Le nouvel argument pour l’euthanasie des personnes démentes

 Imprimer

Thématique : Fin de vie / Euthanasie et suicide assisté

Actualités

Publié le : 03/04/2019

Faisant suite à une journée d'étude à Anvers en mars dernier, le consortium de médecins LEIF (LevensEinde InformatieForum) fait pression pour élargir l'accès à l'euthanasie aux patients qui sont à un stade avancé de démence.

L'argument est le suivant : puisque la loi exige que la personne soit encore capable de discernement au moment de son euthanasie (*), celle-ci n'est possible qu'au début du processus de démence. Selon LEIF, il en ressort que des patients sont euthanasiés « trop tôt », alors qu'ils pourraient encore vivre de belles semaines, de beaux mois voire de belles années.

Paradoxalement, ce constat, et celui du neurologue Patrick Cras (chef de service à la clinique universitaire d'Anvers), selon lequel les patients atteints de démence reviennent souvent, au cours de la maladie, sur leur volonté initiale d'être euthanasiés, n'aboutissent pas à remettre en question l'euthanasie pour souffrance psychique.

Au contraire, LEIF propose que la personne en début de démence, puisse convenir avec son médecin du moment où elle sera euthanasiée, selon ce qu'elle estime aujourd'hui, comme un état insupportable. Peu importe donc si au moment de l'euthanasie, le patient n'est plus capable de discernement. C'est ce que préconise Jacinta De Roeck, présidente de LEIF-Anvers et conseillère pour les dossiers médicaux-éthiques au centre d'étude du parti Open Vld.  Elle est également membre de la Commission fédérale d'évaluation et de contrôle de l'euthanasie.

Se pose alors la question insoluble des critères pour décider du moment opportun de l'euthanasie en cas de démence avancée : d'un côté, Me Christophe Lemmens, lui aussi membre de la Commission euthanasie, affirme « qu'il reviendra toujours aux médecins de juger en conscience s'il convient d'euthanasier et quand », et cela, sur la base de critères précis, comme le préconise le député Open Vld Jean-Jacques De Gucht. D'un autre côté, Me Lemmens poursuit en disant que les patients devraient décrire avec précision le moment où il faudra considérer qu'ils ne veulent plus vivre.

Au départ de cette revendication : le chiffre de 22 patients euthanasiés en 2018 alors qu'ils n'étaient (officiellement) qu'au début du processus de démence. Les promoteurs de l'euthanasie pour les personnes démentes relèvent que ce nombre a presque doublé depuis l'année précédente. Du côté politique, l'Open Vld et le sp.a soutiennent l'appel. La N-VA, Groen et le Vlaams Belang ne s'y opposeraient pas pour l'instant. Le CD&V n'y est pas favorable car il demande d'abord une réévaluation de la loi euthanasie.

La demande de permettre l'euthanasie des personnes atteintes de démence, fait écho à la lettre ouverte du Prof. et président de la Commission euthanasie Wim Distelmans (6 octobre 2018), dans laquelle il s'inquiétait du coût que représentaient les personnes démentes.

A l'heure où le nombre de personnes atteintes de démence ne cesse d'augmenter dans le monde, est-ce en autorisant l'euthanasie des personnes démentes que les responsables politiques répondront à l'appel de l'OMS d'améliorer la prise en charge de ces personnes, et la manière dont la démence est perçue ?

(*) La seule exception à cette règle concerne la situation d'inconscience irréversible (coma), où l'euthanasie peut être pratiquée sur base d'une déclaration anticipée.

Sources : De Morgen, Het Laatste Nieuws, De Standaard


Articles similaires

“Verbond tot de dood” en euthanasie van 45-jarige tweelingen

“Verbond tot de dood” en euthanasie van 45-jarige tweelingen

- Euthanasie et suicide assisté

Eddy en Marc Verbessem, echte eeneiige tweelingen, waren doof geboren. Ze waren onafscheidelijk en ongetrouwd en hebben altijd onder hetzelfde dak gewoond. Zij hebben samen, op eigen aanvraag, op 14 december ll. in het UZ Brussel te Jette euthanasie laten plegen. Zij waren 45 jaar oud.

Zij vroegen om euthanasie naar aanleiding van de diagnose van glaucoom, een degeneratieve ziekte van de oogzenuw die kan leiden tot blindheid. Volgens onze bronnen (moeilijk te controleren) leden zij aan een...

Lire la suite

Pays-Bas : euthanasie pour « fatigue de vivre » ?

Pays-Bas : euthanasie pour « fatigue de vivre » ?

- Euthanasie et suicide assisté

Nul besoin d'élargir la loi dépénalisant l'euthanasie aux Pays-Bas aux personnes considérant que leur vie est « accomplie » et qui souhaiteraient pour cette seule raison qu'un médecin y mette fin. C'est la conclusion du rapport Schnabel, remis au gouvernement néerlandais le 4 février 2016.
Alerté par plusieurs psychiatres quant aux potentielles dérives de la loi euthanasie, le gouvernement a chargé des experts d'étudier la possibilité d'une extension de la loi actuelle dépénalisant l'euthanasi...

Lire la suite

Euthanasie : les évêques belges rappellent l'interdit de tuer comme base du vivre ensemble

Euthanasie : les évêques belges rappellent l'interdit de tuer comme base du vivre ensemble

- Euthanasie et suicide assisté

Alors que la Chambre abordait l'extension de l'euthanasie aux mineurs, les évêques de Belgique, réunis à Grimbergen, approfondissaient la problématique de la fin de vie avec des experts en matière médicale, juridique, éthique et pastorale. Au terme d'une journée de réflexion intense, ils n'ont pas caché qu'ils "se sentent fortement interpellés par la proposition de loi discutée à la Chambre". Et se demandent toujours "pourquoi légiférer en une matière aussi délicate, quand on sait qu'aux Pays-...

Lire la suite