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Bulletin de l'IEB - 26 mai 2009

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[Français] 26 mai 2009

Sommaire

  •   18.000 avortements en 2007
  • 18.000 avortements en 2007

    20/05/2009 - Début de vie

    Dix-huit mille avortements en 2007 pour la Belgique. C’est le chiffre officiel révélé par le troisième rapport.de la Commission d’évaluation de la loi dépénalisant l’interruption de grossesse. Couvrant la période du 1er janvier 2006 au 31 décembre 2007, ce document a été rendu public le 21 janvier 2009.
    La loi dépénalisant l’avortement date du 13 août 1990. Elle prévoit qu’une commission puisse évaluer la façon dont la loi est appliquée par ceux qui pratiquent l’avortement.
    Dès la première page de son rapport, la Commission avoue que son travail n’est pas aisé et que les résultats ne sont pas vraiment « scientifiques »  car elle ne dispose que des seules informations que la loi l’autorise à demander aux médecins et établissements de soins concernés. Elle est donc totalement tributaire des chiffres fournis, sans pouvoir vraiment les vérifier.
    Que peut-on tenter d’extraire de ces données « non-scientifiques » du rapport de la Commission? 

    A. Âge de la femme
    Les interruptions de grossesse sont opérées chez des femmes qui ont entre 12 et 51 ans. 14% ont lieu entre 15 et 19 ans, 68 % entre 20 et 34 ans et 14 % au delà de 35 ans.

    B. Etat civil
    65% des femmes concernées sont célibataires, 27% sont mariées.

    C. Nombre d’enfants
    48% n’ont pas encore d’enfant, 22% ont déjà un enfant et les 30% restant ont au moins deux enfants. 

    D. Domicile
    26% sont domiciliées à Bruxelles. 

    E. Lieu où est pratiqué l’avortement
    83% des avortements ont lieu dans un des 35 centres de planning pratiquant l’avortement, ce qui correspond à 15.694 interruptions de grossesses en 2007, tandis que les 17% restant correspondent à des interruptions de grossesse pratiquées dans 46 hôpitaux différents, dont 266 interruptions au delà du délai de 12 semaines de grossesse. 

    F. Situation invoquée
    La loi prévoit que l’avortement peut avoir lieu seulement en cas de situation de détresse de la femme. Voici quelles sont celles invoquées aujourd’hui:
    1)     pas de souhait d’enfant : 16%
    2)     la femme se sent trop jeune : 13%.
    3)     la famille est « complète » : 11%
    4)     la femme est étudiante : 9%
    5)     problèmes financiers : 7%
    6)     situation professionnelle : 5%
    7)     relation interrompue : 5%
    8)     relation trop récente : 5%
    9)     problème de couple : 5% 

    G. Méthode employée pour l’interruption de la grossesse
    77% des femmes ont subi l’avortement par aspiration, 15% par voie médicamenteuse (RU486) et 7 % par curetage. 

    Parmi les recommandations adressées par la Commission d’évaluation aux parlementaires, on en trouve une qui est relative au délai légal de 2 semaines, pendant lequel l’avortement est autorisé sans condition (si ce n’est un état de détresse de la femme dont celle-ci est seule juge). Il est suggéré de porter ce délai à 14 semaines. Il est tiré argument des législations dans les pays limitrophes qui, eux, offrent un délai plus long durant lequel ce type d’avortement est possible.
    Une seconde recommandation concerne le délai de 6 jours de réflexion entre la demande d’avortement et l’acte lui-même. Ce délai « devrait pouvoir ne pas être respecté en cas de détresse ou d’urgence. » (p. 54)
    La Commission regrette que « l’IVG reste tabou » et qu’elle ait une « connotation négative. » Elle estime qu’« il est important de défendre le droit fondamental du choix. » (p. 55)
    La Commission souligne également que « la lecture des rapports (des centres de planning et des hôpitaux) montre que le choix de l’interruption volontaire de grossesse est souvent dicté par une précarité sociale, économique, ou une pression culturelle. Si elles en avaient la possibilité, les femmes auraient mené leur grossesse à terme (p. 52) » ; et que l’accompagnement et le soutien apporté à ces femmes est capital.

    ©Copyright Institut Européen de Bioéthique

     

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