Euthanasie : la liberté des institutions de soins à nouveau menacée

 Imprimer

Thématique : Droits et libertés / Liberté des institutions de soin

Actualités - Belgique

Publié le : 14/08/2019

Le Parti Socialiste (PS) a déposé une proposition de loi datée du 9 juillet 2019 pour obtenir que les institutions de soins (hôpital, maisons de repos…) ne puissent plus s'opposer à ce que des euthanasies aient lieu en leurs murs. Une proposition similaire, frappée de caducité aux dernières élections, avait déjà été déposée par le PS en février 2016 sans faire l'objet de discussions à la Chambre. Malgré l'absence de gouvernement fédéral, certains parlementaires semblent donc bien actifs dans le domaine de la bioéthique.

La liberté des institutions de soins par rapport à la pratique de l'euthanasie n'est pas seulement menacée en Belgique, mais aussi au Canada. Là-bas, un médecin a euthanasié un résident à l'insu de la maison de repos d'obédience juive qui l'hébergeait. L'établissement (Louis Brier Home, Vancouver), clairement opposé à la pratique de l'euthanasie en son sein, a déposé plainte devant le Collège des médecins et chirurgiens de la Colombie Britannique, qui a donné droit au médecin le mois dernier. La position du Collège a suscité la consternation du directeur de la maison de repos : « Nous avons un certain nombre de survivants de l'Holocauste dans la maison. C'est une immense préoccupation… quand on a appris ce qui s'était passé, il y a eu énormément d'anxiété et de chaos, spécialement parmi ces personnes ».

L'obligation pour les institutions de soins d'accepter l'euthanasie chez elles, porte (ou porterait en Belgique) gravement atteinte à leur droit à la liberté d'association, à la liberté d'expression et à la liberté de pensée, qui sont des droits fondamentaux garantis par la Constitution et la Convention européenne des droits de l'homme. Comme le rappelle souvent le Comité consultatif de Bioéthique de Belgique, l'accès à l'euthanasie ne constitue pas un droit dans le chef du citoyen.  Mais surtout, de telles aspirations oublient que la liberté d'une institution de soin protège aussi la liberté de tous ceux qu'elle rassemble, de ne pas se voir confrontés à un acte qu'ils réprouvent : les résidents ou les patients, leurs familles, les soignants, les bénévoles de ces établissements, les sponsors, … C'est aussi une question essentielle de pluralisme dans le paysage des institutions de soins du pays.

Pour approfondir la question de la liberté des institutions de soins par rapport à l'euthanasie : voir le Dossier de l'IEB sur le sujet.


Articles similaires

La fin des maisons de repos sans euthanasie ?

La fin des maisons de repos sans euthanasie ?

- Liberté des institutions de soin

Le Home Irene Thomas, situé en Colombie Britannique au Canada, a ouvert en 2010 pour soigner des patients en fin de vie. Aujourd'hui, il risque de perdre ses $750.000 de subsides annuels parce qu'il n'offre pas la possibilité à ses résidents de se faire euthanasier ou d'obtenir l'aide au suicide. Cette sanction l'obligerait à fermer, alors qu'il ne compte que dix lits et qu'il se situe à quelques pas d'un des plus grands hôpitaux de la ville de Delta, où l'euthanasie est bel et bien pratiqu...

Lire la suite

Fondation Roi Baudouin : un coup de pouce pour les soins de première ligne

- Liberté des institutions de soin

Pour soutenir les projets des professionnels de l'aide et des soins de première ligne belges, la Fondation Roi Baudouin a décidé de lancer une bourse d'aide le 4 mars dernier. Les inscriptions sont ouvertes jusqu'au 25 mai 2019. 

La bourse proposée s'adresse à « tout acteur professionnel de première ligne (personnel infirmier, aide-soignant, médecin généraliste, assistant social, ergothérapeute, kinésithérapeute, logopède, etc.) en Belgique » désireux de réaliser des projets, des recherches, ...

Lire la suite

Pays-Bas : ne plus rembourser certains soins médicaux liés aux choix du patient.

Pays-Bas : ne plus rembourser certains soins médicaux liés aux choix du patient.

- Liberté des institutions de soin

Traitements de fécondation in vitro (FIV), conseils de diététique,  programmes d'arrêt du tabagisme, complications éventuelles survenant après une intervention superflue peuvent être entièrement retirés de la couverture de l'assurance maladie, estiment un panel de citoyens aux Pays-Bas interrogés par le Nivel, l'Institut néerlandais d'étude des soins de santé.
Donnant de plus en plus la parole aux citoyens, le Nivel a interrogé les membres du Panel d'assurés (Verzekerdenpanel) afin qu'ils puis...

Lire la suite