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Belgique : le contrôle de la pratique de l’euthanasie de plus en plus ardu

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[Français] 22 octobre 2015

Sommaire

  •   Belgique : le contrôle de la pratique de l’euthanasie de plus en plus ardu
  •   Belgique : soins palliatifs insuffisants pour les enfants
  •   Espagne : arrêt de l’alimentation et de l’hydratation d’une petite fille handicapée
  •   France : extension du don de gamètes aux personnes n’ayant pas eu d’enfants
  • Belgique : le contrôle de la pratique de l’euthanasie de plus en plus ardu

    20/10/2015 - Fin de vie

    Lundi 19 octobre, le journal Le Soir publiait un article « L’euthanasie en panne de contrôle », exposant la difficulté de la Commission fédérale de contrôle de l’euthanasie en Belgique à renouveler ses membres. Sur 16 membres, et autant de suppléants, il manque 7 professeurs à l’appel. En réalité, les conditions sont très strictes pour être admis dans la Commission de contrôle, alliant parité hommes/femmes, compétences professionnelles, parité philosophique et linguistique.

    En outre, face à l’augmentation des cas d’euthanasies (plus de 2000 par an) en Belgique, plusieurs membres se sont retirés de la Commission devant la charge de travail croissante. « On me disait qu’il n’y avait que quelques dizaines de dossiers par mois. Or, aujourd’hui ce sont en moyenne 200 dossiers, dont 80 à 90% en néerlandais, qu’il s’agit de lire et de préparer avant la Commission qui se tient une fois par mois, le jeudi à 17h » déplore Claire Nouwynck, chef de clinique adjointe en oncologie médicale à l’hôpital Erasme qui a récemment démissionné.

    Face à ce constat, c'est l’efficacité même du contrôle qui pourrait être remise en cause. De là à ce que d'aucuns remettent en cause la loi elle-même ? C'est en tout cas la crainte exprimée par certains membres de l’ADMD dans ce même article du Soir. En attendant le renouvellement de la Commission, l'ancienne continuera à siéger.

    Répondant à la question parlementaire n° K383 du 30/07/2015 de Sybille De Coster Bauchau concernant les plaintes reçues à propos des euthanasies illégales, la Ministre de la santé, Maggie De Block, a répondu que « si des citoyens émettent des doutes quant à la légalité de l’euthanasie pratiquée sur un proche, ceux-ci peuvent introduire une action en justice. Mais je ne suis pas en mesure de connaitre le nombre de plaintes qui auraient effectivement été portées devant les autorités judiciaires à ce sujet. »

    Source : Le Soir

     

    Belgique : soins palliatifs insuffisants pour les enfants

    20/10/2015 - Fin de vie

    Dans un article publié dans le journal Le Soir, le 11 octobre 2015, le Docteur Christine Fonteyne, responsable de la coordination entre l’hôpital et la maison des jeunes patients à l’Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola (HUDERF), interpelle les pouvoirs publics pour obtenir de plus grands moyens financiers pour les soins palliatifs pour enfants.

    Cet établissement très réputé pour les soins palliatifs pédiatriques constitue une des deux seules équipes bruxelloise dans ce domaine. Sur toute la Belgique, les trois fédérations des soins palliatifs ne comptent que 5 équipes spécialisées pour les enfants, alors que la demande augmente très fortement. En effet, les avancées de la médecine permettent à beaucoup d’enfants d’échapper à la mort, même en cas de graves maladies. Mais le suivi des patients et de leurs familles requiert alors plus de besoins.

    En six ans, le nombre de patients a presque triplé puisqu’en 2008, la Fédération bruxelloise des soins palliatifs accueillait 139 nouveaux patients, et en 2014 ce sont 316 nouveaux patients qui ont intégré ces services spécialisés.

    La loi du 14 juillet 2002 relative aux soins palliatifs accorde à tous les patients le droit de bénéficier de soins palliatifs. Afin de répondre à cette obligation, l’Etat devra donc apporter le soutien nécessaire au secteur des soins palliatifs qui réclament depuis de nombreuses années des moyens financiers à la hauteur de l'exigence à laquelle chaque patient a droit.

