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Belgique : contrôler aussi les sédations en fin de vie ?

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[Français] 30 novembre 2017

Sommaire

  •   Belgique : contrôler aussi les sédations en fin de vie ?
  •   Euthanasie : lobbying au sein de l’Association Médicale Mondiale
  •   Belgique : les enfants en soins palliatifs sont-ils bien pris en charge ?
  • Belgique : contrôler aussi les sédations en fin de vie ?

    30/11/2017 - Fin de vie

    Réduire volontairement l’état de conscience d’un patient en toute fin de vie, avec son consentement, dans une mesure juste suffisante pour contrôler  un  ou des symptômes réfractaires à tous les moyens médicaux connus, est un acte médical qui demande une grande compétence et des soignants bien formés. Cette sédation palliative ne peut en aucun cas viser à abréger la vie du patient. Car si l’intention du médecin est d'induire le coma pour provoquer la mort du patient, - l’intention est claire -, ce geste doit être qualifié d'homicide volontaire.

    Or, en 2015, un sondage dans une centaine de maisons de repos et de soins en Flandre, a révélé que nombre de prescriptions médicales sédatives à fortes doses visaient la mort des patients et étaient dans ce cas de fausses « sédations » étiquetées de « terminales », en fait de réels homicides. Les décès après sédation ne sont pas enregistrés, ce qui empêche tout contrôle tant sur leur nombre que sur l’intention ayant animé le médecin.
    C’est pourquoi, le Prof. Distelmans (VUB), défenseur de la loi sur l'euthanasie et président de la Commission de contrôle de l’euthanasie, plaide pour l’enregistrement des sédations palliatives  dans son ouvrage « Palliatieve sedatie, trage euthanasie of sociale dood? ». Selon lui, 70 % des patients mis sous sédation n’auraient pas donné leur consentement au préalable à ce geste. Il sous-entend aussi que certains hôpitaux abuseraient de la sédation « terminale » pour éviter de pratiquer l’euthanasie, qualifiant ce geste sédatif d’euthanasie masquée.

     

    De son côté, et pour éviter ces euthanasies masquées et parfois non-demandées par le patient, la Ministre de la Santé Maggie de Block, estime qu’un mécanisme d’enregistrement et de contrôle tout comme celui de l’euthanasie, permettrait de sortir la pratique des sédations d’une « zone grise ». Soutenue par la parlementaire socialiste flamande Karin Jiroflée, la Ministre voudrait ainsi demander au Parlement de lancer le débat sur le contrôle légal de la sédation palliative.  Une résolution sera soumise à la Chambre, demandant la mise en place, au sein des hôpitaux, de projets phares d’enregistrement afin d'avoir une vue d’ensemble de la pratique de sédation en Belgique.

    Cette façon d'envisager la sédation ne fait pas l'unanimité. De son côté, Gert Huysmans, président de la Fédération flamande des soins palliatifs, estime  qu’il s’agit là de manœuvres politiques visant à distraire de la véritable question qui est le dysfonctionnement de la loi euthanasie en Belgique. « Aux Pays-Bas, la loi euthanasie a déjà été réévaluée 3 fois; en Belgique, jamais. La demande se fait de plus en plus pressante. Exprimer à nouveau ses suspicions face à la sédation palliative ne sert qu’à détourner l’attention. »

    La parlementaire Els Van Hoof (CD&V) rejoint cet avis, suggérant que « le problème d’enregistrement sédation palliative est à l’agenda pour cacher des négligences dans l’application de la loi sur l’euthanasie (…) La pratique de la sédation palliative ne s'améliorera pas du seul fait de plus de formalités administratives. La preuve en est que l’enregistrement des euthanasies n’a pas permis d’ améliorer leur contrôle ni l’application de la loi ».

    D’autant plus préoccupant est le fait que certains soignants ne semblent pas reconnaître qu’une sédation peut être contrôlée et ne pas forcément être synonyme de mort provoquée, oubliant que l’intention du médecin qualifie l’acte.

