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Chiffres relatifs à l'avortement - Clause de conscience

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[Français] 7 août 2015

Sommaire

  •   Portugal : modification de la loi dépénalisant l’avortement
  •   Espagne : pilule du lendemain et clause de conscience des pharmaciens
  •   France : augmentation du nombre d’avortements en 2013
  • Portugal : modification de la loi dépénalisant l’avortement

    06/08/2015 - Début de vie

    Le Parlement portugais a voté le 21 juillet 2015 une loi visant à limiter l’accès des femmes à l’avortement. Alors que la loi de 2007 avait été jusqu’à permettre aux femmes d’avorter librement et gratuitement, la nouvelle loi pose des balises. Le financement de cet acte ne pèse plus sur l’ensemble de la population mais revient aux femmes qui décident d’interrompre leur grossesse.
    De plus, ayant le souci d’accompagner au mieux les femmes en détresse, celles-ci se verront proposer plusieurs entretiens préalables lors desquels leur seront  expliquées les aides qu’elles pourraient obtenir en donnant la vie à leur enfant.
    La réaction des militants pro-avortement n’a pas tardé, dénonçant un avilissement de la femme et une incitation à l’avortement clandestin. Il en reste que de nombreuses femmes se réjouissent d’avoir une information plus juste afin de prendre une décision de manière libre et éclairée. Elles déplorent en effet que dans de nombreux pays européens, les aides auxquelles les femmes ont accès ne soient pas présentées pour alimenter la réflexion sur une éventuelle interruption de grossesse.
    Source : The Guardian
     

    Espagne : pilule du lendemain et clause de conscience des pharmaciens

    06/08/2015 - Bioéthique, droit et politique

    Le 8 juillet 2015, la Cour constitutionnelle espagnole a rendu une décision visant à protéger la clause de conscience des pharmaciens qui refuseraient de vendre la pilule du lendemain sur le fondement de l’article 16 de la Constitution espagnole.
    Les juges constitutionnels se prononçaient sur une affaire produite à Séville en 2008.
    Un pharmacien avait été condamné à 3000€ d’amende par le gouvernement d’Andalousie pour avoir refusé de vendre la pilule du lendemain et des contraceptifs. Leur décision a été renforcée par le fait que le pharmacien en question se trouvait en centre-ville, ce qui laissait l’opportunité aux clientes de trouver une autre pharmacie dans laquelle elles pourraient se les procurer.
    Enfin, la Cour constitutionnelle rappelle que la pilule du lendemain a un caractère potentiellement abortif, et qu’à ce titre, les pharmaciens qui figurent sur la liste des professions ayant le droit d’invoquer l’objection de conscience, ont légalement le droit de ne pas vendre ces produits.
    Source : The Telegraph
     

     

     

    France : augmentation du nombre d’avortements en 2013

    07/08/2015 - Début de vie

    La Direction de la Recherche, des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques (DREES), organisme affilié au Ministère de la Santé, a rendu son rapport sur les données françaises de 2013 relatives à l’avortement. Elle y relate une hausse de 4,7% du nombre d’avortements par rapport à 2012 après une période de stabilité depuis 2010. La France atteint ainsi un taux record d’avortements avec 229 000 avortements en 2013, soit 15,6 avortements pour mille femmes.
    Les analyses statistiques révèlent que le taux d’avortement le plus élevé est pratiqué par des femmes âgées de 20 à 24 ans. En revanche, le nombre d’avortements des moins de vingt ans est en baisse.
    L’étude constate une hausse des Interruptions Volontaires de Grossesse (IVG) par voie médicamenteuse, qui représentent en moyenne 60% des IVG. Ces procédés engendrent une grande pression sur les femmes qui se retrouvent bien souvent seules pour le processus de mort du foetus.
    Quelles sont les raisons de cette recrudescence du nombre d’avortements en France ?
    Depuis son arrivée au Ministère chargé de la santé, Marisol Touraine a pris diverses mesures attenantes à la fécondité des femmes. En 2012, elle a en particulier donné deux signaux forts pour offrir le plus largement possible la possibilité aux femmes d’avorter. Tout d’abord, en assurant la gratuité de cet acte, puisque la loi du 17 février 2012 a instauré le remboursement à 100% des actes d’IVG par la Sécurité Sociale à partir du 31 mars 2013. Les informations fournies par le Programme de Médicalisation des Systèmes d’Information (PMSI) permettent aussi de constater que l’augmentation en 2013 de la rémunération des hôpitaux pour les actes d’IVG encourage les établissements à cette pratique. La part hospitalière des IVG est de 85%.
    Le second signal menant à la banalisation de l’avortement est le fait que la femme ne doive plus faire appel à la notion de détresse pour expliquer son avortement.
    Beaucoup s’interrogent quant au nombre croissant d’avortement alors que seulement 3% des femmes n’ont pas recours à une contraception. Ce constat est confirmé par une analyse de la DREES en 2007 comme quoi deux femmes sur trois ayant recours à l’avortement étaient sous contraceptifs.
    A l’heure actuelle, le Parlement français débat du projet de loi santé contenant des mesures relatives à l’IVG qui ne seront pas de nature à faire baisser la tendance dans les prochaines années. Il s’agit en effet de supprimer le délai de réflexion d’une semaine entre les deux consultations médicales préalables à l’avortement, de permettre aux sages-femmes de réaliser des IVG médicamenteuses et d’autoriser les Centres de santé à pratiquer l’IVG instrumentale.
    Source : Direction Régionale des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques