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900 euros pour un don d’ovocytes aux Pays-Bas : c’est trop !

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[Français] 3 octobre 2018

Sommaire

  •   900 euros pour un don d’ovocytes aux Pays-Bas : c’est trop !
  •   Deux fois plus de sédations palliatives à domicile aux Pays-Bas depuis 2010
  •   Les médecins et psychiatres traitants poussés à trancher eux-mêmes les demandes d’euthanasie
  •   France : Avis du CCNE sur la PMA , la GPA et l’euthanasie
  • 900 euros pour un don d’ovocytes aux Pays-Bas : c’est trop !

    03/10/2018 - Procréation médicalement assistée PMA / GPA

    La rémunération actuelle du don d’ovocytes dans les trois banques d’ovocytes aux Pays-Bas – soit un montant pouvant atteindre 900 euros – risque de pousser des femmes à donner leurs ovocytes pour des raisons financières. C’est ce que pointent des éthiciens du Centre hospitalier Universitaire d’Utrecht, suggérant de réduire la compensation à 300 euros sur base du temps et de l’investissement requis, en plus du défraiement.

    Dans ce rapport écrit en partenariat avec l’Organisation néerlandaise pour la recherche sur la santé et l’innovation des soins (ZonMw), les auteurs remettent néanmoins en question la nécessité d’exiger de la part de la donneuse une motivation « purement » altruiste ; selon eux, il serait suffisant que la motivation ne soit pas « purement » financière.

    S’inquiétant de la pénurie actuelle de donneuses d’ovocytes, ils considèrent que ce don devrait aussi être ouvert aux jeunes femmes qui n’ont pas encore d’enfants, à condition qu’elles soient averties des risques de l’opération. Le don d'ovocytes présuppose en effet une opération relativement lourde (stimulation des ovaires et procédure invasive afin de prélever les ovocytes) et comprend notamment des risques d’infertilité.

    De même, il ne convient pas selon les auteurs d’exclure les donneuses dont l’ADN indique un "léger risque" de maladies curables, pourvu que les parents receveurs soient d’accord. Ils préconisent aussi que les couples homosexuels puissent faire appel aux banques d’ovocytes.

    Source : Rapport ‘Ethisch verantwoorde organisatie van eiceldonatie via
    eicelbanken in Nederland’

    En savoir plus sur le don de gamètes en Belgique : voir Dossier de l’IEB

     

     

    Deux fois plus de sédations palliatives à domicile aux Pays-Bas depuis 2010

    03/10/2018 - Fin de vie

    Aux Pays-Bas, le nombre de personnes qui reçoivent une sédation palliative chez eux avant leur décès a augmenté de 50% sur les sept dernières années. La sédation palliative concernait ainsi 34.000 décès en 2017 selon la SPK (Fondation Pharmaceutique Statistiques à La Haye). L’âge moyen du décès pour cette catégorie de personnes était de 76 ans.

    Ces chiffres sont basés sur le nombre de personnes à qui une pharmacie publique a délivré du Midalozam et/ou de la Levomepromazine, en vue d’une administration à domicile (la pratique sédative en hôpital et/ou maisons de repos n'est pas comprise dans ces chiffres). Parmi ces personnes, l’étude n’a retenu que celles chez qui la période entre la dernière date de délivrance de ces substances et la dernière date de délivrance d’un autre médicament, n’excédait pas 14 jours. Rien ne permet donc, sur base de ces données, de s’assurer qu’il s’agisse exclusivement de sédations palliatives et non d’euthanasies déguisées.

    Il est en effet essentiel de distinguer les deux procédés.

