Belgique : premier dossier d’euthanasie transmis au Parquet

 Imprimer

Thématique : Fin de vie / Euthanasie et suicide assisté

Actualités

Publié le : 28/10/2015

Après 13 ans d'exercice et plus de 8000 dossiers d'euthanasie traités, la Commission fédérale de contrôle de la loi relative à l'euthanasie a transmis ce mardi 27 octobre, pour la première fois, un dossier au Parquet.
Ce dossier concerne une assistance au suicide pratiquée le 22 juin dernier par le docteur Marc Van Hoey, président de l'association Recht op Waardig Sterven (RWS), association militante soeur de l'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD).
Ce suicide assisté concerne  Simona  De Moor, dont la mort a été filmée en direct par un journaliste australien dans son reportage « Allow me to die ». 
Dans ce reportage, on peut voir le docteur Van Hoey donner une boisson létale à la patiente, qui décèdera quelques minutes après l'avoir bue. Ce faisant, le médecin semble faire fi des conditions posées par la loi sur l'euthanasie du 28 mai 2002. En effet, Simona De Moor ne souffrait pas de maladie physique ou psychique particulière, mais faisait état d'un « chagrin inapaisable » suite au décès récent de sa fille. Elle n'était pas même dépressive, explique le médecin face à la caméra, ajoutant qu'elle en avait « marre de vivre ». En outre, le docteur Van Hoey n'a pas fait appel à un troisième médecin, comme l'impose la loi quand la personne n'est pas dans une situation de fin de vie imminente.

Alors qu'en Belgique, l'effectivité du contrôle de l'euthanasie par la Commission du même nom est de plus en plus remise en question, il est permis de s'interroger sur le lien entre la médiatisation d'un dossier concret et sa transmission à la justice. Qu'en est-il des dizaines d'autres euthanasies pratiquées par le docteur Van Hoey loin des caméras ?
Dans la mesure où il est impossible à la Commission de contrôle de juger de l'adéquation entre les faits pratiqués et les faits rapportés, rien n'empêche de penser que certains médecins se sentent désormais libres d'administrer la mort en toute impunité.

 

Source : La Libre


Articles similaires

Faut-il euthanasier les nouveau-nés gravement malades ?

Faut-il euthanasier les nouveau-nés gravement malades ?

- Euthanasie et suicide assisté

Mettre fin à la vie des nouveau-nés gravement malades : va-t-on boucler la boucle entre l'avortement et l'euthanasie ?

Les médecins néonatologues trouvent qu'il faut pouvoir ne pas commencer un traitement chez un nouveau-né gravement malade, même au risque de hâter sa mort. 90% des infirmiers en néonatologie pensent de même. 60% des néonatologues et 74% des infirmiers en néonatologie estiment même qu'il faut, dans certains cas, pouvoir mettre fin à la vie de ces nouveau-nés en leur administra...

Lire la suite

L'euthanasie est une menace réelle pour la pratique de la médecine

L'euthanasie est une menace réelle pour la pratique de la médecine

- Euthanasie et suicide assisté

Le Professeur belge Benoît Beuselinck, médecin oncologue de la KUL, révèle dans un ouvrage universitaire, « Euthanasia and Assisted Suicide : Lessons from Belgium » que des infirmières et des assistantes sociales d'un hôpital belge démissionnent de l'unité de soins palliatifs, parce que celle-ci se transforme en « maison de l'euthanasie ».

Ces infirmières ne veulent plus être réduites à préparer les patients et leurs familles aux injections létales, et considèrent que les demandes d'euthanasi...

Lire la suite

4 Avis du Comité national de Bioéthique de Belgique

- Euthanasie et suicide assisté

Avis n°57 du 16 décembre 2013 relatif aux aspects éthiques de la congélation des ovules en prévision d'une infertilité liée à l'âge. Cet avis a suscité beaucoup de questions de la part des journalistes présents. Le « Social freezing »  est une technique permettant à la femme, qui souhaite postposer une grossesse de plusieurs années, de faire cryoconserver (congeler) ses ovules pour augmenter ses chances d'avoir un enfant après 40 ans avec un taux de succès plus élevé (40%) que si elle était en...

Lire la suite