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Accroissement de 8% des euthanasies officielles aux Pays-Bas

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[Français] 18 mai 2018

Sommaire

  •   Accroissement de 8% des euthanasies officielles aux Pays-Bas
  •   L’Association Médicale Américaine aux Etats-Unis maintient son opposition au suicide assisté
  •   Grande-Bretagne : ils ont créé un embryon sans gamètes
  • Accroissement de 8% des euthanasies officielles aux Pays-Bas

    18/05/2018 - Fin de vie

    Avec 6.585 déclarations reçues, les RTE (Regionale Toetsingscommissies Euthanasie) (commission régionales d’évaluation de l’euthanasie et du suicide assisté) enregistrent une augmentation des euthanasies ou de suicides assistés de 8 % par rapport à 2016. C'est ce qui ressort du rapport 2017 qui vient d'être rendu public. (Jaarverslag 2017 van de Regionale Toetsingscommissies Euthanasie )

    La « Levenseindekliniek » (LSK), clinique « de fin de vie » dédiée à la pratique d’euthanasie, a connu cette année une augmentation d’activité interpellante. Les médecins de la LSK ont euthanasié 751 personnes en 2017, soit 264 (ou 54 %) de plus qu’en 2016. Celles-ci souffraient principalement de troubles psychiatriques, de démence ou de polypathologie. Les 751 personnes qui se sont tournées vers la LSK représentent plus de 10 % du nombre total d’euthanasies sur l’année.

    Cette augmentation pose question à l'Association Nationale Royale des Médecins (la KNMG). Selon elle en effet, il est hautement préférable qu’une euthanasie prenne place au sein d’une relation thérapeutique stable, qui permet une relation de confiance. Celle-ci peut difficilement s’établir à la LSK, où les personnes se rendent pour demander leur euthanasie et non pas pour traiter leur mal. Pourquoi doivent-ils s’y rendre ?

    Parmi les 6.585 personnes euthanasiées en 2017, 83 souffraient d’une maladie psychiatrique. 65 parmi elles ont été euthanasiées par un médecin de la LSK. Parce que l’évaluation d’une telle demande d’euthanasie est si complexe, tant la KNMG que la NVVP (l’association des psychiatres) rappellent l’importance l’intervention d’un psychiatre indépendant pour juger de la capacité de discernement et du caractère inapaisable de la souffrance du patient, avant la consultation avec le psychiatre « SCEN », spécialisé sur les questions d’euthanasie et de suicide assisté.

    166 personnes ont été euthanasiées en raison d’un début de démence et 3 personnes, en situation de démence avancée, l’ont été sur base de leur déclaration anticipée.

    Pour rappel, près de 450 médecins néerlandais avaient signé en janvier 2017une pétition pour protester contre l’euthanasie des personnes atteintes de démence profonde sur base de leur déclaration anticipée (Bulletin IEB). C’est notamment pour cette raison que les RTE ont décidé à la fin de l’année, de convoquer désormais automatiquement le médecin qui aura euthanasié une personne sur base d’une telle déclaration, dans le but d’obtenir des informations supplémentaires quant à la décision et à l’exécution de l’euthanasie.

    Le Dr Jacob Kohnstamm, président des RTE, voit d’un œil positif cette mesure. Elle pourrait améliorer la qualité du travail des RTE, dans un contexte où il leur a déjà été reproché de toujours se limiter à un contrôle formel du respect de la loi et de juger conforme chaque cas où une déclaration anticipée avait été rédigée, sans se pencher sur la valeur juridique concrète de celle-ci.

    Le Docteur René Héman, président de la KNMG, s’inquiète par ailleurs de ce que de plus en plus de citoyens réclament l’euthanasie comme un droit incontestable. Bien que grand défenseur de celle-ci, il tient à rappeler qu’elle ne représente pas la seule alternative de fin de vie « digne ».

    L’augmentation des euthanasies pour cause de souffrance psychique ou de démence et l’implication importante de la LSK dans celle-ci, inquiète certains médecins néerlandais depuis quelque temps déjà.

    C'est ce qu'exprimait dansune tribune le célèbre psychiatre Boudewijn Chabot, pourtant défenseur lui aussi de l’euthanasie, suite à la publication du 3ème rapport d’évaluation de la loi euthanasie néerlandaise en juillet 2017.