    La sédation palliative est une technique médicale ayant pour objectif de diminuer l’état de vigilance d’un patient, en vue, faute d’autres moyens, d’atténuer chez lui la perception d’une souffrance physique jugée insupportable. La sédation, qui peut être plus ou moins profonde et peut aller jusqu’à l’inconscience, est normalement réversible et, dans la mesure du possible, intermittente. Contrairement à l’euthanasie et au suicide assisté, la sédation profonde pratiquée dans les règles de l’art ne vise pas à abréger la vie. Comparable à une anesthésie avant une intervention chirurgicale, elle ne provoque nullement le décès, mais induit la perte de conscience afin de soulager la personne jusqu’à son décès. (Voir Bulletin de l’IEB et Fiche didactique)

    Source: Stichting Farmaceutische Kengetallen

    Les médecins et psychiatres traitants poussés à trancher eux-mêmes les demandes d’euthanasie

    03/10/2018 - Fin de vie

    Une évaluation de la pratique d’euthanasies a montré que ces dernières années, les psychiatres aux Pays-Bas étaient de plus en plus réticents par rapport à l’euthanasie pour leurs patients ; en 1995, 53% considéraient comme impensable le fait d’aider leurs patients au suicide, contre 63% en 2016.

    Une commission a été chargée de réviser la directive sur l'euthanasie des patients psychiatriques.  Elle a constaté que ces patients en demande d'euthanasie et confrontés à la réticence de leur médecin traitant, sont le plus souvent redirigés vers la Levenseindekliniek (« Clinique de fin de vie »).

    Elle espère, tout comme la Levenseindekliniek, que la publication et l’implémentation de la directive révisée aura pour effet que les médecins ou psychiatres traitants seront davantage disposés à prendre en considération et à exécuter les demandes d’euthanasie de leurs patients psychiatriques. (Voir l’exposé de sa présidente, Cécile Gijsbers) 

    La directive vient d’être publiée par l’Association néerlandaise pour la Psychiatrie (NVvP). Sa révision s’est faite en collaboration avec la Société néerlandaise des Médecins généralistes (NHG), la Fédération des Médecins (KNMG), l’Institut néerlandais des Psychologues (NIP) et la Fédération des Médecins spécialistes (KFMS). L’Association néerlandaise pour une fin volontaire de vie (NVVE) s’est réjouie d’une telle incitation pour les psychiatres à traiter eux-mêmes les demandes d’euthanasie.

    Source : Medisch Contact

    France : Avis du CCNE sur la PMA , la GPA et l’euthanasie

    03/10/2018 - Bioéthique, droit et politique

    Dans son avis du 25 septembre, le CCNE (Comité consultatif national d’éthique) propose d’autoriser l’ouverture de procréation médicalement assistée (PMA) non seulement aux couples de femmes mais aussi aux femmes seules. Il se prononce en revanche contre la gestation pour autrui (GPA).

    Selon le CCNE ouvrir la PMA aux personnes qui ne sont pas infertiles « modifie profondément les relations de l’enfant à son environnement familial, en termes de repères familiaux, d’absence de père, institutionnalisée ab initio ». Au sein du Comité, cette question a aussi fait débat sur les « risques de marchandisation du corps humain accrus », étant donné la rareté actuelle des gamètes disponibles. Le Comité est néanmoins d’avis que l’ouverture de la PMA à des personnes sans stérilité « peut se concevoir », le recours à cette technique n’impliquant pour lui « pas de violence dans les relations entre les différents acteurs. » La Belgique a déjà emprunté cette voie avec une loi du 6 juillet 2007, ouvrant la PMA à toutes les femmes âgées de 18 à 45 ans.

    La GPA porterait en revanche « atteinte à l’intégrité des femmes porteuses de grossesse pour autrui, à la fois dans leur corps, dans leur affectivité, dans leur vie familiale ». Le CCNE a aussi indiqué que le désir d’enfant des uns ne constituait pas un « droit à l’enfant » s’il devait passer par des atteintes à l’intégrité des femmes, même volontaires et altruistes dans leur démarche, et aux enfants qui en naîtraient.

    Quant aux questions de fin de vie, le Comité prône un développement des soins palliatifs, sans juger la légalisation de l’euthanasie souhaitable, avec pour objectifs notamment le développement de la formation et de la recherche en soins palliatifs via « la création effective d’une filière universitaire et la publication d’appels à projet de recherche relatifs à la fin de vie et à la médecine palliative ». Enfin, il insiste sur la nécessité d’une véritable « culture palliative » qui irrigue l’ensemble des pratiques soignantes.

    Source : Avis 129 du CCNE

     

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