France : les soignants s’opposent à la sédation explicitement létale

 Imprimer

Thématique : Fin de vie / Euthanasie et suicide assisté

Actualités

Publié le : 18/04/2018

Le Conseil économique, social et environnemental français (CESE) a rendu le 9 avril dernier un avis sur la fin de vie et les soins palliatifs (Voir notre Bulletin ). Dans ce texte, baptisé « Fin de vie : la France a l'heure des choix », le Conseil émet des recommandations pour améliorer l'application des lois actuellement en vigueur et se prononce par ailleurs en faveur d'un droit pour tout patient à « une sédation profonde explicitement létale ». Pierre-Antoine Gailly, rapporteur de l'avis, a évoqué l'importance du choix de ces mots. Le CESE a volontairement omis d'utiliser les termes « euthanasie » et « suicide assisté », trop polémiques.

Sur ce dernier point, qui divise même au sein du CESE, les soignants français ont tenu à prendre la parole.

La Société Française d'Accompagnement et de Soins palliatifs (SFAP),  souligne son opposition à toute loi qui libéraliserait l'euthanasie et suicide assisté, suivie en cela par l'Ordre national des infirmiers (ONI).

Une pétition réalisée par des infirmiers et des aides-soignants intitulée « Non, une légalisation des injections létales n'est pas la bonne solution ! » circule sur les réseaux. Ses rédacteurs stipulent qu'en tant qu'infirmiers et aides-soignants de terrain, ils sont les mains médiatiquement invisibles qui prennent soin jour et nuit de patients en fin de vie. Ils n'accepteront pas que les injections létales deviennent la seule façon de soulager la souffrance. Ils ne renonceront pas à leur devoir de bientraitance, moteur de leur engagement professionnel.

Yann de Kerguenec, le Directeur du Conseil national de l'ONI souligne qu'en l'état du droit, il y a incompatibilité complète de l'assistance à mourir avec le rôle de l'infirmier. « Un infirmier ne peut donner délibérément et sciemment la mort. Les lois pénales considèrent que tuer est un meurtre et tuer par préméditation un assassinat. Le fait que l'acte concerne une personne en fin de vie ne peut supprimer la responsabilité pénale ».

Source : Infirmiers.com

Qu'est-ce que la sédation ? Fiche didactique IEB : "S'entendre sur les mots"


Articles similaires

"Euthanasie, l'envers du décor ". Quand les soignants réfléchissent et livrent leurs expériences

"Euthanasie, l'envers du décor ". Quand les soignants réfléchissent et livrent leurs expériences

- Euthanasie et suicide assisté

VIDEO "Euthanasie, Oui? Non? Peut-être ?"

Donner la parole aux professionnels de santé directement touchés par les questions relatives à l'euthanasie, à la fin de vie, et aux soins palliatifs : voici ce que propose l'ouvrage Euthanasie : l'envers du décor, coordonné par le Professeur Timothy Devos, hématologue à la KULeuven. La richesse et la force du livre résident dans le partage de leur vécu, et ils emmènent le lecteur dans la réalité de la fin de vie.

« Les auteurs veulent prévenir les ...

Lire la suite

Le nombre d’injections létales n’a pas augmenté en Flandre

Le nombre d’injections létales n’a pas augmenté en Flandre

- Euthanasie et suicide assisté

Le groupe de recherche sur la fin de vie de la Vrije Universiteit Brussel (VUB) ainsi que l'Institut bioéthique de l'Universiteit Gent (UG) ont publié dans le « New England Journal of Medicine » une étude relative à l'impact de la loi de 2002 dépénalisant partiellement l'euthanasie. Il en ressort que si le nombre d'euthanasies déclarées a quasi doublé en Flandres en l'espace de 10 ans passant de 1,1% des décès en 1998 à 1,9% en 2007 ; par contre, le nombre d'injections létales ainsi que l'admi...

Lire la suite

"Je veux l'euthanasie" : pour Kelly, 23 ans et en souffrance psychique, c'est l'alternative au suicide

"Je veux l'euthanasie" : pour Kelly, 23 ans et en souffrance psychique, c'est l'alternative au suicide

- Euthanasie et suicide assisté

Cette jeune-femme belge, de Leuven, est en bonne santé physique mais n'arrive plus à supporter la souffrance psychique qui l'envahit. Diagnostiquée comme trouble de la personnalité limite ("borderline"), sa maladie agit comme "un couteau planté dans sa poitrine": "j'ai l'impression d'éclater en morceaux". Elle est décidée à en finir.

Au moment où se prépare le procès de trois médecins de Flandre pour le cas de Tine Nys, voilà que le Dailymail a identifié ce cas douloureux de Kelly et lui donn...

Lire la suite