Italie : le Comité national de bioéthique a rendu son avis sur le suicide assisté

 Imprimer

Thématique : Fin de vie / Euthanasie et suicide assisté

Actualités - Italie Italie

Publié le : 07/08/2019

Le Comité national de bioéthique d'Italie a livré ses réflexions sur la question de la légalisation du suicide assisté. Enième intervention dans le débat qui agite l'Italie depuis un an (voir Bulletin de l'IEB), son avis aura certainement du poids dans les discussions parlementaires des prochains mois.

Au sein du Comité, les positions divergent : 11 membres s'opposent à une éventuelle autorisation, même sous conditions, du suicide assisté. Leurs motifs sont autant éthiques que juridiques. 13 autres membres se sont exprimés en faveur de la légalisation du suicide assisté et ont énuméré les conditions qu'ils verraient dans la loi. Enfin, 2 autres membres conseillent de ne pas franchir le pas de la légalisation étant donné le risque bien connu de la « pente glissante », qui mènerait à une situation où le respect des conditions pour obtenir le suicide assisté deviendrait incontrôlable.

Parmi les trois membres qui ont déposé une opinion dissidente à l'avis, en tout ou partie, le Prof. D'Agostino a regretté que le Comité se cantonne à un texte descriptif des faits et points de vue (doxographique) sans adopter une position véritablement éthique.

Le Comité est néanmoins parvenu à établir des recommandations partagées par tous ses membres : il rappelle que le sujet en question est éminemment délicat du fait qu'il touche à la conscience humaine, et qu'il nécessite une étude approfondie et sans précipitation ; selon l'avis, il primordial de d'abord fournir des soins adéquats aux personnes souffrant de maladies incurables (rendre plus homogène l'accès aux soins palliatifs) ; les citoyens doivent aussi recevoir toutes les informations nécessaires sur l'accès aux soins palliatifs.

L'avis met également en garde contre les raisons économiques qui pourraient motiver l'autorisation du suicide assisté : « Dans une société caractérisée par un vieillissement constant et progressif de la population et la nécessité de limiter les coûts des soins de santé, la légalisation du suicide médicalement assisté, qui serait initialement envisagée pour quelques cas douloureux et exceptionnels aujourd'hui, pourrait pousser la société à entrevoir des avantages économiques possibles face à la disparition des soins qui seraient fournis, et qui sont pourtant indispensables pour garantir une existence digne aux personnes concernées. »

Il invite à prendre en considération les conditions de souffrance, d'angoisse, de dépendance et parfois de dépression ou de confusion qui prévalent chez les personnes désirant mourir, pour éviter qu' « au nom d'une volonté du patient supposée autonome et informée, on ouvre la porte à l'abandon des personnes considérées comme «marginales», non productives, dépendantes et coûteuses, alors qu'elles ont justement besoin d'un soutien solidaire. »


Articles similaires

Québec : le projet de loi sur l’euthanasie est non conforme au droit international

- Euthanasie et suicide assisté

La Coalition des médecins pour la justice sociale lance un appel. A plusieurs reprises ils se sont exprimés contre le projet de loi québécois sur l'euthanasie. Ils regrettent que la population du Québec ait peu accès aux soins palliatifs et craignent que la légalisation de l'euthanasie en fasse la seule option possible pour mettre fin aux souffrances de certains patients.
A noter aussi, que la Commission des droits de la personne du Québec a recommandé au gouvernement que l'euthanasie soit per...

Lire la suite

Suisse : la Fédération des Médecins s’oppose au suicide assisté pour « souffrance insupportable »

Suisse : la Fédération des Médecins s’oppose au suicide assisté pour « souffrance insupportable »

- Euthanasie et suicide assisté

La Fédération des Médecins Suisses (FMH) a refusé, ce 25 octobre, d'élargir les critères d'accès au suicide assisté. Les nouvelles directives de l'Académie Suisse des Sciences Médicales (ASSM), publiées en mai dernier, avaient remplacé le critère de « fin de vie » par celui de « souffrance insupportable due à des symptômes de maladie et/ou à des limitations fonctionnelles ».
La FMH, forte de 40 000 membres, a jugé que le critère de souffrance insupportable n'était pas mesurable et renvoyait à ...

Lire la suite

Suisse : suicides assistés

Suisse : suicides assistés

- Euthanasie et suicide assisté

Une équipe de chercheurs suisses - dans le cadre de l'étude nationale de Cohorte - dirigée par Matthias Eggerfrom ( Berne), vient de publier dans le International Journal of Epidemiology de Janvier 2014, les résultats de leur recherche sur le facteur socio-économique associé au suicide assisté.  Dans cette étude les chercheurs ont étudié le phénomène des suicides assistés pratiqués par des associations promouvant le droit de mourir, et ce de 2003 à 2008, combinant leurs informations avec celle...

Lire la suite