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Les opérations transgenres, un succès grandissant

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[Français] 14 mars 2018

Sommaire

  •   Les opérations transgenres, un succès grandissant
  •   Fécondation in vitro et travail : éviter les discriminations
  •   Pays-Bas : 4 nouvelles euthanasies sous enquête pénale
  •   Inde : autoriser l'arrêt des soins et des traitements quitte à provoquer la mort
  • Les opérations transgenres, un succès grandissant

    09/03/2018 - Statut du corps humain - Posthumanisme

    En Belgique, certains soins apportés aux personnes transgenres sont désormais couverts. La Ministre de la Santé a annoncé en 2016 réserver un budget de 1,17 millions d’euros à leur accompagnement psycho-social.

    Depuis l’entrée en vigueur de sa convention du « soin transgenre » ("transgenderzorg") en octobre 2017, les personnes transgenres ont le droit de se faire rembourser jusqu’à quinze séances de soins psychosociaux et obtenir un forfait pour leur traitement hormonal, à condition de consulter dans deux centres spécifiques, à l'UZ Gent ou à Liège.

    À l’UZ Gent, 581 personnes transgenres ont déjà pu bénéficier de cet accompagnement. 524 adultes et 57 enfants ou adolescents.

    Aux Etats-Unis, le nombre d’opérations génitales de personnes transgenres a quadruplé entre 2000 et 2014. Loren Schechter, chirurgien spécialiste en la matière, transforme aujourd’hui les organes génitaux de près de 300 personnes par an, contre 50 en 2000.

    Afin d’étudier les raisons de cette tendance, trois chercheurs de l’Ecole de médecine de l’Université de Baltimore (Maryland) ont rencontré 37.827 personnes transsexuelles ou transgenres.

    Parmi elles, 4.118 (11%) ont subi une opération génitale, principalement après le début des années 2000.

    En plus d’une prise de conscience de la population, d’actions anti-discrimination dans le pays et d’un environnement social par conséquent plus tolérant, une raison pourrait en être le financement de l’opération par une assurance médicale. Aux USA, un nombre grandissant d’assurances mettent fin à l’exclusion des opérations transgenres dans leur couverture.

    "La nécessité médicale des opérations transgenres pour le bien-être physique et psychologique de ces personnes commence à faire consensus parmi les experts", souligne le chercheur Kellan Baker. Par conséquent, « seul » 39 % des personnes ont financé elles-mêmes leur opération entre 2012 et 2014. Sur les 4118 personnes ayant fait le pas, près de la moitié (+- 40 %) a été soutenue par son assurance santé.

    « Si la personne est mineure, explique le Professeur Rachel Bluebond-Langner, du centre médical Langone à la NYU, elle a besoin de l’accord de ses parents ». Dans son expérience, très peu de patients ont subi une opération génitale avant leurs 18 ans. Accompagnés, ils tentent éventuellement d’inhiber par des hormones la croissance de leurs attributs sexuels (pilosité, seins, pomme d’Adam…). Et « Pour les jeunes, nous savons que le meilleur traitement reste un environnement qui le soutient, à la maison, à l’école et dans la communauté ».

     Source : Journal du médecinWashington Post

     

     

    Fécondation in vitro et travail : éviter les discriminations

    08/03/2018 - Procréation médicalement assistée PMA / GPA

    Un article paru dans De Standaard évoquait la difficulté rencontrée par de nombreuses femmes de conjuguer un traitement de fécondation in vitro (FIV) et leur travail. L’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes rappelle que les problèmes rencontrés par les travailleuses dans leurs relations de travail peuvent relever d’une discrimination.

    Le traitement, « exigeant et contraignant », implique des conséquences, notamment sur le lieu de travail. Il peut en effet être difficile pour le couple de concilier leur emploi et leur suivi médical. L’Institut s’est joint à l’action d’une femme licenciée en raison d’absences liées à ses traitements de FIV. Le Tribunal du travail d’Anvers a reconnu en avril 2017 qu’un licenciement imposé à une femme, en raison de traitement de fertilité, revient à une discrimination fondée sur le sexe.

     « La grossesse, la maternité et la procréation médicalement assistée sont des réalités physiques qui ne concernent que les femmes et qui ne peuvent faire l’objet de traitements défavorables ou discriminations liées à ces situations » rappelle Michel Pastel, Directeur de l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes.

    L’Institut recommande aux travailleuses d’informer par écrit et par recommandé leur employeur de leur traitement médical, puis de leur grossesse, afin d’augmenter leurs chances d’être protégées contre ce type de discrimination.

