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Docteur honoris causa à la KULeuven et mise en garde à propos du CRISPR-Cas9

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[Français] 12 février 2016

Sommaire

  •   Docteur honoris causa à la KULeuven et mise en garde à propos du CRISPR-Cas9
  •   Grande-Bretagne : manipulations génétiques sur l’embryon autorisées
  •   Luxembourg : avortement absence totale de chiffres
  • Docteur honoris causa à la KULeuven et mise en garde à propos du CRISPR-Cas9

    12/02/2016 - Recherche biomédicale

    Deux femmes viennent vient de se voir attribuer le titre de Docteur honoris causa  à la KULeuven. Il s’agit d’Emanuelle Charpentier, microbiologiste française, et de la généticienne américaine Jennifer Doudna, toutes deux à l’origine de la technique CRISPR-cas9. (Voir ci-dessous)
    Saisissant cette occasion, elles ont voulu mettre en garde quant à une mauvaise utilisation de leur découverte.
    « Ma plus grande crainte est que quelqu’un ne veuille être le plus rapide, et que cette technique, dans ses applications, ne devienne dangereuse. Si cela était le cas, cela pourrait mener à une interdiction pure et simple du CRISPR-cas9, et des années de recherches seraient ainsi  réduites à néant  »,  selon Jennifer Doudna.
    Emmanuelle Charpentier quant à elle,  souligne que la législation européenne stipule que de telles manipulations sur des cellules humaines ne peuvent l’être qu’à titre préventif et thérapeutique. « A ce jour,  je ne suis pas pour la manipulation des gènes héréditaires ».  Jennifer Doudna   précise de son côté, qu’il revient à la société  de  juger si la technique peut  être aussi utilisée pour des cas non-thérapeutiques. « Une réglementation claire est nécessaire pour la sécurité de tous. On ne peut en effet pas permettre que les gens l’utilisent pour  "créer l’enfant parfait" »

    La méthode CRISPR-Cas9 avait déjà été utilisée notamment par une équipe de scientifiques chinois en avril 2015 : ils avaient annoncé avoir modifié les gènes d’un embryon humain. Cette annonce avait alors suscité un grand émoi dans la communauté scientifique internationale. Ainsi en octobre 2015, le Comité international de bioéthique avait appelé à un moratoire sur « l’ingénierie » de l'ADN humain pour éviter des modifications des caractères héréditaires contraires à l'éthique.
    Dans un rapport en 2005 sur les droits universels bioéthiques et les droits de l’homme, l’ONU avait aussi mis en garde la communauté internationale sur les risques des nouvelles techniques de génie génétique, afin qu’une mobilisation soit faite pour la protection du « patrimoine mondial de l’humanité » que représente le génome humain.

    Source : Belga

    Grande-Bretagne : manipulations génétiques sur l’embryon autorisées

    01/02/2016 - Recherche biomédicale

    Peut-on modifier  et "purifier" l'ADN défectueux d'un embryon ? Sans répondre explicitement à cette question éthique importante, la HFEA, autorité britannique de la fertilisation humaine et de l’embryologie, a autorisé ce 1er février, la manipulation et la transformation génétique de l’embryon à des fins de recherche. C’est une première en Grande-Bretagne et en Europe.
    Cette autorisation concerne la nouvelle méthode de génie génétique qui permet très aisément de modifier l’ADN défectueux à faible coût et sur tous types de cellules, humaines, animales ou végétales. Le CRIPR-Cas9 peut en effet cibler des gènes très précis dans l’ADN et les couper par le biais d’une enzyme "Cas9". L’ADN subit ainsi des mutations et peut se voir modifié par l'insertion de nouveaux gènes.

    Cette méthode peut sembler prometteuse pour le développement de nouvelles approches thérapeutiques pour des maladies génétiques humaines comme la myopathie de Duchenne par exemple. Elle présente toutefois des risques éthiques évidents lorsqu’elle est employée sur des cellules d’embryon, ou de gamètes.

    Pour le moment, le régime juridique britannique limite strictement la modification génétique de l'embryon à des fins de recherche : ces embryons modifiés ne peuvent être replacés dans l’utérus d’une femme mais doivent être détruits au bout de deux semaines maximum. La question qui se pose est celle de savoir si les scientifiques s'arrêteront bien là. Car en modifiant irrémédiablement l’ADN humain de l'embryon, on en viendrait à modifier l’espèce humaine. De telles mutations se transmettraient de génération en génération sans que l’on sache les conséquences qu’elles engendrent à plus long terme. En outre, une telle maîtrise des gènes de l’ADN humain pourrait très facilement conduire à choisir un « bébé à la carte », avec l'implication eugéniste que cela représente. En deux ans, cette méthode de modification de l’ADN a fait l’objet de plus de 650 articles dans des revues scientifiques.
    Source : Le Monde

    Comprendre le CRISPR-cas9: Note d'expert d'Alliance Vita

    Luxembourg : avortement absence totale de chiffres

    03/02/2016 - Début de vie

    Au Luxembourg, personne n’a aucune idée du nombre d’Interruptions Volontaires de Grossesse (IVG) pratiquées, ni du profil des patientes qui y ont recours.
    L’avortement a été dépénalisé au Luxembourg par une loi du 15 novembre 1978. Après deux réformes successives en 2012 et 2014, la loi dépénalisant l’avortement avant 12 semaines a ôté toutes les conditions initiales. Aucun motif n’est désormais demandé à la femme qui veut avorter.
    De plus, le cadre d'accompagnement de la femme en détresse a été fortement réduit. Il n’y a plus qu’un entretien préliminaire obligatoire avant l'intervention, le deuxième étant facultatif, excepté pour les mineures. A noter que les parents de ces jeunes-filles ne doivent pas forcément être informés de l'IVG.
    De plus, le délai de réflexion initial d’une semaine a été réduit à trois jours. Les Interruptions Volontaires de Grossesse peuvent être prescrites par le médecin traitant tout au long des sept premières semaines de grossesse. L'absence de chiffres et de statistiques s'explique par le fait qu'il n'existe pas de code dans la nomenclature de la Caisse Nationale de Santé (CNS) pour référencer l'IVG : celui-ci est rangé parmi les avortements médicaux.
    D'après le ministre de la Santé, Lydia Mutsch, 589 curetages ont été pratiqués en 2013 auprès de 573 femmes dont 12 étaient mineures. Mais les chiffres sur lesquels s'appuie le gouvernement sont loin d'être précis puisqu'ils proviennent des deux seuls codes en vigueur à la CNS et qui recensent indifféremment tous les avortements par curetage qu'ils soient médicaux, spontanés ou volontaires. Or, dans la nomenclature de la CNS, les IMG et les IVG sont rangées sous le même code, ce qui ne permet pas de recenser avec exactitude le nombre d'IVG pratiquées dans le pays.
    Le Docteur Lemmer, co-auteur de la loi dépénalisant l’avortement déplorait déjà en 2012, alors qu’il était question que le gouvernement crée un code spécifique pour l'IVG : "la dépénalisation de l'avortement est certes un pas vers la libération sexuelle de la femme mais le fait qu'aucun code n'existe dans la nomenclature de la CNS est un problème pour nous, les gynécologues: sans chiffres exacts, il est impossible d'avoir des statistiques précises et sans statistiques de mettre en place une prévention efficace. À l'heure actuelle, nous n'avons pas de vue globale de l'IVG au Luxembourg".
    Source :  Luxembuger Wort

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