Infanticide de nouveau-né validé aux Pays-Bas

 Imprimer

Thématique : Fin de vie / Euthanasie et suicide assisté

Actualités

Publié le : 10/10/2018

C'est la deuxième fois que l'infanticide (« levensbeëindiging » « fin de vie provoquée ») d'un nouveau-né est déclaré aux Pays-Bas. Ce bébé « de moins de 12 mois » qui a été mis à mort souffrait d'une maladie neurologique grave. Parents et médecins ont jugé qu'il valait mieux provoquer sa mort afin de lui éviter « une souffrance sans issue et insupportable ».

Plusieurs éléments ont été pris en compte pour justifier sa mort : le grave inconfort chez l'enfant, l'absence de qualité de vie et les mauvais pronostics. La souffrance fut considérée comme sans issue du fait de son caractère inapaisable, puisque l'espérance de vie de l'enfant ne dépassait pas 10 ans et que sa qualité de vie ne s'améliorerait pas. Le caractère insupportable de la souffrance fut déduit des pleurs incessantes, grimaces, cris, sommeil rare et agitation grandissante chez l'enfant, qui ont été interprété comme tel par les parents. A aussi été prise en compte la souffrance psychique des parents de savoir que leur enfant était atteint d'une maladie incurable provoquant des souffrances visibles et destinées à augmenter.

Dans l'équipe multidisciplinaire en charge de l'enfant, tous étaient d'accord pour provoquer sa mort, hormis un médecin qui hésitait à propos du caractère insupportable de la souffrance.

L'alternative de la sédation profonde n'a pas été choisie par les parents, qui n'auraient pas accepté la disparition de tout contact avec l'enfant. Concrètement, l'enfant a été anesthésié localement avec de la xylocaïne, puis le médecin lui a injecté une dose létale de 2ml de xylocaïne, 250 mg de thiopental et 15 mg de rocuronium.

La Commission d'Evaluation de l'interruption tardive de grossesse et de la mort provoquée des nouveau-nés a approuvé le cas dans son Rapport de 2017, disant que les critères de prudence étaient respectés, conformément à son Règlement. Ce Règlement s'accorde avec le Protocole de Groningen, élaboré en 2004 en dehors de tout cadre légal à l'hôpital universitaire de Groningen, qui énonce les critères devant permettre aux médecins de mettre délibérément fin à la vie de nouveau-nés atteints d'affections graves. (Voir le Dossier de l'IEB sur l'euthanasie des nouveau-nés et le Protocole de Groningen)

Source : Rapport de 2017


Articles similaires

Belgique : l’euthanasie des nouveau-nés pratiquée hors la loi

Belgique : l’euthanasie des nouveau-nés pratiquée hors la loi

- Euthanasie et suicide assisté

Une récente étude a mis au grand jour la pratique d'euthanasies délibérées sur des nouveau-nés pour qui le corps médical estimait qu'il n'y avait « aucun espoir d'un avenir supportable ». Ces pratiques concernaient 10% des nouveau-nés (0-1 an) décédés en Flandre, entre septembre 2016 et décembre 2017, soit 24 bébés.

Cette pratique est illégale en Belgique et pourtant, aucune autorité ne semble s'en offusquer. La loi n'autorise l'euthanasie d'un mineur que s'il est capable de discernement et c...

Lire la suite

Faut-il euthanasier les nouveau-nés gravement malades ?

Faut-il euthanasier les nouveau-nés gravement malades ?

- Euthanasie et suicide assisté

Mettre fin à la vie des nouveau-nés gravement malades : va-t-on boucler la boucle entre l'avortement et l'euthanasie ?

Les médecins néonatologues trouvent qu'il faut pouvoir ne pas commencer un traitement chez un nouveau-né gravement malade, même au risque de hâter sa mort. 90% des infirmiers en néonatologie pensent de même. 60% des néonatologues et 74% des infirmiers en néonatologie estiment même qu'il faut, dans certains cas, pouvoir mettre fin à la vie de ces nouveau-nés en leur administra...

Lire la suite

Le nouveau Code de déontologie pour la pratique de l'euthanasie aux Pays-Bas

Le nouveau Code de déontologie pour la pratique de l'euthanasie aux Pays-Bas

- Euthanasie et suicide assisté

Flash Expert
Le nouveau Code de déontologie en matière d'euthanasie a vu le jour aux Pays-Bas, publié par les Commissions régionales de contrôle de l'euthanasie (RTE). Il s'adresse en premier lieu aux médecins et médecins-conseils qui pratiquent l'euthanasie au Pays-Bas. Sa publication en français également le rend accessible au niveau international, du moins en Belgique et en France.

Ces recommandations sont délivrées au moment-même où la pratique de l'euthanasie aux Pays-Bas est ébranlée p...

Lire la suite