     Source : KNMG

    L’Association Médicale Américaine aux Etats-Unis maintient son opposition au suicide assisté

    15/05/2018 - Fin de vie

    Aux Etats-Unis, des militants pour la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté ont demandé à l’Association Médicale Américaine (AMA) de reconsidérer sa position sur le suicide assisté. Ils souhaitent la modification le code d’éthique médicale vers l’adoption d’une attitude éthique favorable ou à tout le moins « neutre » vis-à-vis de la pratique, puisque le suicide permis par « aide médicale » ne s’apparenterait pas à un suicide « classique ».

    Le comité d’éthique de l’AMA a rejeté cette vision. Non seulement il refuse d' assimiler le suicide assisté à une forme de suicide, et refuse même d’approuver l’utilisation des termes d’ « aide à la mort » et de « mort dans la dignité » pour décrire le suicide assisté.

    Seule l’expression d’ « aide médicale au suicide » décrirait la pratique avec la précision nécessaire. “Les termes d’ « aide à la mort » et de « mort dans la dignité » peuvent être utilisés pour décrire tant l’euthanasie ou le suicide assisté que les soins palliatifs en fin de vie… Ce degré d’ambiguïté empêche de donner toute orientation éthique à l’agir médical. Cette ambiguïté représenterait même un danger au sein du débat.

    Le comité d’éthique souligne par ailleurs son inquiétude face aux pratiques actuelles en Belgique et aux Pays-Bas. Selon eux, les recommandations médicales qui promettaient de « prévenir les abus » ne semblent pas avoir tenu toutes leurs promesses. En témoignerait le nombre d’euthanasies pour souffrances exclusivement psychiques en augmentation constante, ou bien encore les critiques diverses portées contre les systèmes de déclaration par les médecins et l’efficacité des contrôles.

    Ces éléments encouragent l’AMA à la prudence. Ce n’est pas parce des preuves flagrantes de conséquences néfastes de l’euthanasie ne sont pas encore remontées en surface, estime-t-elle, que celles-ci n’adviendront jamais dans le futur. C’est le principe de la pente glissante, on ne sait pas quand on tombe.

    C’est la raison pour laquelle le comité de l’AMA refuse la neutralité, qu’elle considère comme un positionnement de fuite : ignorer les problèmes potentiels que pose une pratique contestée plutôt que d’en débattre revient selon eux à y acquiescer.

    Source : Bioedge

     

     

    Grande-Bretagne : ils ont créé un embryon sans gamètes

    15/05/2018 - Recherche biomédicale

    Des chercheurs de l’Université de Cambridge ont créé un embryon artificiel à partir de cellules souches de souris. Celui-ci a atteint l’âge de 7 jours, soit un tiers du temps de gestation de son espèce (de +- 3 semaines).

    Si la structure interne de cet embryon de souris ne différait en rien de celle d’un embryon naturellement développé à partir de gamètes, les chercheurs ne pensent pas qu’il aurait continué normalement son développement, car d’autres types de cellules-souches auraient pour cela dû être ajoutés pendant l’expérience.

    Ils ont annoncé leur désir de procéder à la même expérience avec des cellules-souches humaines, afin de pouvoir étudier de plus près les premières étapes de formation et d’agencement des cellules d’un zygote/embryon, avant sa nidation dans l’utérus. Cette étape de la grossesse reste à ce jour très difficile à étudier. Une meilleure connaissance de celle-ci aiderait peut-être à comprendre les raisons des nidations ratées ou de certaines fausses couches.

    La première génération de cellules souches est nécessairement prélevée sur des embryons existants (ce qui détruit l'embryon), mais mise en culture, elle peut se reproduire de manière autonome. La création d’embryons artificiels à partir de ces cellules-là viserait à contourner toute pénurie d’embryons destinés à la recherche. Pour l’instant, ceux-ci sont tous issus de gamètes surnuméraires aux procédures de FIV, et leur nombre est donc tributaire du nombre de dons.

    De plus, la Grande-Bretagne impose aux chercheurs de détruire les embryons humains après 14 jours de développement. Cette limite pourrait ne pas s’appliquer aux embryons artificiels, espèrent les chercheurs.

    Source : Science Mag

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