    Source : IEFH

    Pays-Bas : 4 nouvelles euthanasies sous enquête pénale

    09/03/2018 - Fin de vie

    En 2017, les Commissions régionales de contrôle de l’euthanasie néerlandaises (RTE) ont jugé 12 cas (sur les 6.585 déclarés) non-conformes aux exigences de la loi de 2002. 10 dossiers ont déjà été examinés par le Ministère Public, et sur ceux-ci, 4 font désormais l’objet d’une enquête pénale.

    Deux des 4 euthanasies sous enquête ont été pratiquées par un même médecin gériatre, de la « Levenseindekliniek ». Il a euthanasié une personne atteinte d’Alzheimer sur base de sa déclaration anticipée, sans pouvoir démontrer qu’elle se plaignait de souffrances et avait à un moment confirmé sa volonté de mourir avant qu’il ne passe à l’acte. Aucun des trois autres médecins impliqués dans la procédure n’avaient par ailleurs jugé insupportable sa souffrance. (Voir ICI)

    L’autre personne souffrait de polypathologie, et a été euthanasiée alors que souffrance était encore apaisable, a jugé le RTE.

    La troisième personne euthanasiée souffrait également de polypathologie. Son médecin, insistant d’abord qu’elle rencontre un spécialiste des affections pulmonaires, avait fini par accepter de l’euthanasier. Les RTE lui ont reproché d’avoir évalué « trop à la légère » le caractère inapaisable de ses souffrances.

    La quatrième personne, atteinte de cancer, était en soins palliatifs et tombée dans le coma l’avant-veille de son euthanasie, sans déclaration anticipée d’euthanasie. Le médecin reconnaît avoir subi des pressions de la part de la famille. 

    Dans ces 3 derniers cas d’euthanasie, les médecins SCEN (dont le rôle est de donner un second avis indépendant sur une demande d’euthanasie) avaient donné leur approbation.

    Ces enquêtes ne mèneront pas nécessairement à un procès pénal, prévient le Ministère public. Cette décision reviendra, en fin d’enquête, au Collège des Procureurs Généraux.

    René Héman, président de la KNMG (Association royale des médecins des Pays-Bas) réagit en insistant qu’ « il s’agit là de sujets complexes, notamment l’euthanasie pour cause de démence avancée ou de souffrance inapaisable… Médecins, juristes et grand public en débattent depuis très longtemps. Une norme claire est cruciale tant pour la sécurité juridique des médecins que pour la population, afin de préserver sa confiance dans le corps médical et la pratique d’euthanasie néerlandaise ».

     Source : Medisch Contact


    Inde : autoriser l'arrêt des soins et des traitements quitte à provoquer la mort

    13/03/2018 - Fin de vie

    Ce vendredi 9 mars 2018, la Cour Suprême d’Inde a reconnu aux personnes le droit de refuser, par voie de directives anticipées ou demande actuelle, tout traitement médical dans le but précis de se laisser mourir.

    D’après elle, l’article 21 de la Constitution indienne, qui déclare le droit à la vie, à la liberté et la dignité, sous-entend un droit de chaque personne à une mort dans la paix et la dignité, sans souffrir. Ce droit impliquerait celui de refuser, de manière anticipée le cas échéant, tout traitement que le patient jugera inopportun.

    Cette euthanasie peut prendre la forme d’un renoncement aux traitements médicamenteux, d’une demande d'interruption de l'alimentation ou de l'hydratation artificielle dans des circonstances spécifiques. L’administration d’une substance létale dans le but de provoquer la mort restera par contre illégale.

    Le gouvernement indien s’oppose à cette euthanasie par voie de directives anticipées. Il craint que les patients ne soient pas forcément au courant des avancées médicales qui pourraient les guérir le jour venu, au moment où ils posent leur volonté sur papier.

    La Cour estime au contraire ces directives indispensables. Elles permettraient de mettre un terme à “la pression sociale” et “la peur de poursuites pénale pour homicide, par les médecins et les familles ”. Pressions mènent souvent, jusqu’à ce jour, à l’acharnement médical et des conditions de décès “indignes”.

    La demande du patient ou ses directives anticipées devront par conséquent être appliquées le jour où la personne souffre d’une maladie en phase terminale sans espoir de guérison, tombe dans un coma irréversible, ou se trouve dans un état végétatif « persistant ».

    La Cour a développé des recommandations afin que ce nouveau droit puisse être appliqué. Les habitants majeurs, conscients et sain d’esprit, sont ainsi invités à s’exprimer leur souhait “par écrit, de manière absolument claire et sans ambiguïté, en présence de deux témoins”. Il doit nommer une personne de confiance qui donnera son accord lorsque la question d’un arrêt de traitement se posera.

    Tout refus de la part d’un Conseil médical de respecter une directive pourra faire l’objet d’un recours devant la Cour.

    Sources : The Hindu, Le Courrier International

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