Fin de vie > Euthanasie et suicide assisté

La médiatisation excessive de l'euthanasie camoufle les véritables enjeux de la fin de vie

La médiatisation excessive de l'euthanasie camoufle les véritables enjeux de la fin de vie

Dans un article paru le 25 avril 2017 dans le Medical Journal of Australia, le bioéthicien américain Ezekiel Emanuel exhorte à se concentrer sur l'amélioration de la prise en charge de la douleur des patients plutôt que de voiler la réalité de la fin de vie avec des idées erronées sur l'euthanasie et le suicide assisté.

Selon lui, l'euthanasie et le suicide assisté sont des pratiques marginales. L'euthanasie ne résout pas le problème auquel une majorité des patients en fin de vie sont confrontés : obtenir un soulagement optimal de la douleur tout en restant chez soi - plutôt qu'à l'hôpital. La légalisation de l'euthanasie serait donc une « distraction médiatique » détournant l'attention des véritables enjeux : améliorer les soins des patients en fin de vie.

Le bioéthicien poursuit en affirmant que la douleur est loin d'être la principale raison pour laquelle les patients demandent l'euthanasie ou le suicide assisté. En Oregon, Etat américain qui pratique le suicide assisté depuis 1...

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Hawaï : refus d’une proposition de loi relative au suicide assisté

Hawaï : refus d’une proposition de loi relative au suicide assisté

Le jeudi 4 mai 2017, à Hawaï (Etat insulaire des Etats-Unis), Joseph Souki, Président de la Chambre des Représentants depuis 2013, a remis sa démission. Alors qu'il avait vivement encouragé les Membres de la Chambre à valider la pratique du suicide assisté sur cette île du Pacifique, l'élu de 84 ans s'était vu reprocher sa partialité faisant ainsi chuter sa popularité. Le texte inspiré de la loi en vigueur en Oregon vient donc d'être refusé à la Chambre alors qu'il avait été majoritairement approuvé à 22 voix contre 3 par le Sénat en mars dernier. Souki a exprimé sa déception quant au rejet du projet de loi Compassionate Aid in Dying (« aide compassionnelle à mourir »). Et a démissionné dans la foulée.

Malgré l'expansion d'un courant idéologique où la souffrance est vue comme un mal absolu et l'autonomie personnelle comme garant des libertés individuelles, Hawaii affirme que l'assistance à mourir n'est pas indispensable pour assurer une fin de vie digne. Les médecins hawaiiens ne po...

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Pays-Bas : la clinique de fin de vie en pleine croissance

Pays-Bas : la clinique de fin de vie en pleine croissance

La clinique de fin de vie (Levenseindekliniek), située à La Haye, a publié mi-avril son dernier rapport annuel. Fondé par la Dutch Right-to-Die Society en 2012, l'établissement pratique l'euthanasie et le suicide assisté au domicile de personnes s'étant vu refuser une première demande d'intervention par leur médecin traitant, et seulement si les responsables estiment que les critères établis par la loi relative à l'euthanasie sont respectés.

Les médecins traitants justifient leur refus dans 42% des cas parce qu'ils ont des doutes quant au respect des critères établis par la loi, dans 33% des cas pour des raisons de convictions personnelles, dans 16% des cas par manque d'expérience et dans 9% des cas par leur relation avec le patient demandeur.

En 2016, les médecins de la Levenseindekliniek ont euthanasié 498 personnes, soit 8% du total des euthanasies du pays.

Parmi les patients, 30% étaient atteints d'un cancer, 27% de troubles psychiatriques, 25% étaient des personnes âgées souf...

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Etats-Unis : le suicide assisté en Oregon

Etats-Unis : le suicide assisté en Oregon

En Oregon, 3% des suicides assistés recensés par l'Autorité de Santé sont justifiés par l'incapacité à financer une chimiothérapie. Ce motif interpelant a été révélé dans un rapport d'évaluation du Death with Dignity Act (1ère loi aux Etats-Unis permettant le suicide assisté dans l'Etat d'Oregon, en vigueur depuis 1997) publiée par JAMA Oncology au début du mois d'avril.