    Voir Fiche didactique de l'IEB « Fin de vie : s'entendre sur les mots »

    Sources : De Standaard, RTL, Knack

     

    Ces 16 et 17 Novembre 2017, l’Association Médical Mondiale (AMM) – en anglais la  World Medical Association (WMA) - s’est réunie à Rome afin de débattre de la fin de vie et de la question de l’euthanasie. Dans ses résolutions officielles, l'AMM juge "contraires à l'éthique" l'euthanasie et le suicide assisté. Elle "encourage toutes les associations médicales nationales et les médecins à s'abstenir de pratiquer l'euthanasie, même si la législation nationale le permet".

    Se sentant montrées du doigt, les associations médicales des Pays-Bas et du Canada, deux pays où l’euthanasie a été dépénalisée sous certaines conditions, souhaitent que l’AMM modifie sa position et fasse preuve de  « neutralité » vis-à-vis des médecins  qui pratiquent l’euthanasie, ceux-ci  pouvant se sentir jugés par leurs confrères.

    Ce sont donc deux associations médicales nationales qui veulent faire changer la position mondiale des 112 autres associations de médecins composant l’AMM.

    On comprend que des conceptions opposées de la profession médicale s’opposent. Tandis que le Président de la KNMG néerlandaise, René Héman, promoteur de l’euthanasie, invoque certains passages de la Déclaration de Genève, mettant en avant l’autonomie et la dignité du patient, le président de l'association de médecins allemands, Franck Ulrich Montgomery, rappelle que l’autonomie du patient ne peut impliquer un médecin, et de rappeler le serment d’Hippocrate « je ne remettrai à personne du poison, si on m'en demande ». Il insiste sur le rôle des professionnels de la santé qui est de guérir ou soulager les souffrances, et non de tuer le patient.

    « Lorsqu’un patient, subissant une souffrance insupportable et sans issue, demande à en finir, le médecin doit-il à ce moment se positionner contre lui ou à ses côtés ? » rétorque Héman. Mais tuer un patient est-il vraiment un acte de compassion, lorsque les soins palliatifs existent pour répondre au soulagement des souffrances sans abréger la vie ?

    Montgomery remet par ailleurs en question la place des sondages dans ces questions d’éthiques, qui déclarent que 70% de la population dans les pays industrialisés réclame la possibilité d’avoir le choix et l’option de l’euthanasie. En effet, « Est-ce que notre éthique et nos convictions profondes dépendent des sondages? ».

    Voir aussi  Fils d'actus : "L’Association médicale mondiale examine les questions de fin de vie et d’euthanasie"

    Sources : Alliance Vita

    Belgique : les enfants en soins palliatifs sont-ils bien pris en charge ?

    30/11/2017 - Fin de vie

    A l’occasion de la Journée Internationale des Droits de l’Enfant, la Fédération Bruxelloise Pluraliste de Soins Palliatifs et Continus (FBSP) annonce l’ouverture d’une étude avec pour objectif d’estimer le nombre d'enfants en région bruxelloise vivant avec une maladie limitant et/ou menaçant leur vie.

    Les résultats préliminaires de cette étude montrent que durant la période 2010-2014, en Région Bruxelloise, seuls 572 enfants, soit 5% de l’ensemble des enfants hospitalisés pour une maladie limitant ou menaçant leur vie, ont été suivis par une équipe de liaison pédiatrique. Ces équipes, membres de L’ASBL "Eclaircie", assurent le retour et le maintien à domicile avec la continuité des soins d’un enfant malade, lorsque l'hospitalisation n'est plus nécessaire, mais que la maladie ou l'affection demeure évolutive et préoccupante.

    En Belgique, il n’existe que 5 équipes de liaison pédiatrique qui assurent une telle prise en charge de ces enfants, dont 2 en Région de Bruxelles-Capitale.

    L’Organisation Mondiale de la Santé et le Réseau International de Soins Palliatifs Pédiatriques (ICPCN, déclaration de Mumbai, 2014) rappelle que tout enfant vivant avec une maladie limitant ou menaçant sa vie a le droit aux soins palliatifs pédiatriques. Il est à noter que depuis la loi du 21 juillet 2016, les soins palliatifs pédiatriques ne se limitent plus uniquement à la phase de la fin de vie.

    Sources : cancer.be