Démence et fin de vie : le Hastings Center lance des recherches

 Imprimer

Thématique : Fin de vie / Santé mentale

Actualités - Etats-Unis Etats-Unis

Publié le : 19/06/2019

Auteur / Source : The Hastings Center, National Institute in Aging

Les Etats-Unis n'échappent pas au vieillissement de leur population et parallèlement, à l'augmentation des cas de démence. Les personnes atteintes de démence sont confrontées à la dégradation de leurs fonctions cognitives, notamment la mémoire, la résolution de problèmes et le langage. Il n'existe pas encore de traitement curatif pour la démence ni aucun moyen d'arrêter sa progression. Arrivé à un stade avancé de démence, le patient a besoin d'une assistance quotidienne et parfois de soins complets. La perte de sa capacité décisionnelle provoque aussi des discussions sur sa fin de vie. C'est précisément ce point qui fera l'objet de recherches par le Hastings Center, basé à Garrison (New York).

Aux États-Unis, chacune a le droit de refuser un traitement. Dans la plupart des cas, la personne doit néanmoins être capable de prendre la décision elle-même. Des personnes chez qui on a diagnostiqué une forme de démence et qui s'attendent à perdre leur capacité décisionnelle, peuvent refuser des traitements futurs au moyen d'une directive anticipée ou par l'intermédiaire d'une personne désignée. Des voix s'élèvent pour pointer un manque de réflexion face à la complexité de la maladie. Aux différentes étapes de la maladie, il s'avère difficile de déterminer la compétence du patient pour prendre ses propres décisions. Il arrive aussi que le patient change d'avis. Par conséquent, on ne sait pas si les critères établis pour les décisions de refus de traitement sont suffisants. 

Soucieux de pallier le manque de réflexion sur les cas de démence et les directives anticipées de ces patients, le Hastings Center fournira une analyse éthique des décisions de fin de vie en cas de démence. Les résultats seront publiés en 2021. 

 

C'est un constat similaire qui a poussé le Prof.dr. Robbert Huijsman à rassembler dans un livre gratuitement disponible, les profils académiques et bibliographiques de tous les professeurs spécialisés dans l'étude de la démence aux Pays-Bas. Avec cet ouvrage, il espère permettre aux experts de partager leurs travaux pour "donner une direction à la compréhension du déclenchement et du déroulement de la maladie, et des pistes de solutions pour le soin des personnes démentes". A l'heure où des voix se font entendre en Belgique et au Canada pour permettre l'euthanasie des personnes démentes, de telles recherches ont toute leur importance et mériteront d'être relayées.


Articles similaires

Quelle valeur donner à la déclaration anticipée de patients rattrapés par la démence?

- Santé mentale

Le Sénat  belge s'interroge sur l'extension de la loi sur l'euthanasie aux personnes atteintes de démence et ce jeudi 11 avril, les sénateurs ont de nouveau effectué des auditions en commission parlementaire.
"Qu'en est-il "d'une personne qui, ayant rédigé une déclaration préalable d'euthanasie au cas où elle serait atteinte de démence, refuse ensuite de la mettre en oeuvre une fois qu'elle a été rattrapée par la maladie".
D'après Patrick Cras, neurologue à l'université d'Anvers, cette questio...

Lire la suite

Démence et dispositifs de détection d’errance: Avis du comité Consultatif de Bioéthique de Belgique

- Santé mentale

C'est en juillet 2011 que le ministre flamand du Bien-être, de la Santé publique et de la Famille, Jo Vandeurzen, demandait l'avis du Comité consultatif de Bioéthique de Belgique concernant les conditions éthiques préalables à l'utilisation de « dispositifs de détection d'errance» chez les personnes atteintes de démence. Sa demande s'inscrivait dans son plan politique en matière de démence intitulé : Plan démence pour la Flandre 2010-2014 (Dementieplan Vlaanderen 2010-2014.)
Le ministre souhai...

Lire la suite

La démence devenue une priorité de santé publique mondiale

La démence devenue une priorité de santé publique mondiale

- Santé mentale

Le monde compte aujourd'hui 50 millions de personnes atteintes de démence, dont 60 % vivent dans un pays à revenu faible ou intermédiaire Il en apparaît chaque année 10 millions de plus.

La maladie d'Alzheimer en est la forme la plus courante (60-70 % des cas). L'OMS prédit 82 millions de cas de démence en 2030 et jusqu'à 152 millions d'ici 2050.

Alors que la démence est une des causes principales de handicap et de dépendance parmi les personnes âgées, cette maladie est une réalité encore tr...

Lire la suite