Belgique : 10 millions d’euros pour une nouvelle banque de données ADN

 Imprimer

Thématique : Recherche biomédicale / Génétique

Actualités - Belgique Belgique

Publié le : 27/10/2016

Une plate-forme technologique permettant de cartographier l'ADN complet de dizaines de milliers de citoyens verra le jour prochainement en Belgique. Celle-ci investira 10 millions d'euros dans ce projet porté par un consortium d'instituts de recherche, d'hôpitaux et d'entreprises belges qui signeront prochainement un accord de collaboration. La nouvelle banque de données servira à poser des diagnostics et à évaluer le risque de maladies héréditaires en vue d'une meilleure prévention. Elle doit aussi contribuer à mettre au point des traitements plus efficaces de ces maladies.

Le projet constituera une première étape vers le passeport génétique pour les nouveau-nés, un outil destiné au suivi médical des personnes tout au long de leur vie. Selon les initiateurs du projet, « dans dix ans, ce sera devenu réalité ». Les centaines de giga-octets de données récoltées devront être interprétés correctement et rapidement pour que le projet puisse atteindre son but.

Imec, iMinds et plusieurs entreprises technologiques belges et étrangères ont donc décidé de mettre leur savoir-faire en commun pour informatiser les connaissances de pointe dont disposent les hôpitaux et les universités belges. Le laboratoire permanent de recherche consacré à la technologie des puces créé à Louvain par Samsung et Intel servira de modèle pour le nouveau projet belge dans le domaine génétique. Pour Joris Vermeersch, directeur du centre de génétique humaine de la clinique universitaire Gasthuisberg à Louvain, « l'analyse ADN devrait devenir le centre névralgique des hôpitaux du XXIe siècle ».

Les enjeux éthiques liés à ce type de projet sont multiples. Une telle collecte d'informations à caractère personnel et médical soulève notamment la question de la sécurité des données. Qui aura accès à ces données, qui pourra en faire usage ? Quel type d'usage en sera autorisé ? Dans quelle mesure un consentement éclairé de la part des patients pourra-t-il être assuré, en particulier dans le cas d'informations génétiques collectées sur un nouveau-né en vue d'être utilisées durant toute sa vie, et peut-être même après ? 

Sources : Belga/AFP/L'Echo


Articles similaires

Séquençage du génome complet : la Belgique avance

Séquençage du génome complet : la Belgique avance

- Génétique

L'Institut de Pathologie et de Génétique (IPG), situé au sein du Biopôle de Gosselies, acquiert un séquenceur d'ADN dernière génération : le NovaSeq. C'est l'occasion, pour l'Institut européen de Bioéthique, de revenir sur les enjeux cliniques et éthiques des tests génétiques, de plus en plus performants et répandus.

Acquis ces deux dernières années par la majorité des centres de génétiques belges, cette machine permet de séquencer l'entièreté du génome et constitue un changement de paradigme...

Lire la suite

Analyse ADN facturée 300 euros en Belgique contre seulement 30 euros en Allemagne.

Analyse ADN facturée 300 euros en Belgique contre seulement 30 euros en Allemagne.

- Génétique

Une société de Munich a été choisie pour effectuer l'analyse annuelle d'environ 8.000 échantillons ADN de personnes condamnées par la justice belge. Les laboratoires belges, qui réalisaient jusqu'à présent ces analyses, regrettent qu'elles ne soient plus effectuées dans le pays, indique De Standaard.
Le gouvernement a décidé d'attribuer dès 2014 l'analyse des échantillons ADN des condamnés à la société allemande Eurofins Medigenomix Forensik afin de réaliser des économies. En effet, une analys...

Lire la suite

Belgique : pour un dépistage génétique généralisé en contexte de procréation

Belgique : pour un dépistage génétique généralisé en contexte de procréation

- Génétique

Dans son avis 9240, publié en mars dernier, le Conseil Supérieur de la Santé (CSS) s'est prononcé sur le Dépistage génétique généralisé en contexte de procréation. Ce dépistage s'adresse aux couples envisageant la conception d'un enfant. Avant même le début d'une grossesse, cet examen permet de détecter si l'enfant non encore conçu risque de développer une maladie héréditaire à transmission autosomique ou à transmission liée à l'X. Ces maladies sont récessives, c'est-à-dire que les parents peu...

Lire la suite