Difficultés psychologiques pour les proches présents lors d'un suicide assisté / euthanasie

 Imprimer

Thématique : Fin de vie / Euthanasie et suicide assisté

Actualités - Suisse Suisse

Publié le : 19/06/2019

Auteur / Source : European Psychiatry

Une étude menée en Suisse en décembre 2007 sur 85 parents et amis qui ont été témoins d'un suicide assisté, a révélé une prévalence plus élevée d'état de stress post-traumatique (ESPT) et de deuil compliqué que suite à un décès naturel. La Suisse est l'un des rares pays où le suicide assisté est autorisé. Il est généralement défini comme la prescription ou la fourniture de substances létales dans le but explicite de permettre au patient de se suicider. Malgré le fait que le sujet soit l'objet de débats houleux, il existe très peu de recherches à propos de l'impact d'un suicide assisté sur les proches du suicidé. L'étude fut menée en coopération avec Exit Deutsche Schweiz, une association qui organise le suicide assisté. Les familles ont étés contactées par l'organisation.

Le traumatisme que laisse un suicide assisté chez les proches du suicidé est différent de celui que peut provoquer une mort naturelle ou un suicide normal. Bien que le suicide assisté permette souvent de faire ses adieux et de rendre le moment de la mort plus prévisible, les images de la mort peuvent causer des symptômes de stress chez les proches. Selon l'étude, 13% des endeuillés montraient des symptômes d'état de stress post-traumatique total, 6,5% se trouvaient en ESPT partiel, 4,9% étaient confrontés à un deuil complexe, 6% à de l'anxiété, et 16% à la dépression. 22% des participants présentaient des problèmes de santé physique. Les participants montraient une prévalence plus élevée de dépression.

Cette étude montre donc que le décès non naturel d'un être cher peut avoir un impact sur la santé mentale et physique de ses proches, dû au traumatisme qui s'en suit. De telles constatations appellent à davantage d'accompagnement psychologique pour ces personnes, mais remettent également en question le caractère individuel et autonome d'une fin de vie "choisie".


Articles similaires

« Après 10 ans d’euthanasie en Belgique, il est temps de passer à l’étape suivante. »

« Après 10 ans d’euthanasie en Belgique, il est temps de passer à l’étape suivante. »

- Euthanasie et suicide assisté

Dans une lettre au Formateur Elio Di Rupo, Wim Distelmans, président de LEIF* et professeur de médecine palliative à la Vrije Universiteit Brussel, réclame un débat politique et social ouvert sur un affinement et un élargissement de la loi sur l'euthanasie ainsi que sur d'autres décisions concernant la fin de vie. Associé à 8 autres signataires, Wim Distelmans est d'avis qu'il n'est pas tenable de maintenir l'obligation de confirmer tous les cinq ans la déclaration d'euthanasie. Actuellement, ...

Lire la suite

Belgique : deuxième alerte de spécialistes sur l’euthanasie pour souffrances psychiques

Belgique : deuxième alerte de spécialistes sur l’euthanasie pour souffrances psychiques

- Euthanasie et suicide assisté

Ce mardi 8 décembre 2015, 65 spécialistes ont publié dans  De Morgen et dans La Libre, une carte blanche dénonçant l'euthanasie pour souffrances psychiques, pointant "l'impossibilité d'en objectiver l'incurabilité". « Nous voyons, par exemple, comment certaines personnes qui ont été déclarées incurables et qui, sur cette base, ont obtenu le droit à une euthanasie, y renoncent parfois finalement quand de nouvelles - et fragiles - perspectives se font jour. Ceci prouve paradoxalement que la mala...

Lire la suite

Médiatisation et militance autour d’une demande d’euthanasie

Médiatisation et militance autour d’une demande d’euthanasie

- Euthanasie et suicide assisté

Atteinte d'une maladie invalidante, la maladie de Charcot, une Française de 59 ans, Anne Bert, a depuis un an organisé son euthanasie en Belgique. Très médiatisée, en promettant sa mort juste avant la sortie de son livre, il est apparu très vite que Madame Bert voulait en faire un combat politique, militant pour que son pays, la France, change sa loi sur la fin de vie, l'euthanasie y étant illégale. Parcourant plateaux de télévision et de radio afin de promouvoir son ouvrage, elle a donc deman...

Lire la suite