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Des soignants réagissent face au « prosélytisme » d'associations pro-euthanasie

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[Français] 15 février 2019

Sommaire

  •   Des soignants réagissent face au « prosélytisme » d'associations pro-euthanasie
  •   Les enfants nés d'un don de gamètes anonyme vont-ils enfin pouvoir connaitre leurs géniteurs?
  •   L’avortement devient possible jusqu’à la naissance dans l’Etat de New York
  •   Une enquête gouvernementale sur les conséquences de l’avortement en Allemagne
  •   Plus d'avortements, femmes plus âgées, plus long délai de réflexion demandé....aux Pays-Bas
  • Des soignants réagissent face au « prosélytisme » d'associations pro-euthanasie

    14/02/2019 - Fin de vie

    Dans une lettre ouverte écrite à l’initiative de Martine et Bernard Couderc (respectivement gériatre co-fondatrice d’une association de soins palliatifs, et cancérologue), quarante-sept médecins, soignants et aidants-proches dénoncent le « prosélytisme » des associations en faveur de l’euthanasie en France.

    C’est l’organisation d’une conférence par le Président départemental de l’ADMD (Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité) qui a suscité la réaction du collectif.  Le médecin invité par l’ADMD, Yves De Locht, a évoqué le cas de ses patients français qui viennent en Belgique pour obtenir l’euthanasie. Le collectif des médecins y voit une attitude proactive de l’ADMD, qui veut faire croire que tout se passe au mieux dans les pays ayant légalisé la pratique. Ces soignants maintiennent que l’euthanasie n’est pas une « solution miracle » comme elle est souvent présentée, et surtout que des alternatives existent qui autorisent à « vouloir autre chose qu’un acte mortifère irréversible ».

    Les signataires rappellent que la loi française relative aux soins palliatifs, si elle est bien appliquée, assure le droit aux patients d’être accompagnés dans leurs derniers instants et soulagés dans leurs souffrances. Mis à mal dans leur vocation à se tenir aux côtés des patients, ces médecins dévoués affirment : « Tous engagés auprès de personnes en fin de vie, [nous] voulons témoigner de la complexité et de la diversité de ces situations, ainsi que notre engagement – Ecouter, Soigner, Soulager, Accompagner- avec humanité, responsabilité, et respect des libertés de chacun. »

    Lire la lettre en entier

    Les enfants nés d'un don de gamètes anonyme vont-ils enfin pouvoir connaitre leurs géniteurs?

    14/02/2019 - Procréation médicalement assistée PMA / GPA

    La Commission des questions sociales, de la santé et du développement durable a adopté fin janvier, à l’unanimité, un projet de recommandationsur la levée de « l'anonymat pour tous les dons futurs de gamètes dans les États membres du Conseil de l'Europe.» Il sera débattu lors de la prochaine session de l’Assemblée en avril, et pourrait devenir contraignant juridiquement pour les Etats membres.

    Le projet, rédigé par l’eurodéputé belge Petra de Sutter, vise à trouver un bon équilibre entre les droits et les intérêts de toutes les parties concernées par les dons de gamètes (enfants, parents, donneurs, …). Ainsi, il met surtout l’accent sur les droits de la personne née du don, « qui se trouve dans la position la plus vulnérable et pour laquelle les enjeux semblent être plus importants ».

    Il souligne en effet l’importance, pour la personne née d’un don de gamètes, de connaître son origine biologique, car « l’accès à l’identité du donneur est un aspect essentiel de la construction identitaire ». De plus, le principe de l’anonymat pose un problème de santé publique : la personne devrait être à même de connaître les antécédents médicaux de son parent biologique et être en mesure d’éviter la consanguinité.

    En revanche, selon le rapport, la levée de l’anonymat ne devrait avoir aucune conséquence juridique sur la filiation de l’enfant né d’un don de gamètes. L’anonymat ne devrait pas non plus être levé de façon rétroactive, sauf si le donneur y consent ou pour des raisons médicales. En outre, les membres de la Commission préconisent que « l’identité du donneur ne soit pas révélée au moment du don à la famille, mais au 16ème ou 18ème anniversaire de l’enfant qui serait informé (de préférence par l’État) de l’existence d’informations complémentaires concernant les circonstances de sa naissance ». Ce serait alors à la personne ainsi conçue de décider si elle veut prendre connaissance de ces informations, et quand.

    Il faudrait enfin mettre en place un registre national des donneurs et des enfants nés de dons de gamètes. Cela faciliterait l’échange d’informations, afin de limiter les dons d’un même donneur et d’éviter que des parents proches ne se marient.

