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Bulletin de l'IEB- 8 juin 2010

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[Français] 7 juin 2010

Sommaire

  •   Don d’organes après une euthanasie ?
  •   Doublement du nombre d’euthanasies déclarées en 4 ans en Belgique
  •   Belgique : l'euthanasie en dehors du cadre légal?
  •   Belgique: les infirmiers face à l'euthanasie
  • Don d’organes après une euthanasie ?

    07/06/2010 - Fin de vie

    Des médecins de l’hôpital universitaire d’Anvers ont expliqué avoir accédé à la demande d’euthanasie d’une patiente de 44 ans qui, après un accident cardio-vasculaire, était totalement dépendante (Locked-in syndrome). La patiente tout à fait consciente a pu communiquer avec son entourage et exprimer non seulement son désir d’être euthanasiée, mais aussi de permettre le prélèvement de différentes parties de son corps dont son foie et ses reins, en vue d’un don post-mortem.
    Ce cas semble ne pas être isolé comme le mentionne une intervention de ces mêmes médecins lors du Congrès sur les transplantations d’organes de 2008 (European Society for Organ Transplantation). Une telle pratique  consiste à organiser une euthanasie et, dix minutes après l'arrêt cardiaque de la patiente s’est arrêté, intervient  l’opération en vue du prélèvement des organes. Les médecins de l’hôpital anversois semblent considérer que cette pratique est tout à fait éthique, légale et en concordance  avec la pratique en vigueur dans les pays où l’euthanasie est dépénalisée (Belgique, Pays-Bas et Luxembourg).
    Le manque d’organes est tel qu’ils se réjouissent de l’apparition d’une nouvelle source d’approvisionnement et estiment en outre que « cela peut aussi réconforter le donneur (qui demande l’euthanasie) et sa famille, de savoir que, demandant que l’on mette fin à sa vie, la personne permet ainsi d’aider d’autres êtres humains qui ont un besoin vital d’un organe. » 

    Source: European Society for Organ Transplantation 21 (2008), p. 915.

    Doublement du nombre d’euthanasies déclarées en 4 ans en Belgique

    07/06/2010 - Fin de vie

    Le Rapport de la Commission d’évaluation de la loi dépénalisant l’euthanasie fait état de 822 déclarations pour 2009 et de 704 en 2008. La Flandre prend à son compte les quatre-cinquièmes de ces déclarations d’euthanasies, soit 656 cas. Un quart des personnes euthanasiées ont plus de 80 ans, 52% entre 60 et 79 ans. Un seul cas d’euthanasie d’un mineur est mentionné. Rappelons toutefois, que l’euthanasie des mineurs reste pénalement punissable en Belgique. Source : Journal du Médecin 9/05/2010

    Belgique : l'euthanasie en dehors du cadre légal?

    07/06/2010 - Fin de vie

    De nombreux médecins et infirmières provoquent intentionnellement la mort de leur patient, ne respectant pas le cadre de la loi dépénalisant l’euthanasie.
    Plusieurs points révélés par deux études réalisées par l’équipe « End-of-life Care Research Group » de la VUB démontrent le non-respect évident de plusieurs dispositions essentielles de la loi dépénalisant l’euthanasie. 
    La première étude analyse les réponses de médecins en Flandre qui ont eu à certifier la mort d’un patient. Ayant utilisé des produits euthanasiants pour 208 de leurs patients, dans l’intention de provoquer la mort, ces médecins notent que 66 personnes sont décédées, suite à l’injection de ces produits, sans en avoir cependant exprimé la demande. Or, la loi dépénalisant l’euthanasie en Belgique insiste sur le fait que la demande du patient doit être « volontaire, réfléchie, répétée et écrite. » L’étude révèle que les personnes auxquelles on a administré ces produits létaux avaient plus de 80 ans, ne souffraient pas d’un cancer et sont mortes dans un établissement hospitalier. Il y est mentionné également que les médecins utilisant les produits euthanasiants alors que le patient ne demande pas la mort, ne semblent pas maîtriser les effets mortels des produits qu’ils administrent.

    Source : « Physician-assisted deaths under euthanasia law in Belgium : a population-based survey » , Canadian Médical Association Journal, 17 mai 2010.
    http://www.cmaj.ca/cgi/rapidpdf/cmaj.091876v1?ijkey=011726ddec419d1e477ae5d5e81df2207fdcb535

    Belgique: les infirmiers face à l'euthanasie

    07/06/2010 - Fin de vie

    La seconde étude, tout aussi intéressante, a été réalisée par Els Ingelbrecht, qui a interrogé 1265 infirmiers. Ici aussi se confirme le fait que 120 infirmiers ont vu leur patient mourir suite à l’administration de substances euthanasiantes. Dans 45% des cas, ce sont ces infirmiers (principalement masculins) qui ont administré les produits, et non le médecin lui-même, en dépit de l’exigence légale. Les morts provoquées sans être demandées par le patient concernent des personnes de plus de 80 ans, qui sont traitées en hôpital. Els Ingelbrecht, interviewée au téléphone par l’IEB, confirme la responsabilité endossée à tort par les infirmiers dans l’illégalité. Ces soignants en subissent les effets psychologiques et ne sont pas à l’abri d’une poursuite judiciaire. Il arrive souvent que ce soit par téléphone que le médecin indique à l’infirmier le produit et les doses à administrer, sachant que cela provoquera la mort du patient. L’infirmier doit se procurer ces produits euthanasiants auprès du pharmacien de l’hôpital qui, légalement, ne devrait les délivrer que sur prescription écrite du médecin.
    Els Ingelbrecht souligne l’urgence de tirer une leçon de ce que révèlent ces chiffres, montrant comment le cadre strict prévu par la loi dépénalisant l’euthanasie est aujourd’hui dans un processus d’effritement.  

    Source : “The role of nurses in physician-assisted deaths in Belgium”, Canadian Médical Association Journal, 17 mai 2010.
    http://www.cmaj.ca/cgi/rapidpdf/cmaj.091881v1?ijkey=12808a0c18ae239940d7f284ec422408b7f2fbf9

     

     

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