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Belgique : suicide en direct et éthique

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[Français] 28 septembre 2015

Sommaire

  •   Belgique : suicide en direct et éthique
  •   Etats-Unis : la Chambre des Représentants protège les foetus et suspend le financement de l'IPPF
  •   Royaume-Uni : l’Association des Médecins Britanniques opposée à toute forme de suicide assisté
  • Belgique : suicide en direct et éthique

    24/09/2015 - Fin de vie

    On avait déjà le reportage End Credits. Voici aujourd’hui Allow me to die réalisé (curseur 38'35'') par un journaliste d’investigation australien, Brett Mason, nous livrant sa vision de l’euthanasie en Belgique. A l’issue de sa recherche sur le régime le plus libéral au monde en matière d’euthanasie, il a publié le 15 septembre dernier un documentaire dans lequel il suit deux patients en demande d’euthanasie.
    Le documentaire interroge sur le bien-fondé d’un régime qui permet l’euthanasie bien au-delà du cadre initialement prévu par la loi et dévoile ainsi le parcours vers « son suicide assisté » d’une personne âgée de 85 ans autonome et faisant ses exercices tous les matins dans une maison de retraite. Simona de Moor souhaite rejoindre sa fille décédée trois mois plus tôt. Elle mourra sans prévenir son autre fille, avec laquelle, depuis 30 ans, elle n’a plus de contact. Le journaliste suit pas à pas les préparatifs de Simona, qui semble indifférente aux réactions de ses compagnons de table, heurtés par sa décision, et la caméra filme tout le processus du suicide assisté, jusqu’au dernier souffle de Simona de Moor. Le Dr Van Hoey lui présente le breuvage létal en lui expliquant « Buvez lentement », et de la féliciter une fois le contenu avalé, juste avant de l’allonger. Cinq minutes après, Simona est morte. La loi dépénalisant l'euthanasie s’applique-t-elle au cas de Simona de Moor ? Le médecin a-t-il respecté le cadre légal ? Pour le Docteur van Hoey, ce qui prévaut est de suivre la volonté du patient et ce geste est « une mort naturelle ».

    La deuxième cas de patient en demande d'euthanasie est encore en suspens. Il s’agit de Peter, un père de famille atteint de violents maux de tête dont on ne parvient pas à découvrir la cause. Estimant vouloir « se libérer de la douleur, mais aussi libérer sa famille de sa maladie, afin de ne pas être un fardeau pour sa famille alors qu’il devrait être en mesure de s’occuper de ses enfants », il envisage sérieusement l’euthanasie. Il a été contacté par le Professeur Distelmans qui se tient prêt, dès qu’il aura pris sa décision. Peter attend les résultats d’une nouvelle opération au cerveau en octobre pour prendre sa décision.
     

    Le visionnage de ce documentaire ne manque pas de soulever plusieurs questions. Le cas de Simona de Moor entre-t-il dans le cadre de la loi ? Comment la Commission fédérale de contrôle de l’euthanasie se positionnera-t-elle ?
    Sur un autre plan, est-il  éthique de filmer le suicide d’une personne en direct, même et surtout s’il est assisté par un médecin ?
    Enfin, une fois leur histoire médiatisée, les protagonistes, en situation de grande fargilité, sont-ils encore entièrement libres de reculer et de changer d’avis ?

     

    Etats-Unis : la Chambre des Représentants protège les foetus et suspend le financement de l'IPPF

    23/09/2015 - Début de vie

    Vendredi 18 septembre 2015, la Chambre des Représentants a voté aux Etats-Unis deux lois visant à protéger les fœtus humains. Deux mesures qui ont été prises en réaction à la publication de vidéos émises depuis plusieurs mois par le Center for Medical Progress dénonçant le trafic d’organes de fœtus issus de l’avortement, parfois maintenus vivants, puis évalués, disséqués, négociés et livrés à des laboratoires de recherche scientifique. (Voir Bulletin IEB)

    La première loi, adoptée par 241 voix contre 187, vise donc à bloquer pendant un an le financement du Planning familial américain, et de toutes les structures et cliniques qui y sont associées. Si le Sénat votait à son tour en faveur de cette forte restriction budgétaire du Planning Familial, cela représenterait pour le premier pourvoyeur d’avortements américain une perte de 235 millions de dollars. Le président Barack Obama, qui n’a pas visionné les vidéos, a annoncé dès la parution de celles-ci qu’il resterait solidaire avec le Planning Familial et opposerait son veto à une telle mesure.

    La deuxième loi, moins évoquée dans les médias, établit un « Born-Alive Abortion Survivors Protection Act ».
    Votée par 248 représentants contre 177, elle vise à condamner pénalement tous les médecins qui ne tentent pas de sauver la vie d’un bébé survivant à un avortement. La Chambre des représentants insiste ainsi sur le devoir de sauvegarder toute vie humaine, même si elle provient de l’échec d’un avortement.

    Source : The Washington Post

    Royaume-Uni : l’Association des Médecins Britanniques opposée à toute forme de suicide assisté

    24/09/2015 - Fin de vie

    Lors de sa dernière assemblée générale, la « British Medical Association » a rendu un avis sur le suicide assisté. Elle y indique sa ferme opposition à toute forme de suicide assisté, réaffirmant le bien-fondé de l’actuel régime juridique. De plus, la BMA encourage les établissements à mettre en place des structures de soins palliatifs adaptées et accessibles à tous et qui permettent de répondre à la souffrance des personnes en leur assurant une mort dans des conditions dignes.
    La BMA est une association professionnelle et un syndicat officiel au Royaume-Uni. Son avis peut être considéré comme représentatif de la majorité des médecins britanniques, qui  se positionnent clairement contre le suicide assisté et l’euthanasie, volontaire ou non.
    Pour ces médecins, la légalisation de telles pratiques irait à l’encontre de l’éthique médicale et mettrait en péril les personnes les plus vulnérables. En outre, une telle décision mettrait à mal l’obligation de ne pas tuer et risquerait d’entraîner toute la société sur une pente glissante, dont les conséquences seraient ingérables.
    Alors que la Chambre des communes a récemment rejeté un projet de loi sur le suicide assisté et que le Premier Ministre exprimé son opposition à une telle mesure, cet avis médical conforte l’opposition du Royaume-Uni à l’euthanasie et au suicide assisté.

    Source : BMA
     

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