L'Université de la Vie - La vie à quel prix ?

Aussi dans 6 villes en Belgique : à Bruxelles + Liège + Mons + Namur + Louvain-la-Neuve et Gand !
4 lundis soirs consécutifs à partir du 14 janvier 2019

FR NL EN

Faut-il nourrir les malades atteints de démence ?

ImprimerRecommander
[Français] 22 juin 2017

Sommaire

  •   Oregon : Alzheimer et les directives anticipées
  •   Ontario : La liberté d’expression est-elle encore réelle quand l’objection de conscience est limitée
  •   Chili : avortement dépénalisé dans trois 3 cas, quelle place à l’objection de conscience ?
  • Oregon : Alzheimer et les directives anticipées

    20/06/2017 - Fin de vie

    Il y a huit ans, Nora Harris, alors âgée de 56 ans, apprend qu’elle est atteinte de la maladie d’Alzheimer. Résidant dans l’Etat d’Oregon aux USA, où le suicide assisté est permis à certaines conditions, elle rédige à ce stade précoce de la maladie, des directives anticipées. Madame Harris y exprime le souhait que ne soit prise aucune mesure qui prolongerait sa vie à partir du moment où elle serait dans l’incapacité de comprendre ce qu’elle vit et d’être présente à elle-même.
    Quelques années plus tard, elle ne peut plus se nourrir seule et dépend de l’aide de quelqu’un pour la nourrir. Son mari, considérant dès lors qu’elle dépend d’une forme d’alimentation artificielle, s’adresse alors à la justice pour obtenir de pouvoir cesser l’alimentation de son épouse, arguant que si elle avait été en mesure de s’exprimer, elle n’en aurait pas voulu.
    En juillet 2016, le juge a rejeté cette demande. Pour lui, les directives anticipées de Nora ne permettent en effet pas d’être interprétées comme une opposition à être nourrie à la cuiller mais seulement à l’alimentation et à l’hydratation artificielles par sonde. De plus, le fait que Nora ne refuse pas les cuillers qui lui sont présentées, laisse également penser qu’elle consent à être nourrie de cette façon.
    Le 8 juin 2017, le Sénat de l’Oregon a voté une loi sur les directives anticipées, la « Bill 494 », qui permet indirectement de ne plus nourrir ni donner à boire, même de façon ordinaire, à des patients malades et atteints de démence ou de maladies psychiques. Avant d’entrer en vigueur, cette loi devra toutefois être approuvée par la Chambre des Représentants.
    Si ce texte de la « Bill 494 » est adopté, les directives anticipées mentionnant le refus de l’alimentation et l’hydratation artificielles pourraient être étendues à une alimentation assistée par une tierce personne « à la cuiller ». Pourtant, aider quelqu’un à se nourrir, tout comme pour un nourrisson, n’est pas un traitement médical mais un soin de base auquel tout patient a droit jusqu’à sa mort. La décision de l’Assemblée est donc attendue.

    Sources : The Washington Times, Mail Tribune

     

    Ontario : La liberté d’expression est-elle encore réelle quand l’objection de conscience est limitée

    22/06/2017 - Clause de conscience

    L’Aide Médicale à Mourir (AMM) est décriminalisée au Canada depuis juin 2016 par une loi fédérale, la Bill C-14. Celle-ci prévoit toutefois qu’aucun médecin n’est dans l’obligation de pratiquer une euthanasie, et ce au nom de la liberté de conscience et de religion prévue dans l’article 2 de la Charte canadienne des droits et libertés.

    Le 10 mai dernier, en Ontario, une loi provinciale (Bill 84) a obtenu la sanction royale nécessaire à son entrée en vigueur. Ce texte oblige tout médecin ou infirmier, au cas où il ferait appel à l’objection de conscience, à référer son patient à un confrère qui, lui, accèdera à la demande d’aide médicale à mourir. De nombreux professionnels de la santé ont immédiatement dénoncé le fait que référer un patient à un collègue, revient en quelque sorte à participer indirectement à l’euthanasie – constituant de ce fait une atteinte au principe même de la liberté de conscience.