    Pour aller plus loin, voir le Dossier de l’IEB sur Le droit de connaître ses origines

    Sources : Gènéthique, Conseil de l’Europe

    L’avortement devient possible jusqu’à la naissance dans l’Etat de New York

    14/02/2019 - Début de vie

    Dans l’Etat de New York, l’avortement du fœtus humain est désormais possible jusqu’à la naissance. Cette évolution a provoqué de nombreuses réactions dans la population, le monde politique et académique. 
    Le Gouverneur Andrew Cuomo a saisi l’occasion du 46ème anniversaire de Roe vs Wade (arrêt de la Cour Suprême autorisant l’avortement aux Etats-Unis) pour promulguer le Reproductive Health Care Act. La loi permet aux femmes d’avorter sans conditions particulières jusqu’à 24 semaines de grossesse, comme c’était déjà le cas, mais elle autorise désormais l’avortement jusqu’au terme de la grossesse si la santé de la mère ou du fœtus est en danger, ou si le fœtus est jugé non-viable.

    Contrairement à ce que prévoyait l’ancienne loi, la présence d’un médecin pour assurer les soins de santé de l’enfant au cas où celui-ci survivrait à l’avortement, n’est plus obligatoire. Cette précaution obligeait l’Etat de New-York à offrir une protection juridique immédiate à l’enfant dans une telle situation.

    Le Prof. Robert P. George (Princeton University), s’est indigné de cette législation : « Quel genre de personnes sommes-nous ? D’où vient cette idée fanatique qui assure que la vie d’un enfant encore in utero compte pour rien, et même moins que rien ? » a-t-il déclaré. 
    Aux Etats-Unis, les législations étatiques en matière d’avortement sont en pleine mutation. Certains Etats en durcissent les conditions d’accès, tandis que d’autres, comme à New-York, les assouplissent.

    Sources:  The New York State Senate, The Washington Times.

    Une enquête gouvernementale sur les conséquences de l’avortement en Allemagne

    15/02/2019 - Début de vie

    Le Gouvernement allemand vient d’accorder un budget de 5 millions d’euros au Ministre de la santé Jens Spahn (CDU), pour lui permettre de mener à bien une enquête sur les conséquences psychologiques à long terme de l’avortement chez les femmes. Il s’agit d’étudier l’existence des « syndromes post-avortement » et de voir dans quelle mesure ils peuvent affecter les femmes. L’enquête doit se dérouler de 2020 à 2023, à raison de 1.25 million d’euros alloué par an.

    Cette décision a entraîné de nombreuses réactions, notamment du côté du parti socialiste (SPD), qui appartient à la coalition majoritaire (avec le CDU et le CSU). Hilde Mattheis, rapporteur du groupe parlementaire SDP sur la santé des femmes, a ainsi déclaré : « Cinq millions d'euros sont gaspillés pour une étude scientifiquement absurde et à caractère idéologique. » Les opposants à l’enquête mettent en avant des études déjà menées, qui montreraient qu’une minorité de femmes regrette d’avoir avorté, et que seulement une minorité d’entre elles en garderait des séquelles.

    Cette autorisation du Gouvernement s’inscrit dans le contexte d’un compromis politique. En effet, après des mois de négociation, le SPD a quant à lui obtenu des deux autres partis de la coalition que les médecins et les hôpitaux soient autorisés à afficher qu’ils pratiquent l’avortement (ce qui est considéré comme une publicité de l’avortement, jusqu’à présent sanctionnée pénalement).

    L’amendement a été approuvé par le gouvernement mais doit encore être voté par le Parlement. 

    A l’heure où toute remise en question de l’avortement paraît souvent inabordable dans le débat public, on peut se réjouir d’une telle prise de responsabilités de la part d’un gouvernement, soucieux de poser un regard attentif sur la réalité de l’avortement.

    Pour en savoir plus sur les conséquences psychologiques de l’avortement, voir le Dossier de l’IEB.

     Sources : Hilde-mattheis.de,  Bundesministerium der Justiz und für Verbraucherschutz,  Avortementeurope.org


    Plus d'avortements, femmes plus âgées, plus long délai de réflexion demandé....aux Pays-Bas

    15/02/2019 - Fin de vie

    30.523 avortements aux Pays-Bas en 2017, c’est-à-dire 379 de plus qu’en 2016. Cette augmentation s’observe surtout chez les femmes qui habitent aux Pays-Bas (+546). Par contre, le nombre de femmes en provenance de la Belgique et qui ont avorté aux Pays-Bas a baissé de 527 en 2016, à 472 en 2017.

    Ces chiffres ressortent du dernier Rapport 2017 de l’Inspection des Soins de santé et de la Jeunesse (Inspectie Gezondheidszorg en Jeugd,)

    Analyse succinte des chiffres dans le 
    Flash Expert

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