Royaume-Uni : vers une recherche sans restriction sur l’embryon ?

 Imprimer

Thématique : Recherche biomédicale / Recherche sur les embryons

Actualités - Royaume-Uni Royaume-Uni

Publié le : 08/12/2016

Passer de 14 jours à 28 jours et ainsi doubler le délai inscrit dans la loi encadrant la recherche sur les embryons humains :  voilà la demande que des scientifiques viennent d'exprimer publiquement lors du congrès médical Progress Education Trust au Royaume-Uni. Actuellement, la durée légale est fixée à 14 jours. Cette durée n'a pas été choisie par hasard car il est généralement admis qu'avant le 14e jour il n'y a pas de trace de formation de la colonne vertébrale.

Justifiant leur requête par le fait qu'aujourd'hui de nouvelles techniques permettent aux chercheurs de doubler le temps de conservation des embryons en laboratoire, les scientifiques arguent que de telles expériences permettraient de mieux appréhender les remèdes à certains types de cancers ou de maladies cardiaques ou congénitales…

Faire passer le délai de 14 à 28 jours ne participerait pas à un phénomène de « pente glissante » selon certains scientifiques, avis que ne partage pourtant pas la philosophe Mary Warnock, à l'origine du rapport Warnock qui fixa en 1984 la durée limite de 14 jours. Celle-ci explique que ce délai doit permettre à la recherche d'avancer dans un cadre qui reste toutefois strictement contrôlé.  Un collectif de médecins s'est également opposé à ce prolongement, dont le professeur Anthony McCarthy, de SPUC (Society for the Protection of Unborn Children), opposés à la recherche sur les embryons humains. Ces derniers considèrent en effet cette demande de prolongation à 28 jours comme une « pente glissante qui aboutira forcément à une recherche sans restriction sur les embryons ».

Rappelons qu'en Belgique, la loi « relative à la recherche sur les embryons in vitro » est déjà effective depuis mai 2003. Elle permet l'utilisation des embryons surnuméraires issus de la procréation médicalement assistées (PMA) mais elle autorise également la création d'embryons uniquement à des fins de recherche. La loi de 2003 répond à plusieurs objectifs : autoriser voire stimuler la recherche pour « permettre l'élargissement des connaissances », tout en édictant certaines limites ainsi qu'une totale transparence des pratiques : la sélection génétique, le clonage à caractère reproductif, l'implantation d'embryons humains chez des animaux ou encore l'utilisation des embryons, gamètes et cellules souches embryonnaires à des fins commerciales.


Source : The Guardian


Articles similaires

Belgique : réparation du cortex cérébral par cellules embryonnaires

- Recherche sur les embryons

Des chercheurs de l'ULB (Université libre de Bruxelles), Pierre Vanderhaeghen, Kimmo Michelsen et Sandra Acosta, ont procédé à la transplantation de neurones générés à partir de cellules embryonnaires sur des souris dont le cortex cérébral était endommagé. La première étape de la recherche, déjà clôturée précédemment avec succès, consistait en la production à partir de cellules embryonnaires, de cellules nerveuses (ou neurones) identiques à celles qui composent le cortex cérébral.
Une fois ces...

Lire la suite

Pays-Bas : création d’embryons pour la recherche

- Recherche sur les embryons

Le vendredi 27 mai 2016, la Ministre de la santé néerlandaise Edith Schippers a annoncé un nouveau projet de loi visant à permettre la création d'embryons pour certaines recherches spécifiques relatives à l'infertilité, aux procréations médicalement assistées et aux maladies héréditaires « sous de strictes conditions ». L'objectif de cette loi est, selon la ministre, de faciliter l'accès à « un enfant ou un enfant en bonne santé ».

Les Pays-Bas sont, après la Belgique, un des premiers Etats à...

Lire la suite

RECHERCHE EMRYONNAIRE / GENETIQUE

- Recherche sur les embryons

 

 

 

 

 

 

 

o    Royaume-Uni : vers une recherche sans restriction sur l'embryon ?

o    Belgique : 10 millions d'euros pour une nouvelle banque de données ADN

o    Pays-Bas : la Ministre Schippers lance une campagne pour le don de cellules souches adultes

o    Union européenne : autorisation d'un médicament à base de cellules souches humaines

o    Belgique : pas de statistiques relatives au nombre total d'embryons surnuméraires congelés

o    Pays-Bas : création d'embryons pour la...

Lire la suite