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Euthanasie pour "vie accomplie" aux Pays-Bas : Dossier

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[Français] 13 avril 2018

Sommaire

  •   Euthanasie pour "vie accomplie" aux Pays-Bas : Dossier
  •   France : une « sédation profonde explicitement létale » ?
  • Euthanasie pour "vie accomplie" aux Pays-Bas : Dossier

    13/04/2018 - Fin de vie

    Nouveau DOSSIER de l'IEB :

    Faut-il incorporer la notion de « vie accomplie » parmi le nombre de pathologies pouvant justifier un acte d’euthanasie ?

    Aux Pays-Bas, cela fait plusieurs années déjà que cette question occupe l’opinion publique. Elle suscite la réflexion éthique et renouvelle le débat politique sur la fin de vie.

    Le présent dossier retrace une partie de cette réflexion. Il reprendra tout d’abord la réponse politique donnée par le gouvernement néerlandais à la question des euthanasies pour « vie accomplie ».

    Il présentera ensuite deux définitions du concept, élaborées par différentes instances néerlandaises, qui se sont chacune penchée sur le phénomène de « vie accomplie » avec leur regard propre.

    Il abordera enfin la thèse de doctorat de la chercheuse néerlandaise Els van Wijngaarden. Cette thèse représente la première enquête sur le terrain et recherche scientifique de cette ampleur sur le sujet.

     

     

     

     

     

    France : une « sédation profonde explicitement létale » ?

    12/04/2018 - Fin de vie

    En France, le Conseil économique, social et environnemental s’est prononcé dans un avis consultatif du 9 avril 2018 en faveur d’un droit à l'euthanasie en prônant de légaliser la "sédation profonde explicitement létale" pour les personnes qui la demanderaient en fin de vie.

    L'expression qu'a choisie le Conseil est volontairement distincte "d'euthanasie" et de "suicide assisté", termes trop « polémiques », indique Pierre-Antoine Gailly, rapporteur de la CESE.

    Que penser de cette manipulation du langage et de l'endormissement de la pensée par le choix des mots? Ce geste recouvre en effet la même réalité que celui de l'euthanasie, puisque le médecin provoque volontairement la mort de la personne à sa demande.

    Si le Conseil s’est majoritairement prononcé en faveur d’une sédation explicitement létale, il reste divisé sur la question. Une partie des membres se positionne en effet en faveur d’une application pleine et entière de la législation existante, la loi Claeys-Leonetti. Celle-ci instaurait en février 2016 le droit à une "sédation profonde et continue", soit une extinction de la douleur précédant une mort naturelle sans l’accélérer. Pour ces membres, on ne peut inscrire dans une loi "qu'une vie ne vaut plus d'être vécue".

    Le CESE recommande également d'inclure dans la loi une clause de liberté de conscience qui permet à toute personne, quelle que soit sa profession, de refuser de participer sous quelque forme que ce soit à la prescription, la dispensation ou l'administration d'une "sédation profonde expressément létale".

    Cet avis qui n'est que consultatif,  fait l'impasse sur les questions fondamentales et éthiques puisqu'il n'aborde nullement les questions de ce qu'est la souffrance, de la personne dans sa liberté et sa dimension relationnelle et du  rôle de la médecine.