    Les conséquences de cette loi provinciale sont bien réelles comme l’a récemment expérimenté une infirmière de l’Ontario, Mary Jean Martin. Infirmière en charge de la coordination des soins à domicile pour un organisme public depuis 30 ans, elle se retrouve aujourd’hui sans emploi car, partant des exigences des nouvelles lois (Bill C-14 et Bill 84), il lui a été demandé de signer un document l’engageant à la mise en œuvre de ces lois. Elle n’a pas obtempéré, refusant catégoriquement toute forme de participation à un acte qui provoquerait la mort d’un de ses patients. En réponse de quoi son supérieur hiérarchique a déclaré : « tous les employés, en leur qualité de fonctionnaire, doivent prononcer ce serment professionnel d’allégeance. S’ils ne le signent pas ou ne le prononcent pas cela est considéré comme une démission automatique de votre poste. » Elle a donc préféré démissionner.

    Face à cette situation, Mary Martin s’indigne : « Pourquoi vient-on subitement de m’arracher le droit de travailler paisiblement selon mes propres croyances au sein d’une société libre et inclusive ? ». Elle dénonce ainsi une atteinte aux droits fondamentaux et la discrimination au sein des professions médicales envers ceux qui refuseraient de tout acte provoquant intentionnellement la mort.
     
    Source : Institute for Canadian Values
     

    Chili : avortement dépénalisé dans trois 3 cas, quelle place à l’objection de conscience ?

    22/06/2017 - Clause de conscience

    Le Chili est sur le point de finaliser un projet de dépénalisation de l’avortement jusqu’à la 12ème semaine de grossesse (14ème semaine pour les moins de 14 ans). Le Sénat a déjà approuvé les trois conditions sous lesquelles la pratique sera dépénalisée : lorsque la poursuite de la grossesse met en danger la vie de la mère, lorsque le fœtus est non-viable ou lorsque la grossesse survient à la suite d’un viol. Avant l’adoption officielle du texte, le Parlement débat cette semaine sur un programme d’accompagnement des femmes qui auront choisi de garder leur enfant ainsi que sur l’objection de conscience laissée aux soignants.

    Cette question de l’objection de conscience divise tant du point de vue individuel qu’institutionnel. Tel que présenté initialement, le projet de dépénalisation prévoit une clause de conscience mais uniquement pour le médecin chirurgien à qui il serait demandé de pratiquer l’IVG. C’est-à-dire que le reste de l’équipe médicale, anesthésistes, sages-femmes, infirmières ou tout autre professionnel de la santé impliqué plus ou moins directement dans la procédure, ne pourrait pas déroger à sa tâche.

    Tous les établissements de santé, comme les hôpitaux, les cliniques universitaires et privées dont l’idéal ou l’orientation institutionnelle défend la vie en toutes circonstances, pourraient dès lors se voir contraints d’agir à l’encontre de leurs valeurs en pratiquant l’avortement dans leurs locaux. L’avortement serait considéré comme une « prestation de santé légitime ».

    Certains Sénateurs tels que Francisco Chahuan du parti de centre droit Renovacion Nacional et Jacqueline Van Rysselbergue de l’Union des Démocrates Indépendants proposaient qu’aucun centre de santé ne soit obligé de pratiquer l’avortement : « On est en train de fragiliser la liberté de conscience qui a été établie dans notre Constitution ». Ce à quoi la Ministre de la Femme, Claudia Pascual, a répondu que « dans notre Constitution, ce qui est régulé, c’est la liberté de conscience et pas l’objection de conscience. De ce fait, le projet de loi a permis un juste équilibre entre ce que prévoit la Constitution et la garantie d’une prestation de santé. »

    Source : synthèse de presse chilienne
     

Faire un don à l'IEB