L'étude montre par ailleurs que, depuis 1998, le nombre de demandes de suicide assisté ne fait qu'augmenter. On note une croissance annuelle moyenne de 12% entre 1998 et 2013 et une hausse encore plus prononcée de 30% par an entre 2013 et 2015.

Sur cette même période (1998-2015), seules 991 prescriptions létales sur les 1.545 délivrées (soit 64%) ont effectivement été utilisées. Parmi ces 991 cas de suicide assisté enregistrés, 77% étaient atteints d'un cancer.

Enfin, le Dr Blancke, principal auteur de cette étude, s'indigne du fait que la prise en charge inappropriée de la douleur contribue à 25,2% des demandes d...

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Pays-Bas : accroissement de 10% des cas d’euthanasie en 2016

Pays-Bas : accroissement de 10% des cas d’euthanasie en 2016

6091 euthanasies et suicides assistés ont été enregistrés en 2016 aux Pays-Bas. Cela signifie que 4% des personnes décédées (148.973) ont demandé à ce qu'un médecin provoque leur mort ou les y assiste (216 suicides assistés). Comment expliquer cette hausse importante ? Dans le Rapport annuel 2016 des comités régionaux d'examen de l'euthanasie (Regionale Toetsingcommissies Euthanasie, RTE) qui vient d'être publié, les membres desdites commissions ne font que poser des questions. Les médecins déclareraient-ils plus facilement les euthanasies pratiquées ? Hésitent-ils moins à répondre à la demande de leurs patients ? Serait-ce que les patients sont plus décidés et fermes dans leur choix de demander la mort ? Aucune réponse n'est fournie.

 

Les pathologies

Si l'on examine les chiffres selon les pathologies, il ressort entre autres que 68% des personnes ayant demandé à être euthanasiées souffraient d'un cancer. Alors qu'en 2012, 41 personnes atteintes de démence avaient été euthanasiée...

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Pays-Bas : faut-il une nouvelle loi pour le suicide assisté des personnes âgées ?

Pays-Bas : faut-il une nouvelle loi pour le suicide assisté des personnes âgées ?

« Pour des raisons pratiques et aussi de principe, une loi autorisant l'aide au suicide pour les personnes âgées qui souhaitent terminer leur vie, n'est absolument pas souhaitable ». C'est ce qu'affirme en substance le communiqué de la Société royale néerlandaise des médecins (KNMG), qui regroupe plus de 59.000 praticiens aux Pays-Bas.

Récemment, les deux ministres sortants, de la Santé et de la Justice, avaient communiqué en sens contraire dans une lettre envoyée au Parlement. Ils y suggéraient en effet, que les personnes « qui pensent, après avoir mûrement réfléchi, avoir achevé leur vie, doivent, sous de strictes conditions et selon des critères très précis, être autorisées à finir leur vie d'une manière qui leur semble digne ». Ils proposaient qu'un « assistant à la mort », ayant bénéficié d'une formation médicale spécifique, devrait autoriser la procédure après s'être assuré qu'aucun traitement ne puisse faire disparaître ce « souhait de mort » chez les personnes âgées.

La KNM...

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Don d’organes après euthanasie : nouvelles directives en place aux Pays-Bas

Don d’organes après euthanasie : nouvelles directives en place aux Pays-Bas

Depuis 2012, année de dépénalisation de l'euthanasie aux Pays-Bas, 23 personnes ont autorisé les médecins à prélever leurs organes après leur mort provoquée par euthanasie. (Voir Bulletin de l'IEB 04/05/2016)

Malgré le caractère marginal de cette pratique, il fallait en organiser les modalités selon des règles « éthiques » bien strictes. À la demande de la Ministre de la santé Edith Schippers, professionnels de la santé, associations de patients, éthiciens et proches de patients ont donc contribué à l'élaboration de ces directives organisant le don d'organes après euthanasie (Richtlijn orgaandonatie na euthanasie). C'est la Fondation néerlandaise de transplantation (Nederlandse Transplantatie Stichting, NTS) qui a financé le travail de rédaction et de consultation des diverses associations et parties prenantes. Elle vient de remettre officiellement le fruit de ce travail à la Ministre.

