse de Thienpont. Distelmans, opposé l’évaluation proposée, a réagi à cet appel : « Si les praticiens sont à ce point convaincus de malfaisances, qu’ils portent plainte ».

    Les co-signataires de la lettre sont pour l’instant majoritairement néerlandophones.

    Le psychanalyste Francis Martens, président de l’« APPPsy » (Fédération Nationale des Psychologues Praticiens d'orientation Psychanalytique), a pris la plume pour relayer cet appel dans le monde médical francophone.

    Il demande à ce que les praticiens du monde « psy » partagent la lettre de Bazan (disponible en FR et NL), et rejoignent le mouvement en la signant, s’ils souhaitent, eux aussi, voir la loi euthanasie réévaluée.

    Pour participer à la pétition (ICI),

     Source : De Morgen