    Source : Le Soir

     

    Espagne : arrêt de l’alimentation et de l’hydratation d’une petite fille handicapée

    20/10/2015 - Fin de vie

    Le 9 octobre 2015, Andrea Lago Ordonez est morte à l’âge de 12 ans après avoir été privée d’alimentation et reçu une hydratation minimale pendant 4 jours à l’hôpital universitaire de Saint Jacques de Compostelle en Espagne.

    Cette petite fille espagnole était atteinte d’une grave maladie dégénérative. Son cas s’était aggravé, et Andréa Lago Ordonez avait été placée sous sédation, en étant alimentée par sonde gastrique. Ses parents ont demandé l'arrêt de cette alimentation. Après un premier refus de l’hôpital, au motif que la petite fille ne souffrait pas, ils ont obtenu qu’on lui retire la sonde gastrique et qu’on diminue fortement son hydratation.

    Il a fallu quatre jours pour que cette petite fille, qui n’était pas en fin de vie, meure par abstention de soins et de l’effet de la sédation. Beaucoup de personnes et de médecins s’étaient mobilisés depuis quelques mois pour empêcher la mort de cette petite fille. Ils craignent désormais une véritable dérive vers l’euthanasie par arrêt d’alimentation et d’hydratation.

    Source : El Mundo

     

    France : extension du don de gamètes aux personnes n’ayant pas eu d’enfants

    20/10/2015 - Procréation médicalement assistée PMA / GPA

    Le 15 octobre 2015, Marisol Touraine, Ministre en charge de la Santé en France a pris un décret en application de la loi de bioéthique du 7 juillet 2011 afin d’élargir les conditions de don d’ovocytes aux personnes n’ayant pas eu d’enfants, alors que la loi limitait auparavant le don d’ovocytes aux femmes majeures jusque 37 ans et ayant déjà donné naissance à un enfant. Les hommes ont jusque 45 ans pour effectuer un don de sperme.

    Le but de cette nouvelle mesure est d’accroître le nombre de Fécondations In Vitro Et Transfert d’Embryon (FIVETE) d’une part et d’élargir le pourcentage de chances de réussite des FIVETE car le taux de réussite augmente avec des donneuses plus jeunes qui produisent davantage d’ovocytes. Les derniers chiffres fournis par l’Agence de la Biomédecine (ABM) indiquent qu’en 2013, sur 797 tentatives, seuls 198 enfants sont nés. Près de ¾ des opérations ont donc échoué. Ainsi, il faut beaucoup de gamètes pour peu de chances de réussite. L’objectif du Ministère de la santé est officiellement annoncé à  « 900 donneuses cette année. »

    Pour inciter les femmes au don, la loi offre à tous les donneurs la faculté de conserver leurs gamètes afin de les utiliser ultérieurement à des fins personnelles si nécessaire (autoconservation), au cas où une maladie ou une malformation interviendrait au cours de leur vie, les empêchant de procréer par eux-mêmes. Aujourd’hui, 95% des donneuses le font parce qu’elles ont connu un proche faisant face à de lourdes difficultés de procréation. Le Dr Karine Morcel, du CHU de Rennes, responsable d’un des 23 centres de conservation des œufs et du sperme (CECOS) en France craint pour l’avenir une dérive du don d’ovocytes vers une « fausse assurance procréative ».

    De nombreux médecins craignent une pression grandissante exercée à l’égard des femmes, alors que la procédure de don d’ovocytes est très lourde et exige souvent, outre les stimulations hormonales, une anesthésie générale. En outre, le glissement vers l’autoconservation des gamètes risque de dénaturer les dons et engendrer par la suite de nombreux problèmes annexes. Face à un tel élargissement des donneuses, qu’adviendra-t-il des femmes célibataires, ou en couple homosexuel ? La loi interdit formellement l’accès à l’PMA pour ces femmes. Mais qu’adviendra-t-il des femmes qui, par leur don d’ovocytes auront permis à une autre femme d'entamer une grossesse, sans pourvoir elles-mêmes profiter des mêmes prérogatives avec leur propre matériel génétique ?

    En Belgique, une loi du 6 juillet 2007 permet le don d’ovocytes pour toutes les femmes majeures jusque 45 ans, sans autres conditions.

    Source : Le Monde

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