Provoquer la mort d’enfants gravement malades ?

 Imprimer

Thématique : Fin de vie / Euthanasie et suicide assisté

Actualités - Pays-Bas

Publié le : 17/10/2019

Du Rapport d'enquête intitulé « Décisions médicales autour de la fin de vie chez les enfants (1-12 ans) », se dégage une volonté chez certains aux Pays-Bas d'autoriser les médecins à provoquer intentionnellement la mort d'enfants gravement malades.

L'enquête dont il est fait rapport pour le compte du Ministère de la santé a été réalisée sur base de cas d'enfants décédés en 2015. Y ont répondu 38 médecins, 64 parents (de 44 enfants au total), et 1 seul enfant.

L'Institut Européen de Bioéthique a relevé les points saillants du Rapport dans cette NOTE, dont voici quelques extraits : 

Sur les 44 enfants malades qui ont été suivis, pas un seul n'a demandé à mourir.  

Dans presque la moitié des cas, il y a eu une prise de décision médicale autour de la fin de vie de l'enfant. On entend par là une décision d'interrompre un traitement ou de ne pas le commencer, ou celle d'augmenter les antidouleurs/sédatifs, sachant que cela accélèrera la mort. Dans 59% des cas, cette décision n'a pas fait l'objet d'une discussion avec l'enfant. Près de la moitié de ces décisions (±10) avaient expressément pour but le décès de l'enfant. 

« Plusieurs parents » (mais le rapport omet de préciser leur nombre) auraient voulu avoir la possibilité de décider de qu'on provoque activement la mort de leur enfant, par souci d'une « fin de vie digne », d'une « qualité de vie », ou pour lui éviter des souffrances insupportables.


Par contre, 84% des médecins interrogés sont d'accord avec le fait que provoquer la mort d'enfants n'ayant pas la capacité de discernement et qui souffrent fort en raison d'une maladie incurable, devrait être possible moyennant certaines conditions et si les parents le demandent.


Articles similaires

Belgique : euthanasies récurrentes de malades psychiatriques

Belgique : euthanasies récurrentes de malades psychiatriques

- Euthanasie et suicide assisté

Tant en 2013 qu'en 2014, une cinquantaine de personnes ont été euthanasiées en Belgique pour des raisons psychiatriques. "Les patients maniaco-dépressifs sont, dans leur phase maniaque, capables des choses les plus improbables », a évoqué le professeur Distelmans. « Ils peuvent vider leur compte en banque, partir en week-end dans un hôtel cinq étoiles ou encore acheter plusieurs voitures en une seule journée. A ce moment-là, ils ne sont pas conscients de leurs actes. Lorsqu'arrive la phase dép...

Lire la suite

L’euthanasie des enfants adoptée à la Chambre

L’euthanasie des enfants adoptée à la Chambre

- Euthanasie et suicide assisté

Malgré l'opposition de divers groupes et notamment de plus de 200 pédiatres belges, mais aussi de spécialistes des soins palliatifs au niveau international, la Chambre a approuvé par 88 voix pour, 44 contre et 12 abstentions le projet de loi qui étend aux mineurs la loi sur l'euthanasie. Le texte a reçu le soutien des socialistes, des libéraux, des écologistes et de la N-VA. Certains députés se sont toutefois désolidarisés de leur groupe.

Lire la suite

Pays-Bas : 4.7 milliards d’euros par an pour soigner les malades atteints de troubles psychiatriques

Pays-Bas : 4.7 milliards d’euros par an pour soigner les malades atteints de troubles psychiatriques

- Euthanasie et suicide assisté

Tout comme c'est le cas en Belgique, les Pays-Bas avalisent, à certaines conditions, l'euthanasie des personnes atteintes de troubles psychiatriques et qui demanderaient qu'un médecin provoque leur mort.
C'est dans ce cadre que sortent deux informations chiffrées. La première n'est pas directement reliée à l'euthanasie, mais interpelle toutefois : selon le centre sur les soins de santé Vektis, il y aurait eu en 2015 aux Pays-Bas, 221.000 malades psychiatriques graves (215.000 en 2014) qui chac...

Lire la suite