Les directives insistent sur l'autonomie du patient dans sa décision de donner ses organes. Elle ...

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450 médecins aux Pays-Bas s’opposent à l’euthanasie de patients atteints de démence

450 médecins aux Pays-Bas s’opposent à l’euthanasie de patients atteints de démence

Aux Pays-Bas, près de 450 médecins ont signé une pétition demandant d'interdire l'euthanasie de patients déments. Même dans le cas où ces derniers ont rédigé une déclaration anticipée d'euthanasie, il se peut qu'ils ne puissent plus, au moment de l'injection létale, exprimer clairement leur souhait qu'on provoque leur mort, ou qu'ils ne réalisent pas la portée irrémédiable de l'acte du médecin.

Parmi les initiateurs de cette pétition, le Dr Boudewijn Chabot, spécialiste en gériatrie, qui, avec ses confrères, estime que la personne doit pouvoir clairement confirmer son désir d'être euthanasiée au moment même et qu'il y a des limites que le médecin ne peut franchir face à un patient dément et désorienté.

Un groupe de 34 médecins avaient déjà fait paraître une opinion en ce sens dans le Volkskrant du 21 janvier dernier. « La culture autour de l'euthanasie est en train de changer », souligne le Dr Schuurmans, l'un des initiateurs de la pétition en ligne.

« L'impact de la déclaration a...

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Canada : l’impact de l’euthanasie sur le budget des soins de santé

Canada : l’impact de l’euthanasie sur le budget des soins de santé

Jusqu'à 139 millions de dollars. C'est l'économie annuelle que pourrait entraîner, pour le budget des soins de santé, la dépénalisation de « l'aide médicale à mourir » (AMM) au Canada.

Se basant sur les données et le profil de citoyens belges ou hollandais euthanasiés dans leur pays, des chercheurs de l'Université de Calgary ont estimé que, dans les années à venir, de 1 à 4% des décès pourraient être liés à un suicide assisté ou à une euthanasie, soit environ 10.700 Canadiens par an.

Partant du principe que 80% de ces personnes seraient atteintes d'un cancer et évaluant le nombre de semaines que ces patients euthanasiés ne passeraient pas en soins terminaux, les chercheurs estiment entre 34,7 et 138,8 millions de dollars la réduction des dépenses en soins de santé.

Les chercheurs se défendent de vouloir inciter les patients à opter pour l'aide médicale à mourir. « Nous ne voulons pas proposer l'aide médicale à mourir comme une simple mesure économique destinée à réduire les coûts ...

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Québec : premier Rapport de la Commission sur les soins de fin de vie (euthanasie)

Québec : premier Rapport de la Commission sur les soins de fin de vie (euthanasie)

La Commission sur les soins de fin de vie (CSFV), chargée de surveiller l'application de la loi sur l'euthanasie au Québec, a publié son premier rapport annuel d'activités dans lequel elle fait état de 262 « Aide médicale à mourir » (euthanasies) pour la période s'étendant du 10 décembre 2015 au 30 août 2016.

Alors que plusieurs cas sont encore en examen, la Commission mentionne en avoir examiné 198, parmi lesquels 21 se sont avérés problématiques : 18 cas concernant l'indépendance du second médecin, 2 cas où il y avait un problème avec le critère de fin de vie et 1 cas où elle met en doute le fait que le patient ait été atteint d'une maladie grave et incurable.

Le Ministre de la Santé, après avoir manifesté sa surprise devant le nombre si important et inattendu d'euthanasies, parle aujourd'hui de simplifier les formulaires des médecins qui rendent compte des actes euthanasiques et de réévaluer le critère de l'indépendance du deuxième médecin conseil.

Dans son Rapport la Commissio...

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