Euthanasie : lobbying au sein de l’Association Médicale Mondiale

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Thématique : Fin de vie / Euthanasie et suicide assisté

Actualités

Publié le : 30/11/2017

Ces 16 et 17 Novembre 2017, l'Association Médical Mondiale (AMM) – en anglais la  World Medical Association (WMA) - s'est réunie à Rome afin de débattre de la fin de vie et de la question de l'euthanasie. Dans ses résolutions officielles, l'AMM juge "contraires à l'éthique" l'euthanasie et le suicide assisté. Elle "encourage toutes les associations médicales nationales et les médecins à s'abstenir de pratiquer l'euthanasie, même si la législation nationale le permet".

Se sentant montrées du doigt, les associations médicales des Pays-Bas et du Canada, deux pays où l'euthanasie a été dépénalisée sous certaines conditions, souhaitent que l'AMM modifie sa position et fasse preuve de  « neutralité » vis-à-vis des médecins  qui pratiquent l'euthanasie, ceux-ci  pouvant se sentir jugés par leurs confrères.

Ce sont donc deux associations médicales nationales qui veulent faire changer la position mondiale des 112 autres associations de médecins composant l'AMM.

On comprend que des conceptions opposées de la profession médicale s'opposent. Tandis que le Président de la KNMG néerlandaise, René Héman, promoteur de l'euthanasie, invoque certains passages de la Déclaration de Genève, mettant en avant l'autonomie et la dignité du patient, le président de l'association de médecins allemands, Franck Ulrich Montgomery, rappelle que l'autonomie du patient ne peut impliquer un médecin, et de rappeler le serment d'Hippocrate « je ne remettrai à personne du poison, si on m'en demande ». Il insiste sur le rôle des professionnels de la santé qui est de guérir ou soulager les souffrances, et non de tuer le patient.

« Lorsqu'un patient, subissant une souffrance insupportable et sans issue, demande à en finir, le médecin doit-il à ce moment se positionner contre lui ou à ses côtés ? » rétorque Héman. Mais tuer un patient est-il vraiment un acte de compassion, lorsque les soins palliatifs existent pour répondre au soulagement des souffrances sans abréger la vie ?

Montgomery remet par ailleurs en question la place des sondages dans ces questions d'éthiques, qui déclarent que 70% de la population dans les pays industrialisés réclame la possibilité d'avoir le choix et l'option de l'euthanasie. En effet, « Est-ce que notre éthique et nos convictions profondes dépendent des sondages? ».

Voir aussi  Fils d'actus : "L'Association médicale mondiale examine les questions de fin de vie et d'euthanasie"

Sources : Alliance Vita


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